Dialogue de sourds

En pleine période de travaux, oui je sais -encore-, et sans vacances, je fais du bruit le soir sur mon balcon. Enfin je dis le soir, mais pour le coup c’était 20h.

De l’immeuble d’en-face, j’entends crier :

– Hé ho, Hé ho
– Oui ?
– Vous comptez continuer encore longtemps ?
– Je sais pas moi, 10 minutes.
– Non parce que sinon j’appelle les flics. Il est 20h passées, les gens veulent se reposer et c’est pas l’heure pour faire des travaux.
– Ce n’est pas la peine de monter sur vos grands chevaux, si ça vous dérange je m’arrête.
– OK j’appelle les flics.
– Je vous ai dis que je m’arrêtai.
– Ouais OK j’appelle les flics.

Et puis elle est parti. Avec le recul, j’ai toujours pas compris.

Les grandes manœuvres

Avec l’entrée à l’école de nos petites choses, on en découvre plein, des petites choses.

Comme ce soir où toute la famille est passée à l’anti-poux.

Prenez un membre de la famille, pulvérisez abondamment le produit anti-pou de la racine des cheveux jusqu’à la pointe, attendez quinze minutes, faites deux schampoings pour faire partir le produit et l’odeur de mort, séchez les cheveux, passez le peigne récupérateur de poux en prennant soin d’arracher le cuir chevelu au passage, nettoyez le peigne.

Recommencez avec un autre membre de la famille jusqu’à épuisement des volontaires.

Vaporisez partout dans la maison un produit à l’odeur douteuse, changez tous les draps.

Et voilà ! Y’a plus qu’à répéter l’opération dans dix jours.

Super.

Quand je pense qu’il y avait une rencontre/dédicace avec l’auteur des aventures de Jeanne Picquigny, Frédéric Bernard, à Varces; je suis vert.

Mais bon culture de la tête ou culture dans la tête il faut choisir.

Boîte à mots

Au fil des lectures on attrape des mots.

Comme je suis loin derrière pour tout ça, je demande souvent à Robert : il m’explique.

En général j’oublie. Des fois non, je mets ces trucs dans ma boîte à mot, la crânienne.

En ce moment, il y a ça dedans : pusillanime, iconoclaste, philanthrope, dithyrambique, se goberger, conséquent.

Avec tout ça, le photographe verra que le français est une langue qui possède un beau grain, le musicien y entendra une certaine tonalité, le pervers et le poète[1] regarderont une langue qui a du sexe (sic), le cuisinier goûtera un plat de mots savoureux, le sculpteur touchera un beau modelé et l’étranger se dira que putain, c’est vraiment une langue compliquée et élitiste.

Dynastie, vous vous souvenez ?

Vous souvenez-vous de cette série américaine, vous savez un homme, deux femmes, une blonde, une brune… ex et nouvelle femme. Là vous voyez c’est pas si dur, ça marque ce genre de truc.

Bon alors ce matin je me suis dit, tiens je vais faire une tentative de coiffure. Je prends le pot de gel oublié depuis deux ans au moins dans le placard et j’essaie. Et comme William trouvait qu’il n’y avait pas assez de photos there you go. J’assume.

En me regardant voici ce que je me suis dit: ‘Joan Collins’ (la brune). Y’a un peu de ça non?

Les clichés c’est bon, mangez en.

Ce midi, après avoir passé un incroyable moment à contempler plaques de cuissons, lave-vaisselles et fours dans un grand magasin, nous sommes allés manger des moules.

Des fois je m’étonne, tant notre vie est trépidante. Pas vous ?

Bref.

On passe la première porte et on se fait attaquer par deux enceintes qui chantent du Brel. On essaye de faire oublier la zone artisanale de Grenoble. Bienvenue en Belgique !

Les fla, les fla, les flamandes.

Heureusement, Brel est cantonné au sas d’entrée. Passé la deuxième porte, on ne l’entend plus. Il faut dire que Les bourgeois c’est comme les cochons ça n’incite pas à la consommation fébrile et déraisonnée d’un kilo de moules au curry. Alors on donne dans la couleur locale : un mur en fausse brique, des faux verres à bière, de faux drapeaux belges en papier, des albums de Tintin passés et gras. Milou lui-même, en chien de classe, n’irait pas lécher leurs couvertures poisseuses.

Les fla, les fla, les flamandes.

Et au final ça marche. On boit une bière avec son assiette de moules ; elle même en forme de moule, l’assiette. La classe. On sort : une dernière provision de Brel.

Les fla, les fla, les flamandes.

C’est pas le tout, mais je vais aller me laver les mains parce que bon, quand-même.

Pacte écologique

Je viens de terminer la lecture du livre de Nicolas Hulot Pour un pacte Ecologique.

