Les grandes manœuvres

Avec l’entrée à l’école de nos petites choses, on en découvre plein, des petites choses.

Comme ce soir où toute la famille est passée à l’anti-poux.

Prenez un membre de la famille, pulvérisez abondamment le produit anti-pou de la racine des cheveux jusqu’à la pointe, attendez quinze minutes, faites deux schampoings pour faire partir le produit et l’odeur de mort, séchez les cheveux, passez le peigne récupérateur de poux en prennant soin d’arracher le cuir chevelu au passage, nettoyez le peigne.

Recommencez avec un autre membre de la famille jusqu’à épuisement des volontaires.

Vaporisez partout dans la maison un produit à l’odeur douteuse, changez tous les draps.

Et voilà ! Y’a plus qu’à répéter l’opération dans dix jours.

Super.

Quand je pense qu’il y avait une rencontre/dédicace avec l’auteur des aventures de Jeanne Picquigny, Frédéric Bernard, à Varces; je suis vert.

Mais bon culture de la tête ou culture dans la tête il faut choisir.

En ce qui concerne mon enfance, mon éducation …

J’ai eu des enfants et j’ai commencé à collectionner les balançoires. Dans tous les pays : des parcs, des balançoires et des toboggans. Universalité des jeux et des rires. Rencontres fortuites le temps d’une glissade dans une langue qui chante différemment.
Et on écouterait Cat Stevens en pleurant sur nos fesses qui ne rentrent plus dans les balançoires en plastique. Nous avons beaucoup perdu avec l’âge.

Capitaine Pirate

Aux dernières vacances, ça date un peu, nous sommes allés voir Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout avec les filles. Parce que les pirates c’est bien et puis aussi peut-être que je fais une petite fixation.

Voir un film d’animation à l’ancienne à la Wallace et Grommit, genre pâte à modeler et prise plan par plan, ça fait du bien. Même si en réalité c’est du latex posé sur des squelettes métalliques avec juste quelques grammes de playdoh sur la face pour les expressions et une intégration d’image de synthèse pour enrichir les décors. Pas totalement old school donc.

Une sorte de réappropriation des clichés de la piraterie, oh toi pirate étonnamment plantureux, où le meilleur de la piraterie ce n’est ni le pillage ni d’avoir un sabre. Ce n’est pas l’alcool, ni le scorbut, ni les sirènes à demi nues. Ce qu’il y a de mieux dans la vie d’un pirate, c’est la Soirée Jambon !. Un peu, voir complètement, barré. Je suis ressorti avec des filles qui faisaient des combats de sabres avec leur parapluies en criant « Ah ah ! Je suis le Capitaine Pirate et je viens prendre votre or ». Priceless.

Mention spéciale à Charles Darwin et à l’équipage du Capitaine Scientifique. On en reparlera (peut-être).

School

Il y a toujours eu des cours, sans intérêt, chiants, inutiles.

Au lycée pour moi c’était l’analyse de texte, je ne comprenais pas qu’on puisse désosser le travail d’un auteur comme on désosse un poulet. L’écrit devait faire naître quelque chose dans sa globalité et la puissance du tout ne pouvait venir de la somme des parties. Au bac j’ai eu 8 à l’écrit, j’ai pris des cours particuliers, j’ai repassé, j’ai eu 4. Ma mère (coucou maman) avait demandé à l’académie ma copie de français pour vérifier l’étendue du désastre. J’ai retrouvé l’enveloppe il y a peu dans un carton. C’était vraiment mauvais, j’aurais mis 2.

Je n’étais pas grand fan d’histoire/géographie non plus. Jeune j’étais con.

En école d’ingénieur j’ai fait de l’optique. Avec la perspective de finir informaticien (coucou algorithme du tri fusion), cela me semblait juste une perte de temps. Je me souviens d’un TP, dans une petite salle de deux mètres par deux, noire, où on avait fait un laser. Quatre heures dans le noir avec des machines compliquées pour au final avoir un point vert, preuve d’un faisceau lumineux concentré, sur un carton, ça m’avait gonflé. Maintenant que je relis ça, je me dis ON AVAIT FAIT UN LASER !

Tout ça pour dire que cette utilité, ou inutilité suivant le point de vue, qui nous est si chère, est bien ridicule. Si on ne devait apprendre que des trucs qui servent, l’école se cantonnerait à des cours de couture et de cuisine. Éventuellement une option cric-changement de roue pour ceux qui voient la vie motorisée.

