Le 13 en force

Ce weekend, nous avons eu la visite de David, Virginie et Lilian alias paxou, paxette et bébé pax.
Oui oui vous avez bien lu, en direct d’Aix en Provence, paxou, paxette et bébé pax. Sous ces noms bizarres se cachent des êtres bien vivants qui font partie de notre cercle de copains, bon ok d’amis, mais ça s’avoue tout juste ça avec des surnoms pareils.

« Bah quoi?… » diraient-ils, mais je m’égare.

Dav (aussi appelé « Bozo » dans un monde parallèle), Mlle Joub (bon d’accord je tairai le surnom du monde parallèle mayennais) et petit nain nous ont donc fait l’honneur de venir nous rendre une petite visite, dans notre Y tant envié pour la qualité de son air.
Au programme, un peu de ballade en quête de notre pitance, un concours de la plus mauvaise nuit et de la plus belle cerne, une rando pour ces messieurs, et quand même bien du plaisir.

Miss Julie a eu son quota d’histoires, David son quota de dénivelé et François son quota de sueur (se représenter un chef belge accro à l’escalade et au vélo en train de prononcer ce mot du plus haut de son accent flamand)…

A la traîne

Il parait qu’on a un mois pour faire ça.

Pour cette année, on vous souhaite plus de rando, d’escalade, de neige, de glace, de cailloux, de soirées avec les copains, de longues discussions, de tartiflette, de camembert, de musique, de lecture, de cinéma, de Saint Nicolas de Bourgueil, de petits riens, de sourires, de photo, d’éclats de rire, de bébés, de petites filles, de petits garçons, de vélo, de forêts, de fruits, de légumes, de sexe, de dessin, de peinture, de bisous, de contrebasse, de rencontres, de voyages, de cartes postales, de découvertes, de sushis, de feux de cheminée.

On vous souhaite aussi moins de voiture, de pollution, de télévision, de magazines people, de poil dans la main, de Carrefour, de temps perdu, de mauvais temps, de temps qui passe.

Bref, bonne année à tous !

Épanouissement personnel

Pour mon anniversaire, Marie m’a dit : si tu fais le bilan, tu as déjà accompli pas mal de choses à ton âge. Je devine le sous-entendu marié, deux enfants. Ce soir c’est Laurent qui m’a fait le coup.

En fait non.

Je respecte trop la femme dont je suis le mari et celles dont je suis le père pour les considérer comme des accomplissements personnel.

C’est beau c’que tu dis.

Comme j’aime bien me faire des listes impossible à tenir, voici une partie des choses que je voudrais faire d’ici pas trop loin, genre avant mes trente ans :

  • 3000 mètres et au delà
  • des grandes voies
  • du 6b
  • des cascades de glace
  • un projet hyper pointu pour mon boulot
  • deux ou trois morceaux de John Renbourn et de Bert Jansch
  • un semi-marathon
  • du vtt
  • du ski
  • quelques chapitres d’un roman
  • tous les livres de la maison
  • des photos
  • du labo
  • la traversée du Vercors en solitaire, ou à pas trop plus
  • des dessins
  • un voyage à vélo

A noter l’importance du sport dans tous ça[1], je me dis que c’est sans doute lié à mon adolescence boudinée. Dont acte.

On en reparle l’année prochaine ?

Sauterelle, bisaïgue, plomb et ciseaux

Mercredi nous avons suivit un stage découverte du métier de charpentier. J’ai ramassé Sam à 8h30 devant chez lui puis nous avons pris la direction d’Echirolles où siège la Fédération compagnnonique des métiers du bâtiment.

Arrivés sur place, après avoir cherché l’entrée quelques minutes nous avons trouvé notre formateur à l’angle d’un couloir. On discute un peu, on s’explique un peu puis il nous fait rentrer dans une pièce. Et là :

  • C’est une classe
  • Il y a des élèves
  • Ils sont jeunes
  • Il y a un sujet qui nous attend
  • Sam n’a pas de stylo
  • Je n’ai pas de stylo

On doit faire un plan à l’échelle 1/2 à partir de côtes qui nous sont données. Sam apprendra pour le coup que 714 divisé par 2 ne fait 307, mais c’est une autre histoire. Du papier, un crayon, une règle, une équerre et une gomme. Stupeur : qu’est ce que c’est que tout ça.