Des constats, des chiffres, des propositions, un discours posé : j’adhère.

L’idée maîtresse est que la crise écologique est mère des problèmes à venir :

conflits pour l’accès aux ressources
conflits pour l’accès à l’eau
conflits pour l’accès aux énergies
problèmes pour nourrir la population mondiale et notamment, dans les pays les plus pauvres
maladies émergentes
augmentation des flux migratoires
A ce titre, on peut noter que, pour la première fois, mardi 17 avril 2007, le Conseil de sécurité de l’ONU a présenté, le changement climatique comme une menace potentielle pour la paix et la sécurité internationales.

Merveilleux.

Parmi les sources de cette crise écologique on peut citer :

  • une économie basée sur le cycle achat-consommation-poubelle et construite sur l’idée qu’une croissance infinie est possible
  • une énergie peu chère
  • un morcellement du territoire en zones résidentielles, d’activités, commerciales et de loisir
  • une agriculture non respectueuse de l’environnement, massivement consommatrice d’hydrocarbures
  • j’en passe

Je voulais surtout souligner un passage qui explique une des choses qui me pèse le plus : l’immobilisme de mes concitoyens

La difficulté à admettre la gravité du défi tient, par ailleurs, aux conditions socioculturelles contemporaines, dont certaines plongent leurs racines dans les siècles passés. Nos sociétés continuent de porter des présupposés qui empêchent de reconnaître la réalité des enjeux. Par exemple, la croyance persistance que la nature est un réservoir de ressources illimitées et à la seule disposition de l’espèce humaine, que notre espèce est indépendante ou au-dessus des lois naturelles, que l’homme tout-puissant sera capable de résoudre l’ensemble des problèmes grâce à son intelligence et aux apports de sa science et de sa technologie.

Cette situation d’incompréhension, de sous-perception , voire de déni des problèmes écologiques, est largement accentuée par la perte de contact direct avec la nature chez un nombre de plus en plus important de nos contemporains. La moitié de la population mondiale vit désormais en milieu urbain et artificialisé (près de 80% en France). Parmi ces populations urbanisées figurent des générations qui n’ont jamais vécu en relation avec la nature, si ce n’est au cours de loisirs dans des espaces aménagés ou au travers de quelques émissions de télévision. Le milieu naturel tend ainsi à devenir un univers lointain, abstrait, réduit à une toile de fond des activités humaines ou une esthétique virtuelle. La conscience des interactions entre les agissements humains et leurs impacts sur ce milieu s’avère alors très limitée, et la déresponsabilisation peut se généraliser.

Je vous invite à signer le pacte écologique.

L’agriculture expliquée aux enfants

Julie fait preuve d’une passion pour le raisin. Donc ce soir au dessert: raisin.

– Papa, pourquoi tu mouilles le raisin ?
– Je le mouille pas, je le rince.
– Papa, pourquoi tu rinces le raisin ?
– Euh… Parce que le raisin est cultivé dans les champs et que des fois les agriculteurs mettent des produits dessus.
– Pourquoi ils mettent des produits ?
– Euh… Parce que les petits insectes ils aiment bien le raisin et que les produits ça empêche les insectes de manger le raisin.
– Pourquoi on empêche les insectes de manger du raisin ?
– Euh… Pour en avoir plus pour nous.
– Pourquoi on veut en avoir plus ?

Et là, je dis quoi :

  • rendement
  • profit
  • agriculture intensive
  • pesticides
  • produit phytosanitaires

La prochaine fois on achètera du bio !

Décloisonnons

La semaine dernière, mes parents et moi sommes allés voir un concert à la Maison de la Culture: Valses et préludes de Frédéric Chopin, interprétées par Alexandre Tharaud.

Passons sur la musique, on n’aime ou on n’aime pas. Encore que, pour ne pas aimer, il faut essayer: c’est comme les brocolis. Moi j’adore, mais on s’en fout.

Un concert de musique dite classique, c’est souvent de la musique, une entracte, de la musique. Passons sur la musique, on n’aime ou on n’aime pas. Mais à l’entracte, il faut bien avouer quelque chose de bizarre. L’ambiance est plutôt duffle-coat / mocassin que gore-tex / crampons, plutôt feutre que casquette, plutôt cigare que cigarette. Et de me demander pourquoi le public est si… disons… homogène.

Alors quoi ? Le classique c’est nul ? Pas le temps ? No future ? Connais pas ? Chaud-pain c’est quoi, une boulangerie ? Punk’s not dead ? Et ne me parlez pas d’élitisme financier, la place coûte une quinzaine d’euros. Et de me dire que j’ai affaire à un terrible manque de curiosité de la part de mes concitoyens.

