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Melbourne at last

Un bon mois pour développement, tri, scan, tri, retouche, je crois que c’est une belle performance. Il faut dire que le moyen format semble définitivement plus simple à scanner que le 135, enfin oui et non j’y reviendrais.

Melbourne donc. Premier voyage avec le blad, avant même d’avoir fait un film pour s’assurer du bon fonctionnement de l’engin. J’ai préféré partir comme ça. Ne pas emmener ce boîtier trop gros, trop lent, trop cher c’était prendre le risque de ne jamais l’emmener et qu’il reste une poule de salon. Ou un presse papier. A noter le petit moment de vieillissement prématuré lorsque mes collègues ont demandé ce que c’était. Bon soooooo awesome par contre ;-) .

Pour une obscure raison j’ai eu envie de faire de la couleur. Moi qui shoote habituellement avec de la diapo, j’ai eu envie de négatif. Couleur douces et faible contraste, j’ai mis dix rouleaux de Kodak Portra 160NC au fond du sac. Premier contact avec ce (très bon) film qui est, je crois, bientôt remplacé. J’aime en particulier le rendu, qui ne sort pas au top après scan vu que j’ai pas mal galèré sur les corrections de colorimétries.

Pour revenir sur mes attaches, à 160 ISO avec un 80mm et un gros miroir qui vibre plooooooooop on fait quand même pas mal de choses. Pas tout évidement.

Manque de temps, déplacement pro oblige, la série n’a pas vraiment de cohérence hormis moi à Melbourne. Avec le recul je constate que mes photos sont pour la plupart bien désertées. Pas mal de photos de détails aussi. C’est un peu la mode mais c’est joli.

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La totale, avec même des vidéos de football australien, c’est ici.

Attachez-vous

Voici un sujet que je fais traîner depuis des mois car j’ai du mal à formaliser mes idée sur la chose. La chose c’est l’idée que se bander les yeux c’est mieux écouter, se lier les poings c’est mieux utiliser ses pieds, se fixer un cadre s’est mieux le dépasser. Je précise qu’il n’est pas question de bondage, mais de photo.

Plusieurs façons de se contraindre, le plus évident étant de faire une série d’images qui couvrent un même thématique. Plutôt personnel mes vacances à Ibiza, mon chat, ma famille ou moi nu dans la forêt, plutôt documentaire les montagnes du Vercors ou la pêche à la morue , plutôt engagé les expulsions de clandestin, la guerre en Irak ou la sûreté nucléaire on nous cache tout, un peu tout ça en même temps ou complètement rien à voir évidemment.

A titre perso j’ai envie de commencer une série sur les nombres, pas sur qu’elle aille bien loin mais pour l’instant je trouve ça étonnant. Par contre la notion de contrainte volontaire ne marche pas vraiment ici car je construit la série a posteriori. Sans projet et sans volonté initiale donc. J’ai quelques vrais séries dans les cartons mais rien de si tangible finalement.


Le coup d’une photo par jour et autres projets 365, qui me semblent une spécialité 2011, est aussi une manière d’aborder la contrainte comme moteur créatif. L’image du quotidien construisant l’année c’est assez chouette. J’aime décidément beaucoup cet adjectif un peu gamin désuet. Je ne vous cite que celui d’Aurélie mais cherchez projet 365 sur google vous allez vite comprendre.

A l’heure des boîtiers qui montent en sensibilité sans bruit, sans grain et sans saveur :) ce paragraphe va sonner un peu vieux con. Je sais. D’ailleurs quand on shoot en argentique, la question se pose déjà moins. Impossible de changer de sensibilité à mi parcours ou de basculer en noir et blanc temporairement. Evidemment on peut toujours panacher ses films entre 100 et 400 ISO, mais pour avoir tenté l’expérience une fois ou deux, il faut bien avouer que l’on n’a jamais le 400 chargé au bon moment et inversement. On pourrait tenter de prendre un deuxième boitier chargé avec une sensibilité différente ou pourquoi pas du noir et blanc mais c’est tout aussi chiant. En tout cas personnellement jongler entre les boîtiers j’ai essayé trois fois et ça m’est passé, sans parler du questionnement incessant « et celle-là, couleur ou noir et blanc ? »

Aujourd’hui je pars en général avec un seul type de film. Un seul film c’est un seul rendu, une cohérence d’aspect, et des questions en moins. Evidement en 100 ISO on ne fait pas tout, on va en rater certaines, on va avoir du flou et du pas net mais ça fait parti du jeu. Rater ou réussir n’est pas si important, enfin je trouve, même si ça peut être très très frustrant. Tout maso que je suis j’aime parfois rater des photos pour l’envie de repartir.

