Fonds de tiroirs

Hier soir en triant un peu mon dossier Projets, je suis retombé sur deux planches que j’avais faites pour le concours d’affiche du Festival du court métrage en plein air de Grenoble.

A voir ça aujourd’hui, je trouve que ça brûle un peu les yeux. Particulièrement les choix de couleurs vert / jaune, même si il faut quand même leur reconnaitre le mérite de. Ah non en fait.’est parti pour quatorze heures de vol.

Pour ceux qui se poseraient la question, ça n’avait évidement pas été retenu. Les affiches utilisées sont visibles sur le site du festival.

De tête, ça a été fait en vectoriel sous inkscape ; pirater Illustrator c’est mal. La photo a été prise depuis le 5ème étage de mon cousin à Paris, de l’Ilford HP5 shootée au FM2 probablement puis scannée à l’arrache avec un scanner à plat prété par Stéphanie.

Une autre proposition est à voir dans la galerie Flickr, mais il faut aimer les ronds.

Festival court metrage de grenoble #1

faire ressortir mon cahier à dessin…

Je profite de cette fin d’après midi pour ressortir mon cahier à dessin et gribouiller un peu. Au départ c’est plus l’acte que le dessin lui-même qui me motive. Le feutre qui gratte la feuille. Le blanc qui devient noir tout ça.

Voici donc une allégorie sur la vie qui vient s’ajouter au traditionnel « La Vie, c’est comme une boîte de chocolats… ». Si tant est que Forrest Gump soit entré dans la tradition.

Si je devais me lancer dans de la philosophie de comptoir, je dirais que ce qui ressort de ce « truc » c’est que, quel que soit le chemin, la fin est toujours au même endroit ; la durée du voyage variant éventuellement. Je dirais aussi qu’il y a toujours un moment où un choix se pose ; des voies qui paraissent différentes peuvent se rejoindre plus loin, plus tard. Ou jamais – à la fin.

Mais ce qui me marque le plus a posteriori c’est qu’il n’y a pas d’impasse ; on ne peut faire qu’avancer. Même si le chemin sent la merde.

A vot’bon cœur messieurs-dames.

Il me semble avoir déjà vu passer sur Internet quelque chose dans le genre, en mieux forcément, mais j’avais envie. A noter aussi que le scan est bien dégueux.

Mes filles, mon Yashica (et moi)

Un samedi matin, fin février, on va chercher des croissants puis boire un café sur la place. Un expresso et un grand crème. Je profite de l’occasion pour jouer avec mon Yashica Electro 35 CC. Je fais 4 photos, les filles en font deux. Elle prennent du plaisir à coller l’oeil au viseur, appuyer et entendre le clic discret de l’obturateur central. Elles ne comprennent pas que la photo n’apparaisse pas directement, au dos de l’appareil, puis elles passent à autre chose. Les photos seront floues, évidement.

Marie monte, descend, elle part, elle reviens. Elle me montre sa tresse. Elle est jolie.

Un deuxième expresso s’il vous plaît.

Quelques heures plus tard nous allons chez Tonton Nico pour son anniversaire. C’est carrément la fête avec les cousines: ça crie, ça court, ça saute et ça rigole.

Julie mets un masque, fait la folle et passe à table. Elle est jolie.

Ensuite on se balade. Je fais d’autres photos. Toujours le clic discret de l’obturateur central.

Je l’aime bien ce petit Yashica. Le viseur est clair, il fait un beau bruit et l’objectif lumineux est relativement piqué. Sa vignette un peu à pleine ouverture, mais le rendu n’en est pas désagréable. J’essaie de vous en faire une review d’ici peu.

Fêtons les huit ans de Julie

Demain nous fêtons les huit ans de Julie. J’allais dire déjà mais la vérité est qu’il y en a eu des choses en huit ans. Ne serait-ce qu’un deuxième enfant, un nouveau boulot, deux apparts, un bon coup de vieux quand je revois ma tête d’il y a peu et une somme de petits changements qui mis les uns derrières les autres font huit. En attendant demain, je couds: Julie nous a demandé la cape de Mendoza pour son anniversaire.

On parle évidemment du Mendoza des Merveilleuses Cités d’Or. Le grand brun ténébreux à la cape bleu et rouge qui flotte dans le vent. Après l’épisode pirates d’il y a deux ans on constate quand même une certaine continuité, heureusement d’ailleurs car je ne me serais peut être pas lancé dans un déguisement de chef des amazones du jour pour le lendemain. Top organisation.