Après cette mise en route intellectuelle, on rediscute un peu, on se réexplique, et on passe à l’atelier. Il faut dessiner sur toutes les poutres les coups de scie à donner, les morceaux à faire tomber, les endroits à évider. Pour ça on utilise la règle et la sauterelle qui nous permet de repiquer des angles à partir de notre dessin du matin. Après s’être planté dix fois, avoir re-mesuré vingt, notre tas de bois est prêt. Y’a plus qu’à scier.

Y’a plus qu’à.

Après une pause déjeuner au Mac Do -mon estomac s’en rappelle encore- du coin, on retourne à nos scies, nos ciseaux, nos clous et nos marteaux. Et, il faut bien l’avouer, on est vraiment pas doués. On ne sait pas scier droit, le ciseau à bois éclate autant le bois que nos petits muscles atrophiés, on s’y reprends plusieurs fois, le formateur vient rattraper nos erreurs.

Au final les pièces ne s’emboîtent pas comme elles devraient mais en mettant le tout sous pression avec un serre-joint ça passe.

On cloue.

Le soir j’appelle Sam pour savoir si il est aussi défait que moi. C’est pire : ça me rassure.

Les premières fois

Il y a des moments qui comptent dans la vie d’un père.

D’abord le premier contact, la paupière qui s’ouvre sur un œil neuf, le premier bain. La première couche aussi on s’en souvient.

Ensuite viennent les premiers sourires, les premiers sons, les premiers pas, les premiers mots. Puis distinctement Papa ; ensuite Mon papa ; plus tard Je t’aime mon papa.

Un jour, un chagrin. Alors on fait un premier calin.

Les premiers rires, les yeux brillants. Le premier sandwich c’est important.

Et puis un jour pleurant, morvant et criant elle nous dit Non, non, non. Je ne veux plus te voir.. Elle ferme la porte. Quelques instants plus tard, elle répète sa phrase. Un peu moins fort, un peu plus calme. Je reste seul dans mon couloir.

Qui a dit que la distance ça éloignait ?

Loin loin loin, à l’est, bien plus loins que Genève, Prague, Tel Aviv, Bagdad, Mumbai et pas trop loin de Pukhett, Balikpapan, Brisbane il y a des copains.

Comme le disait François, Xavier, Sophie et Martin sont à Singapour.

Aujourd’hui au courrier un paquet d’Amazone, tiens bizarre, je n’ai rien commandé, c’est peut être François. J’ouvre car, après tout, ça m’était destiné. Et là une très jolie attention de Sophie, deux livres de Fred Vargas parce que je lui avais dit par mail et en chat que j’étais mûre pour ce type de lecture.

Un grand merci à la sorcière du fond des bois qui pue®. J’aurais aussi pu intituler ce billet, comment avoir l’air bête dans la rue, parce que, franchement, avoir un sourire débile de scotché sur la tronche c’est idéal pour se faire dévisager.

Alors, qui a dit que la distance ça éloignait ?

Utopie alimentaire

Lundi je suis allé faire des courses dans LE centre commercial de Grenoble, Grand Place. Je sais : c’est mal.

Passons sur la déambulation dans les 2500 magasins. Passons aussi sur les gens qui, période des soldes oblige, soulèvent énergiquement des piles de pantalons en cherchant fébrilement quelque chose pour leurs fesses, et qui, déçues, jettent en vrac ce qui était plié.

Bref, tout ça pour dire que lundi j’ai mangé au MacDo. Je sais : c’est mal.

A ne pas venir souvent, autant y aller franchement dans le trop gras, trop salé, trop sucré : grande frite, grand coca et glace. Autour de moi, il y a des gens bizarres qui prennent une salade avec des frites et un coca. La salade, ça doit être pour la conscience. Moi, avec mon menu je couvre quelque chose comme 80% des mes apports caloriques et 104% de mes apports en lipides. Pour le reste j’ai pas calculé et c’est peut être mieux comme ça.

Je m’installe à une table haute au milieu de la pièce. Autour de moi, il y a des adolescents à casquette, des adolescentes montées sur escarpins, des filles qui arrivent a avoir du style même en mangeant des nugets, des vieux ménagères de cinquante ans, des jeunes cadres dynamiques. Je trouve ça plutôt sympa cette mixité sociale et je pense un instant au modèle d’intégration à l’américaine que je connais assez peu.

Un peu après, je me dis que c’est peut être ça qui nous sauvera : tous égaux dans l’obésité.

Liberté, Obésité, Fraternité. Vive la France !

Retrouvé

Cette après-midi, coup de fil des Objets trouvés. On a ramené mon sac.