Par ailleurs, il me semble que la volonté de vouloir arrêter les apprentissages généraux de plus en plus tôt (coucou le bac d’histoire-géo en première) ne va pas dans le bon sens: c’est le genre de matière dont on voit l’intérêt avec l’âge. Quoique j’étais incollable en préhistoire quand j’étais petit. Et c’était avant Jurassic Park. Comme quoi je raconte bien n’importe quoi. Le temps ne fait rien à l’affaire.

Samedi pluvieux

Vu le temps on a ressorti les animaux d’Afrique, les peintures et les pinceaux. Julie avec les crayons aquarellables de ses sept ans, Marie à la gouache.

On avait trouvé, il y a déjà un an ou deux, une série d’animaux en cartons, prédécoupés, à plier et peindre. On complète notre ménagerie les jours de pluie. Aujourd’hui on rajoute une famille de lions rouges, orange, verts aux yeux bleus et une girafe à la tête rose, tachée de jaune aux pattes bleues et vertes. C’est plus joyeux qu’un beige savane qui tenterait une copie d’un réel hors de portée. D’ailleurs à mes débuts de papa, si on peu dire, je pensais qu’un lion c’était beige et qu’une girafe tirait plutôt vers le jaune taché de marrons. Heureusement qu’on rajeunit en vieillissant.


D’un point de vue intendance je leur sors des pinceaux petit-gris de bonne facture, mon impression est que les enfants (comme les adultes) prennent plus de plaisir à travailler avec du bon matos et qu’ils savent faire la différence. Pour l’eau, après avoir longtemps utilisé des pots de yaourts en verre on est passé, attention tips hérité des cours du soir aux beaux-arts de l’année dernière… aux barquettes plastiques de fromage blanc en faisselle. Zéro risque de casse, quatre pots solidaires qui évitent le coup de coude malheureux et qui permettent de gérer plusieurs dilutions ou… plusieurs enfants. Le top.

Après, comme Julie galérait un peu avec ses crayons on a regardé de l’aquarelle sur youtube.

Au lycée

Il y a toujours eu des cours, sans intérêt, chiants, inutiles.

Au lycée pour moi c’était l’analyse de texte, je ne comprenais pas qu’on puisse désosser le travail d’un auteur comme on désosse un poulet. L’écrit devait faire naître quelque chose dans sa globalité et la puissance du tout ne pouvait venir de la somme des parties. Au bac j’ai eu 8 à l’écrit, j’ai pris des cours particuliers, j’ai repassé, j’ai eu 4. Ma mère (coucou maman) avait demandé à l’académie ma copie de français pour vérifier l’étendue du désastre. J’ai retrouvé l’enveloppe il y a peu dans un carton. C’était vraiment mauvais, j’aurais mis 2.

Je n’étais pas grand fan d’histoire/géographie non plus. Jeune j’étais con.

En école d’ingénieur j’ai fait de l’optique. Avec la perspective de finir informaticien (coucou algorithme du tri fusion), cela me semblait juste une perte de temps. Je me souviens d’un TP, dans une petite salle de deux mètres par deux, noire, où on avait fait un laser. Quatre heures dans le noir avec des machines compliquées pour au final avoir un point vert, preuve d’un faisceau lumineux concentré, sur un carton, ça m’avait gonflé. Maintenant que je relis ça, je me dis ON AVAIT FAIT UN LASER !

Tout ça pour dire que cette utilité, ou inutilité suivant le point de vue, qui nous est si chère, est bien ridicule. Si on ne devait apprendre que des trucs qui servent, l’école se cantonnerait à des cours de couture et de cuisine. Éventuellement une option cric-changement de roue pour ceux qui voient la vie motorisée.

Par ailleurs, il me semble que la volonté de vouloir arrêter les apprentissages généraux de plus en plus tôt (coucou le bac d’histoire-géo en première) ne va pas dans le bon sens: c’est le genre de matière dont on voit l’intérêt avec l’âge. Quoique j’étais incollable en préhistoire quand j’étais petit. Et c’était avant Jurassic Park. Comme quoi je raconte bien n’importe quoi. Le temps ne fait rien à l’affaire.

Le violet, une couleur différente !

On croise souvent des couleurs, certaines nous arrêtent, d’autre pas. Mon trip c’est les couleurs naturelles, comprendre fruits, légumes, forêts, nuages et plumes, qui semblent artificielles -pour ne pas dire sur-naturelles- de par leur rendu. La photo ne rend pas grâce à ce violet incroyable, le chou rouge, mais le téléphone était plus accessible que l’appareil.