Alors quoi ? Prenez un barbu avec des cheveux et demandez lui de vous sortir de bon albums de métal, prenez un gars tout fin et demandez lui de vous faire faire un tour en parapente, prenez une instit et une presque-instit-de-quand-j-en-aurai-marre-de-l-informatique et demandez leur des bouquins, essayez la peau de porc frite, et enfin écoutez le Starsky et Hutch Memorial Orchestra !

En un mot comme en cent: soyez curieux !

Allez, un peu de musique en vrac :

Saul Williams
Kaki King
TurboNegro
Couperin par Tharaud
Alela Diane
Herbie Hancok, attention ici ça groove.
Pascal Obispo
Jimi Hendrix
Joubran Trio

De qui se moque-t-on ?

Il y a des jours où je me demande pourquoi l’on cherche absolument à me faire prendre des vessies pour des lanternes.

Je me suis habitué à une petite phrase ridicule qui résonne dans les salles de restaurant quand le serveur pose devant vous la tarte-maison-congelée-réchauffée-au-micro-ondes. Ils nous assomment généralement d’un Bonne dégustation bien placé qui endort les soupçons et nous permet de penser que, bien qu’ayant pris entrée, plat, fromage et dessert, non, on n’est pas un porc: on déguste.

Je comprends qu’au restaurant on ait plaisir à enjoliver les choses, mais quand le vendeur de churros a fait le coup à deux adolescentes à frange qui portaient leur sac de gras et de sucre, je n’ai pas compris. Et n’oubliez pas le chocolat, c’est meilleur.

Pourquoi ?

Il m’arrive de vider mes poches pour les gens qui jouent de la musique dans la rue, ceux qui me demandent une pièce ou ceux qui ne me demande rien. Mais l’autre jour, j’ai subi ça :

Jeune homme, je peux vous arrêter deux minutes ? Est-ce que je peux vous faire une citation ? Très bien, je serais bref. Nous voudrions un système, un système qui soit juste, un système qui soit efficace. Ce système quel peut-il être ? Si nous créons un système performant, mais que certains restent sur le bas côté, oubliés, pouvons nous le considérer ? Assurément non, car il ne serait pas juste. Si nous créons un système juste, mais qui ne garantisse pas à chacun ce qu’il est en droit d’attendre, pouvons nous le considérer ? Tu n’aurais pas une petite pièce ? Assurément non, car il ne serait pas efficace. Ou un ticket restaurant ? Un tel système ne peut exister que dans l’utopie que nous souhaitons créer.  C’est des choses qui arrivent. Merci, bonne soirée.

J’y repense aujourd’hui et je ne comprends toujours pas. J’ai l’impression que le but était de me sortir quelque chose de complexe que mon cerveau se mettent en marche, et ça a marché, pour me sortir, venues de nul part, des questions hyper simples auxquelles j’aurai répondu par la positive.

Pourquoi ?

Mind the gap

Boris nous a parlé de Gapminder, une application en ligne qui permet de voir les pays du monde placés en fonction de différents paramètres : PIB, pourcentage du PIB utilisé pour les dépenses militaires, espérance de vie…

Si dans l’idée, je trouve cela plutôt intéressant, il y a quand même sur le fond quelque chose qui me gène.

Tout d’abord, l’outil propose de mettre tout en regard de tout. On peut par exemple visualiser le pourcentage des dépenses militaires en regard du pourcentage d’utilisation des contraceptifs chez les femmes adultes.

Je prends un exemple un peu extrême, mais il est à mon avis difficile d’arriver a des conclusions avec l’outil. J’y vois plutôt l’aspect ludique de comparer les pays les uns par rapport aux autres pour le fun et rien qui me fasse partir de chez moi avec l’envie de changer le graphique, de changer le monde[1].

Ensuite, et surtout, Hans Rosling nous dit[2] : Notre problème, c’est qu’il y a trop de monde qui connait les vins, et pas assez de monde qui connait le monde ! Ce qui, pour moi, sous-entend qu’il voit son application comme une partie de la solution au problème.

A mon avis, le problème est mal posé par monsieur Rosling est serait plutôt de la forme : Notre problème, c’est que les gens ne s’intéressent pas assez au monde !

Pour qui cherche, l’information est trouvable et si Gapminder permet de concentrer les informations, il n’est qu’un outil de plus à la disposition des curieux, dans son sens le plus positif. Pour qui ne cherche pas, Gapminder va rester perdu dans un coin d’internet. La vaste majorité de la plèbe est là et le problème reste entier.

En ce qui concerne mon enfance, mon éducation …

J’ai eu des enfants et j’ai commencé à collectionner les balançoires. Dans tous les pays : des parcs, des balançoires et des toboggans. Universalité des jeux et des rires. Rencontres fortuites le temps d’une glissade dans une langue qui chante différemment.
Et on écouterait Cat Stevens en pleurant sur nos fesses qui ne rentrent plus dans les balançoires en plastique. Nous avons beaucoup perdu avec l’âge.

