Douce nuit, courte nuit

Vendredi soir, je reçois un mail de Guillaume :

C’est un peu tard, mais… je vais sans doute profiter des éclaircies prévues jusqu’en milieu/fin de nuit pour aller photographier le Mont Aiguille au lever de lune… Si ça te tente…départ de Grenoble vers 21h.

Comme il est déjà 21h15, c’est encore loosé.

21h18, le téléphone sonne.

Départ dans une demi-heure. Je n’ai pas mangé, je suis en tongs, je n’ai aucune idée des conditions que l’on va trouver ni du dénivelé estimé et prends de quoi dormir.

Je sors le sac à dos, je bourre en vrac mon duvet, mon sursac (merci Sam), mon matelas, quinze polaires, douze paires de chaussettes, deux frontales, du pain, du fromage, des raisins secs, trois madeleines, deux poches à eau ; mon appareil photo maintenant, un boîtier, six films, trois objectifs 24, 35 et 50mm. Non quatre, je prends le télé aussi. Dix heures, je suis prêt.

Je regarde par la fenêtre, une voiture garée en double-file. Guillaume est là.

Direction plein sud. Une petite heure de route, quelques minutes de piste. On se gare. Il fait nuit noire, le ciel est bien dégagé, le froid est très supportable. On part.

On marche sur un chemin agricole. Quelques plaques de verglas, plus loin on croise un ru. L’eau coule. Juste après, ça monte. Quelques plaques de neige, plus loin des traces d’animaux. Une demi-heure plus tard, on est au col de Papavet.

On plante les trépieds, il n’est pas loin de minuit. Première photo, une pause de quinze minutes à F5.6 avec mon 50mm. D’autres photos ensuite ; ça nous laisse le temps de discuter.

Au bout de cinq ou six vues, mon appareil a trop froid et ne veux plus déclencher. Je change les piles, ça va mieux. Le froid devient plus mordant, la clarté augmente avec l’approche du levé de lune. Vers trois heures, des nuages font leur apparition. Ca monte lentement, mais ça monte. A quatre heures on abandonne l’idée de dormir sur place, on redescend. Mon appareil m’indique dix-huit vues.

Marcher dans la neige, c’est un vrai bonheur de gosse. Ca fait avec la lumière de la frontale on voit des centaines de petits reflets. C’est beau ; c’est vraiment beau. On repasse le ru. Il est gelé maintenant.

Retour à la voiture, retour à Grenoble. Il est cinq heures quand je me couche.

Merci à Guillaume pour les photos. J’ajouterais des photos au retour du labo.

Quatre heures du math
On ne peut pas lutter !