Étrange d’ailleurs comme les pellicules et capteurs ont du mal avec certaines nuances. Ça vaudrait le coût de voir ce que ça rend avec quelque chose de plus évolué que mon téléphone.

La semaine au ski,

Retour d’une semaine de ski dans le massif de la Tarentaise avec les filles et leur cousines. Une semaine entre ski, luge, club piou-piou et passage d’ourson. Vue sur le Mont-Blanc et passage à 2013 en raclette. C’était chouette.

La semaine au ski, je ne devais pas avoir fait ça depuis mes quinze ans. Mon oncle emmenait les trois cousins une semaine à l’Alpe d’Huez. Avec sept mois d’écart l’un de nous était grand préma pour bénéficier du tarif famille nombreuse sur les forfaits. On skiait, on lugeait, on patinait, on jouait à Ys sur la Master System de mes cousins et on dormait dans des lits à étage. C’était encore des années en 19 mais casiers à ski, moon-boots et télésièges n’ont pas tellement changé.

J’avais oublié les rainures laissées par les dameuses et le bruit du pas qui s’y pose. Genre scronch, scronch. Bonne année à tous, de beaux projets, des amis et tout ce qui va avec. De mon côté je vais essayer de caser mes pieds un peu partout.

So long mate

Hier après-midi j’ai vendu mon Twin Reverb, échangé le silverface contre une improbable liasse de billets de cinquante qui traine encore sur le bureau. Cet ampli je l’avais acheté au lycée, un essai sur le carrelage marron de La Boîte à Musique m’avait donné l’envie, j’étais revenu, revenu encore. Je ne me souviens plus trop comment j’avais présenté la chose à mes parents, surement naîvement d’un tiens au fait qui ne trompe personne. Le livret A avait surement dû en prendre un coup aussi. J’avais acheté mon premier ampli à lampes. J’ai oublié l’année.

Quatre 6L6, des 12AX7, des 12AU7 et 12AT7, deux gros HPs JBL et un transfo énorme. Reverb à ressort et vibrato. Un intransportable pavé de quarante kilos. Mais un intransportable pavé qui sonne.

Ca faisait quelques années qu’il végétait, faute de temps, de trop de puissance pour la vie en appart et de trop lourd. A quoi bon garder ? Autant qu’il serve. Le plus logique était la vente. Vendu.

Pour moi c’est une page qui se tourne. Sans pour autant me mettre en bas, l’avoir vu partir fait quelque chose. Si j’avais changé plus souvent ou plusieurs fois il y aurait probablement eu moins d’affectif, quand on a l’habitude de se séparer des choses on les charge moins en sentiments, mais je suis plutôt du genre à garder, du genre à utiliser l’objet comme support du souvenir. Taré.

Vendredi soir j’ai joué une dernière fois, fait cette vidéo pour le fun, pour la mémoire. Une petit improvisation tranquille, la guitare mal accordée et quelques pains rythmiques. So long mate.

Saint-Ouen, China, l’encre, google et Greg Brown

Il y avait ce disque de folk trouvé aux puces de Saint-Ouen quelque part avant l’an deux-mille que j’ai longtemps cherché. Oublié l’interprète, oublié le titre, oublié les morceaux. Ne restait que le souvenir d’une tristesse à pleurer dans une voix de basse nord américaine.

Magie de l’après concours, magie du rangement ou plutôt magie du bordel qui m’a fait garder des feuilles volantes de toutes époques, je viens de remettre la main sur un bout de paroles que j’avais copié à la plume, sur grands carreaux, à l’encre bleue.

Deux choses à noter. Je crois que je vais rapidement me lasser des filtres de l’appli flickr. A dix-huit ans j’écrivais encore comme au CE2 (toujours d’ailleurs).

Internet, google, youtube: Greg Brown, China, album Further In 1996.

Dix-sept ans plus tard, je ne comprends pas plus les paroles ; je veux dire pas plus que leur premier degré. Parle-t-on bien de la Chine ici ? Musicalement, sur base de Fa et de La mineur (comme 90% de la folk non ?) il y a effectivement du pathos. J’y trouvais un petit quelque chose de Kelly Joe Phelps et l’ami pedia me dit qu’il est en guest sur l’album. Du coup je pense à une photo pleine de rouge, je vous colle ça la prochaine fois.