Capitaine Pirate

Aux dernières vacances, ça date un peu, nous sommes allés voir Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout avec les filles. Parce que les pirates c’est bien et puis aussi peut-être que je fais une petite fixation.

Voir un film d’animation à l’ancienne à la Wallace et Grommit, genre pâte à modeler et prise plan par plan, ça fait du bien. Même si en réalité c’est du latex posé sur des squelettes métalliques avec juste quelques grammes de playdoh sur la face pour les expressions et une intégration d’image de synthèse pour enrichir les décors. Pas totalement old school donc.

Une sorte de réappropriation des clichés de la piraterie, oh toi pirate étonnamment plantureux, où le meilleur de la piraterie ce n’est ni le pillage ni d’avoir un sabre. Ce n’est pas l’alcool, ni le scorbut, ni les sirènes à demi nues. Ce qu’il y a de mieux dans la vie d’un pirate, c’est la Soirée Jambon !. Un peu, voir complètement, barré. Je suis ressorti avec des filles qui faisaient des combats de sabres avec leur parapluies en criant « Ah ah ! Je suis le Capitaine Pirate et je viens prendre votre or ». Priceless.

Mention spéciale à Charles Darwin et à l’équipage du Capitaine Scientifique. On en reparlera (peut-être).

School

Il y a toujours eu des cours, sans intérêt, chiants, inutiles.

Au lycée pour moi c’était l’analyse de texte, je ne comprenais pas qu’on puisse désosser le travail d’un auteur comme on désosse un poulet. L’écrit devait faire naître quelque chose dans sa globalité et la puissance du tout ne pouvait venir de la somme des parties. Au bac j’ai eu 8 à l’écrit, j’ai pris des cours particuliers, j’ai repassé, j’ai eu 4. Ma mère (coucou maman) avait demandé à l’académie ma copie de français pour vérifier l’étendue du désastre. J’ai retrouvé l’enveloppe il y a peu dans un carton. C’était vraiment mauvais, j’aurais mis 2.

Je n’étais pas grand fan d’histoire/géographie non plus. Jeune j’étais con.

En école d’ingénieur j’ai fait de l’optique. Avec la perspective de finir informaticien (coucou algorithme du tri fusion), cela me semblait juste une perte de temps. Je me souviens d’un TP, dans une petite salle de deux mètres par deux, noire, où on avait fait un laser. Quatre heures dans le noir avec des machines compliquées pour au final avoir un point vert, preuve d’un faisceau lumineux concentré, sur un carton, ça m’avait gonflé. Maintenant que je relis ça, je me dis ON AVAIT FAIT UN LASER !

Tout ça pour dire que cette utilité, ou inutilité suivant le point de vue, qui nous est si chère, est bien ridicule. Si on ne devait apprendre que des trucs qui servent, l’école se cantonnerait à des cours de couture et de cuisine. Éventuellement une option cric-changement de roue pour ceux qui voient la vie motorisée.

Par ailleurs, il me semble que la volonté de vouloir arrêter les apprentissages généraux de plus en plus tôt (coucou le bac d’histoire-géo en première) ne va pas dans le bon sens: c’est le genre de matière dont on voit l’intérêt avec l’âge. Quoique j’étais incollable en préhistoire quand j’étais petit. Et c’était avant Jurassic Park. Comme quoi je raconte bien n’importe quoi. Le temps ne fait rien à l’affaire.

Hip Hop Sucks

Suite à une petite discussion sur Twitter (comprendre deux ou trois phrases de moins de 140 signes chacune) avec Bob et parce que Brice nous a gavé de hip-hop, j’ai commencé à écrire un post sur la musique. Celle qu’on aime, celle qu’on apprend à aimer et celle qui pue.

Et comme je traine et que la glande sur internet reste ma grande spécialité, je suis tombé sur ça :

Just thought I’d post this. Starting to get tired of hearing about all the shows these rappers do and then getting the news of how someone was shot and killed at a « …hip hop concert ». Those f**kers are ruining hip hop…true hip hop.

Hip hop is about talent, lyrics, sometimes positive, sometimes grimey, but always true and never about killing constantly or how many b**ches you f**ked. Hip hop is for linguists and those that love words flowing like poetry. The juxtaposition of daily life and random thought paint vivid pictures. THAT is what hip hop is. This other b**lsh*t on the radio f**king drives me nuts!

I can’t stand when I hear radio stations that proclaim in their interstitials « …home of the real hip hop and r&b… » then immediately start playing T.I., 50Cent or some other dumb sh*t no talent j*ck*ss. Annoyed I am, ANNOYED!

J’aime beaucoup. Voyez ça comme une introduction à ce qui suivra peut-être.