Pour ce qui est de la réalisation c’est une cape « classique », si j’ose dire vu que c’est ma première, un demi cercle d’à peu près un mètre de rayon, et un autre d’environ dix centimètres pour faire le tour de cou. Tissus bleu et rouge cousus dos à dos, retournés et repiqués sur les bords. Pour l’attache, par simplicité et flemme de faire une boutonnière, je vais mettre un bouton type duffle coat. Hey, un blog de couture !

Sur ce j’y retourne.

Passer le pont

Un jour j’arrêterai de vous saouler avec les photos d’Istanbul. Promis. En attendant, chaque fois que j’y reviens j’apprécie un peu plus et je me dis que, vraiment, il y a quelque chose de spécial là-bas. J’ai probablement déjà idéalisé le lieu, l’ambiance et le souvenir. Subjectivité maximale donc.

Prendre le bateau, passer le pont vers l’Asie.

Aller jusqu’à la mer noire.

Le périple est dans tous les guides, le bateau qui est pourtant un régulier asie-occident à destination des locaux est essentiellement peuplé de touristes. Je crois que le fond de l’histoire n’est pas de faire ou pas comme les autres mais avec quel regard on le fait. Sachant que le regard qu’on a n’est pas forcément celui qu’on croit avoir et qu’il n’est probablement ni meilleur, ni plus pertinent, ni moins touristique que celui du gars un peu lourd qui râle depuis vingt minutes sur le banc d’en face.

Une autre graine

En ce moment avec les filles, c’est très cuisine. D’une pour comprendre que les fruits et les graines ça donne d’autres plantes et que dans la courgette aussi il y a des pépins, de deux pour les goûts, les odeurs et les couleurs, de trois pour le plaisir avant l’arrivée massive du trio hivernal poireau, choux, patate.

En vrac les petites mains ont trempé dans le pain, la salade tomate-feta-fenouil, les poires aux épices, les croques-monsieur, les lasagnes, le crumble aux pommes, la crème de marrons et le cake aux olives.

Evidemment vu la taille des doigts et celles des couteaux il faut une certaine confiance.

Etrange mois d’avril

Un peu, beaucoup, absent ces derniers temps. Entre autres pour cause de déménagements, avec un s, voir deux.

On a quitté notre appartement, celui dans lequel on a galéré, celui qui avait vu pousser nos filles déjà si grandes. Il a fallu mettre en carton, vider cave et grenier, faire un dernier tour dans l’appartement vide. Ça résonne ici. Donner les clés. Une page se tourne.

Mes parents déménagent. Il a fallu trier, jeter ou garder. Après coup je constate que dégager les objets de son enfance, qui attendaient sur des rayonnages, a été beaucoup plus facile que ce à quoi je m’attendais. Retrouvée la voiture radio-commandée, retrouvée la mega-drive, retrouvés un joystick et quelques jeux pour le CPC464, retrouvés les cahiers du primaire, de l’élémentaire et de la suite, retrouvés des lettres, des petits mots, des photos, des petits trucs. Une fois les premiers mis, avec retenue, dans le sac poubelle de 150L, les autres suivent tranquillement. On réalise alors qu’on ne meurt pas avec les objets qu’on balance même si le fait est que le support de mémoire qu’ils offrent disparaît. Une deuxième page se tourne.

Avec tout ça j’ai récupéré mes amplis, mes guitares et des mètres de câble. Ceux achetés ado, adolescent tardif jusque dans le supérieur, à grand renforts de jobs de plusieurs étés et d’économies de rien sur l’argent de poche. Trois plus cinq, va s’en dire qu’il y en a trop. Ca fait longtemps que le côté la guitare est une compagne blah blah m’est passé mais, support de mémoire, l’idée d’en vendre est un peu difficile. J’imagine qu’il va falloir faire comme avec le sac poubelle de 150L et en vendre une, puis deux, puis… Cela va impliquer de choisir entre sonorité, utilité et histoire personnelle. Une troisième page à tourner.

Encore un peu de guitare : mon père (coucou papa) m’a donné sa guitare. Peut-être à cause du déménagement, peut-être qu’il n’en joue plus trop, peut-être pour d’autres choses. Je ne sais pas. Je me retrouve donc avec une guitare qui sonne incroyablement, facile à jouer, belle, qui sent bon le vernis. Tenir le manche sous ses doigts, caler la caisse contre les côtes, ça a vraiment un petit côté la guitare est une compagne blah blah. Très tactile tout ça. Par contre il y a un petit côté héritage avant l’heure que je ne sais pas encore trop comment gérer. Pas d’effusions qu’il avait dit.