Baby still looks like you’re on your way to china
China, chi-nay, far away
Baby said how long you gonna stay in china
China, chi-nay, far away

I said I’ll be back as soon as I can from china
China, chi-nay, far away
I said babe I hope you understand about china
China, chi-nay, far away

I’m walkin’ with my baby but man I’m in china
China, chi-nay, far away
I’m talkin’ with my baby but mmm I’m in china
China, chi-nay, far away

I come in on the run from china
China, chi-nay, far away
I tried to hug my baby some, she’s in china
China, chi-nay, far away

O maybe somewhere down the line O china
China, chi-nay, far away
we’ll get back the same time from china
China, chi-nay, far away

Baby said looks like you’re on your way to china
China, chi-nay, far away
Baby said how long you gonna stay in china
China, chi-nay, far away

Le site du monsieur Greg Brown.

Une journée du concret

Le répit aura été de courte durée, aujourd’hui avait lieu la journée d’accueil des professeurs stagiaires (aka PES). Journée qui donne du concret à ce passage du concours et qui présage plein de travail dans les semaines à venir.

La matinée a commencée par la remise des affectations, réponse à la question du où et du quoi qui restait en suspend (et le stress qui va avec du coup). Pour ce premier poste je suis nommé en moyenne section dans un grand groupe scolaire maternelle et élémentaire à dix minutes de chez moi (youpi). A cheval entre les petits et les grands (merci captain obvious), des élèves en construction, avec des aspects langagiers importants, ça va être chaud mais ça va être passionnant.

La matinée s’est poursuivi par un discours dans l’amphithéâtre de l’IUFM. La grande salle, le rétroprojecteur affichant « journée d’accueil des professeurs stagiaires 2013″ en six mètres par huit et le côté solennel de la chose, ont fait leur petit effet. On nous a parlé de ce métier, dur et gratifiant, de l’exigence et de notre mission dans l’éducation des citoyens de demain. On pourrait dire blah-blah, mais blah-blah comme dans les films au moment où le chef motive ses troupes avant l’assaut. Chaire de poule et petits frissons.

Après la présentation nous avons été appelés en binôme pour rencontrer les tuteurs, professeur des écoles maître formateur (aka PEMF), qui vont nous suivre cette année. Echanges pratiques pour le premier jour à l’école mardi prochain, commande de cahiers, stylos, photocopieuse, projet d’école, décloisonnement, fond de classe, définition de la progression, première période, etc. J’en sors avec une bonne page de questions pratiques et pas mal de choses à approfondir.

L’après-midi était orientée spécifiquement vers la pédagogie du premier cycle et ses spécificités, notamment avec la diffusion d’une vidéo de Evilio Cabrejo Parra, linguiste, sur le babil et la construction de la langue. Il remarquait cette chose incroyable qu’aucune langue n’existe sans berceuse. Voilà (encore) quelque chose à creuser. Ensuite on a beaucoup parlé, j’ai beaucoup noté. Encore quelques pages de questions pratiques.

Voilà pour la journée d’accueil des professeurs stagiaires. Beaucoup de réponses, mais surtout beaucoup de questions: au boulot.

Le site de l’académie de Grenoble dédié à la maternelle

Schizophrénie ordinaire

Une semaine étrange à jongler entre mon boulot et mon futur boulot. Lundi problèmes clients, mardi découverte de ma classe et inspection académique, mercredi performances bases de données, jeudi coopérative scolaire et premier projet graphique, vendredi 150 mails de retard et document de synthèse. C’est le problème de la reconversion: d’un côté l’institution me voit comme un étudiant – j’ai d’ailleurs pu constater que j’étais vieux – et me demande de la dispo avant mon intégration en septembre, de l’autre mon boulot actuel, le statut salarié, les impératifs, les projets en cours, la démission posée, le préavis et la difficulté à prendre des jours.

Semaine étrange mais semaine top puisque ça a été l’occasion de voir ma – il y a probablement à creuser dans la notion de ma – classe, rencontrer mon directeur, mes collègues, etc. J’ai commencé à réfléchir aux premiers projets de graphismes, aux chants, aux albums à travailler et à l’agencement de la classe. Encore un peu plus de concret.

Et puis cette semaine a aussi marqué le début des vacances pour les filles et le premier weekend à la campagne. Ramasser des fleurs, courir dans les champs, cueillir des griottes et préparer la confiture. Souvenirs d’enfance, images d’Épinal et grand soupir de décompression.

Encore un gros mois de travail avant de basculer. En attendant je cultive gentiment ma schizophrénie ordinaire.