Boîte à mots

Au fil des lectures on attrape des mots.

Comme je suis loin derrière pour tout ça, je demande souvent à Robert : il m’explique.

En général j’oublie. Des fois non, je mets ces trucs dans ma boîte à mot, la crânienne.

En ce moment, il y a ça dedans : pusillanime, iconoclaste, philanthrope, dithyrambique, se goberger, conséquent.

Avec tout ça, le photographe verra que le français est une langue qui possède un beau grain, le musicien y entendra une certaine tonalité, le pervers et le poète[1] regarderont une langue qui a du sexe (sic), le cuisinier goûtera un plat de mots savoureux, le sculpteur touchera un beau modelé et l’étranger se dira que putain, c’est vraiment une langue compliquée et élitiste.

Dynastie, vous vous souvenez ?

Vous souvenez-vous de cette série américaine, vous savez un homme, deux femmes, une blonde, une brune… ex et nouvelle femme. Là vous voyez c’est pas si dur, ça marque ce genre de truc.

Bon alors ce matin je me suis dit, tiens je vais faire une tentative de coiffure. Je prends le pot de gel oublié depuis deux ans au moins dans le placard et j’essaie. Et comme William trouvait qu’il n’y avait pas assez de photos there you go. J’assume.

En me regardant voici ce que je me suis dit: ‘Joan Collins’ (la brune). Y’a un peu de ça non?

Les clichés c’est bon, mangez en.

Ce midi, après avoir passé un incroyable moment à contempler plaques de cuissons, lave-vaisselles et fours dans un grand magasin, nous sommes allés manger des moules.

Des fois je m’étonne, tant notre vie est trépidante. Pas vous ?

Bref.

On passe la première porte et on se fait attaquer par deux enceintes qui chantent du Brel. On essaye de faire oublier la zone artisanale de Grenoble. Bienvenue en Belgique !

Les fla, les fla, les flamandes.

Heureusement, Brel est cantonné au sas d’entrée. Passé la deuxième porte, on ne l’entend plus. Il faut dire que Les bourgeois c’est comme les cochons ça n’incite pas à la consommation fébrile et déraisonnée d’un kilo de moules au curry. Alors on donne dans la couleur locale : un mur en fausse brique, des faux verres à bière, de faux drapeaux belges en papier, des albums de Tintin passés et gras. Milou lui-même, en chien de classe, n’irait pas lécher leurs couvertures poisseuses.

Les fla, les fla, les flamandes.

Et au final ça marche. On boit une bière avec son assiette de moules ; elle même en forme de moule, l’assiette. La classe. On sort : une dernière provision de Brel.

Les fla, les fla, les flamandes.

C’est pas le tout, mais je vais aller me laver les mains parce que bon, quand-même.

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