C’est sur que ça fait bizarre de se faire appeler par son propre téléphone. Les gens des Objets trouvés ayant simplement téléphoné à la dernière personne enregistré dans la machine. En l’occurrence nos coups de fils du dimanche soir avec le téléphone de Stéphanie. Donc nous, donc moi.

Pour la petite histoire, c’est la Poste qui a ramené mon sac. Comme je doute que les facteurs bossent le dimanche, j’en déduit que quelqu’un est allé déposer mon sac jaune dans une agence parce qu’il ne savait pas où est le bureau des objets trouvés, parce que ça le saoulait, parce qu’il ne voulait pas y aller.

Un grand merci donc, à celui ou celle qui m’a permis de retrouver mes papiers, mon téléphone, ma carte grise et ma carte d’abonnement à l’espace vertical. Un grand merci aussi pour ce rappel qu’il ou elle m’adresse. L’essence de l’Homme n’est pas manichéenne: Je te rends ton sac, mais je te pique ton fric.

La galère du jour

Ce midi avec les collègues : piscine.

Je me change. Je pose mes affaires au vestiaire. Je me douche. Je nage. Je me douche. Je prends mes affaires au vestiaire, puis je vais me rhabiller.

Pour éviter de mouiller mes chaussettes en marchant dans la flotte, je décide de ne pas les mettre tout de suite et je commence à ranger mes affaires. Je mets mon maillot, mon bonnet et mes lunettes dans ma serviette, je plie le tout et je bourre tout ça dans mon sac. Puis, je ressort la serviette du sac, je la déplie, j’enlève mon maillot, mon bonnet et mes lunettes et je récupère mes chaussettes.

Chaussettes mouillés toute l’après-midi : c’est pas le pied.

Ou le retour de Monsieur Duce.

Ce matin, nous avons emmené les filles jouer au parc.

Bien.

Cette après-midi, après la sieste, on se préparait à faire du vélo.

Très bien.

Et là c’est le drame: Il est où ton sac ? … ralenti façon Matrix … le sac: oublié au parc ce matin.

Pas bien.

Je prends mon vélo, je vais au parc. Bien sur plus de sac … ralenti façon Matrix … donc plus de carte d’identité, plus de permis, plus de carte grise, plus de carte bleue, plus de chéquier, plus de mobile, plus de carte vitale, plus de carte d’abonnement à l’espace vertical.

Un jour vous oublierez votre tête.

Aujourd’hui, François cuisine.

Entrain de préparer un filet mignon aux carottes, je me suis dit qu’une petite sauce tomate ça ferait un bien fou à mon truc un peu sec entrain de cuire dans sa cocotte. Et, comble de la chance, j’avais justement dans mon placard une boîte de concentré qui traînait depuis quelques temps. Voici venu le temps idéal de se débarrasser de cette conserve.

Je sors le couteau suisse[1], option ouvre-boîtes. Je présente ma boîte de concentré. Je perce.

Explosion de tomate jusqu’au plafond : Yellow Stone en rouge. Je vous mets une photo que vous puissiez admirer la belle performance d’une si petite boîte
A posteriori, Stéphanie me dira : Ah oui, la boîte était avariée. Ça m’est déjà arrivé.

Aujourd’hui François fait de la peinture.

Je prends un rouleau qui traîne dans le couloir depuis quelques mois semaines, je le plonge dans le bac, le ressort, le pose sur le mur… et étale joyeusement tout ce que le couloir contenait de poussière et de saletés.

Mon rouleau, il est au poil !

Circé, Yubaba, Carabosse et associées

Aujourd’hui, sur les conseils de Stéphanie (merci), on est allé faire un tour à la tourbière du Peuil sur les hauteurs de Seyssins.

Pour ceux qui ne savent pas, et comme j’ai bien retenu la leçon :

Une tourbière est une zone humide (avec de l’eau donc) où la matière organique (les feuilles mortes, les bouts de bois et les animaux morts) ne se décompose pas, mais s’accumule au rythme de 2 à 3 millimètres par an pour former la tourbe (d’où son nom).

On suit un sentier qui passe à travers champs, dans les bois et nous ramène au bout d’une heure au point de départ.

Au menu, si j’ose dire, c’est digne d’un chaudron de sorcière:

des crottes de renard
des escargots
des limaces
des champignons
des fleurs
des noisettes
des grenouilles
des fraises des bois
de la boue
des moustiques
des orties
des lichens
des fourmis

Bref c’est sympa, c’est bucolique, c’est beau, c’est bon: mangez-en.