Peut-être que, quelque part, toutes ces pages qui se tournent c’est de l’avance pour plus tard, faite dans un bon mood et pour aller vers le mieux. Quelque chose de bien donc, on devrait déménager plus souvent.

Damned ! Voilà des mots biens décousus, avec un s, voir deux. Désolé.

Souvenirs en carton

Je suis rentré du boulot pour croiser une tête en carton dans le couloir répétant mécaniquement un « Je suis le ro bot Ma rie – Je suis le ro bot Ma rie – Je suis le ro bot Ma rie ». Mon poussin dans sa boite en carton ça m’a fait penser à mes cousins.

Mon oncle avait acheté une nouvelle télévision. Enfin je crois. A l’époque (j’ai pris un coup de vieux en écrivant ça) avec la taille du tube cathodique ça faisait un gros carton cubique d’un mètre de côté. Un château, une maison, un vaisseau. On avait découpé des fenêtres au cutter et on était allé se poser dans le terrain vague en pente à côté de chez mon oncle. Je me souviens bien du bruit un peu mat du carton qu’on pose sur les galets, on s’assoie dans les hautes herbes, oui, mais dans sa maison. Un peu après les gamins du quartier étaient venus se moquer, jetant des graviers et riant des petits dans leur boîtes. Sur le coup on était allé ailleurs, dans le jardin d’en bas, posant nos vaisseaux sur de l’herbe plus rase près du local technique.

Avec le recul je sais bien qu’on avait raison, si raison il y a, puisqu’on s’amusait bien. On a juste été confronté à des enfants un peu cons, un peu jaloux, un peux en groupe. Je suis sûr qu’ils auraient bien pris une boîte eux-aussi. Il est dommage qu’arrivé à un certain âge cet espèce de rejet du jeux de bébé rende les pré-ados si comme ça (sic), affirmation, passage chez les grands, construction du moi, tout ça. En moquant éventuellement les autres. Fatiguant.

Et sinon, elle n’est pas belle ma fille ?

Rien à voir mais finalement on peut se demander pourquoi on achète des jouets à nos enfants : du carton, un feutre et c’est parti. D’ailleurs c’est probablement pour ça que je suis plus Lego que Playmobil ; question des possibles contre les acquis.

Classe de mer

Ce matin nous avons mis notre grande dans le bus, direction le sud. Une semaine en classe de mer à étudier le vent, le sable, les laisses de mer et les poissons. Une semaine sans sa sœur, sa mère et son père.

Le départ a eu l’air facile ; il faut dire que la perspective de passer une semaine avec les copains à de quoi. Je crois que c’est surtout les parents qui versaient leur petite larme pour ce premier départ.

J’ai mis dans le sac de Julie un mju et du négatif couleur 200 ISO. J’espère qu’elle ramènera quelques images de ce bout de temps qui ne va appartenir qu’à elle, de ces lieux découverts hors des sentiers familiaux. Des images pour elle et un peu pour nous. Et des histoires aussi.

Wait and see.

Superficiel et léger

J’ai envie de glace au yaourt, de parler course à pied, balades en montagne, dessin, cuisine et musique. Photo évidemment. J’ai envie d’un grand plongeon dans une eau transparente, comme les images de Corse des prospectus Corsica Ferries. A écrire cela je pense au Bleu presque transparent de Murakami ce qui n’a rien à voir. Et je raconte n’importe quoi ; je fais une pause et je reviens.

Et je reviens.

Je me demande si cet endroit ne m’a pas échappé. Régulièrement j’hésite à poster certains articles que je considère comme ne collant pas avec l’ensemble. Pas assez profond, pas assez noir, pas assez ceci et pas assez cela. Abyme de stupidité sans fond, l’idée est bien de lâcher ce qu’on a envie. Que les robots ne sachent pas où nous caser importe peu. N’importe pas en fait. Etre inclassable serait une preuve de… je ne sais pas. Preuve de rien. D’ailleurs je me demande déjà quelle catégorie et quels tags coller à ce billet pour qu’il soit classé. La boucle est bouclée, ou rompue suivant le point de vue. A force de s’exposer le nombril dans l’extimité des internets il faudrait prendre garde à ne pas se voir soi-même par le prisme partiel de ce que l’on écrit. Passer du journal ordinaire à la schizophrénie ordinaire.

Tout ceci ne m’enlève pas mes envies. Je vous laisse vous débrouiller avec ce texte, je vais aller me chercher une glace. Bisous.