Souvenirs en carton

Je suis rentré du boulot pour croiser une tête en carton dans le couloir répétant mécaniquement un « Je suis le ro bot Ma rie – Je suis le ro bot Ma rie – Je suis le ro bot Ma rie ». Mon poussin dans sa boite en carton ça m’a fait penser à mes cousins.

Mon oncle avait acheté une nouvelle télévision. Enfin je crois. A l’époque (j’ai pris un coup de vieux en écrivant ça) avec la taille du tube cathodique ça faisait un gros carton cubique d’un mètre de côté. Un château, une maison, un vaisseau. On avait découpé des fenêtres au cutter et on était allé se poser dans le terrain vague en pente à côté de chez mon oncle. Je me souviens bien du bruit un peu mat du carton qu’on pose sur les galets, on s’assoie dans les hautes herbes, oui, mais dans sa maison. Un peu après les gamins du quartier étaient venus se moquer, jetant des graviers et riant des petits dans leur boîtes. Sur le coup on était allé ailleurs, dans le jardin d’en bas, posant nos vaisseaux sur de l’herbe plus rase près du local technique.

Avec le recul je sais bien qu’on avait raison, si raison il y a, puisqu’on s’amusait bien. On a juste été confronté à des enfants un peu cons, un peu jaloux, un peux en groupe. Je suis sûr qu’ils auraient bien pris une boîte eux-aussi. Il est dommage qu’arrivé à un certain âge cet espèce de rejet du jeux de bébé rende les pré-ados si comme ça (sic), affirmation, passage chez les grands, construction du moi, tout ça. En moquant éventuellement les autres. Fatiguant.

Et sinon, elle n’est pas belle ma fille ?

Rien à voir mais finalement on peut se demander pourquoi on achète des jouets à nos enfants : du carton, un feutre et c’est parti. D’ailleurs c’est probablement pour ça que je suis plus Lego que Playmobil ; question des possibles contre les acquis.

Fonds de tiroirs
faire ressortir mon cahier à dessin…