Dans le petit matin
Dernier matin, Keflavik, 2006 – Nikon F100, Fuji Velvia 100F

Le coup du second boîtier est oublié depuis longtemps, porter une besace de douze kilos ça va une fois. :-)

A l’heure des zooms en kit qui envoient et des 24-200 qui font tout, ce paragraphe aussi va sonner un peu vieux con. De base je ne suis pas très zoom car je me retrouve toujours à fond d’un côté ou de l’autre, je préfère zoomer avec les pieds avec une focale fixe et aujourd’hui j’aime bien utiliser une seule optique. Au moment du choix c’est toujours un peu dur « et si je prenais aussi cella-là », j’ai d’ailleurs eu beaucoup de mal à partir a New York en 50mm, mais une fois sur place plus de question et là: bonheur. Une seule optique on gagne encore en cohérence, et ça c’est cool.

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Arrière de batiment, Islande, 2006 – Nikon F100, Fuji Velvia 100F

A me relire, je constate que je suis un gros flemmard et que ce que j’ai eu, et toujours, du mal à exprimer ici c’est le besoin d’unité dans les images et surtout : Less is more.

Je constate aussi que je parle beaucoup de partir, ce qui ne veut pas dire que le coin de la rue n’est pas une destination idéale.

Départ

Entre les grosses semaines de boulot, ça et les vacances qui s’approchent, le mois d’avril aura été une longue absence. Je vous laisse une image pris quelque part au dessus de la Chine, sur le long trajet Londres-Melbourne d’il y a trois semaines.

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Le blad a fait le voyage, des trucs à dire la-dessus quand j’aurais le temps, et il repart pour un tour. See you soon.

What’s in the box #3

What’s in the box #3

Gros craquage pour un hasselblad 503CXi et ses un kilo cinq de Suède et d’Allemagne. Merci ebay.

Moi qui suis dans le trip du petit, compact et léger, je me retrouve avec un béhémoth entre les mains. Moi qui suis fatigué de l’intendance diapo/noir & blanc, je viens de signer pour quelques années. Ne cherchez pas, aucune logique.

Je commence à comprendre la traîtrise de l’objet. Des bruits d’engrenage, un viseur tellement clair qu’on a envie d’y regarder n’importe quoi -Hey ! Un pot de yaourt, génial !- et le déclencheur qui fait un bruit pas du tout discret mais terriblement moelleux. D’une certaine manière le boucan me fait penser à un FM2 obèse. Organique.

Ne reste plus qu’à emmener la bête en balade.

What’s in the box #2

What's in the box #2

What’s in the box #1

What's in the box #1

Mouahahahahahaha…

Je vous parle d’un temps

…que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Quand on a emménagé dans Notre appartement, il y a presque sept ans, je me voyais transformer le grenier en labo photo de luxe électricité-eau courante. Le temps étant ce qu’il est, mon agrandisseur est resté au placard et l’eau n’a jamais couru là haut.

J’ai poussé hier soir le bordel de bricolage, calfeutré la lucarne avec une couverture et deux cartons et monté l’agrandisseur d’un étage. J’ai ensuite tiré de sous la table le carton du déménagement sur lequel j’avais écrit labo au marqueur noir, en lettres capitales. J’en ai sorti un vieux carnet avec des notes de tirage, deux boites de papier RC*, les filtres de contraste et l’ampoule inactinique.

De l’odeur de l’hydroquinone et du thiosulfate.


Ce que la vidéo ne montre pas c’est la montée de l’image dans son premier bain. Magie.

A regarder avec du son !

Je constate a posteriori que j’avais anticipé le révélateur il y a un an et demi. Comme quoi tout arrive.

* Après sept ans de conservation dans des conditions de grenier chaud l’été-froid l’hiver, le papier Ilford mulgigrade IV se comporte comme du neuf. Surprenant !

Au plafond

Parce que le temps est bien pourri et que l’on a passé une grande partie ce dernier week-end de février à faire garde malade, voici une photo qui fait chaud.

Sophie, Martin et moi sommes sortis chercher de quoi manger au petit food-court qui fait face à la sortie du condo. On s’est retrouvé assis sur des chaises en résine verte à boire du coca dans de grands verres en plastique en attendant qu’arrivent des portions de chicken-rice pliées dans du papier kraft. On a parlé un peu, de photo et d’enfants entre autres.

Ceiling
Plafond, Singapour, 2010, Nikon FM2, Fuji Acros

A dix-heures du soir il doit encore faire trente. Les cuisiniers suent dans leurs vapeurs de bouffe alors qu’au plafond l’abat-jour tremble avec la ventilation.

Soleil

J’ai eu mon papa au téléphone en début de semaine et outre le fait qu’il se soit moqué de son fils le soixante-huitard il me faisait remarquer que bien souvent c’était quand même pas très joyeux.

Pour contrebalancer un peu, voici quelques images de mes poulettes (qui n’ont pas l’air très jovial non plus d’ailleurs) prises un peu avant Noël au Yashicamat avec de l’HP5. Sans vouloir faire le paternel de base, elles sont bien jolies mes filles :-) .

J’aime beaucoup la première pour le regard tranquille de ma Julie. J’aime beaucoup la seconde pour le regard inquiet de ma Marie (le flou fonctionne d’ailleurs ici assez bien). J’aime beaucoup la dernière parce que. Et ma tête en bonus.

Rien a voir avec l’histoire mais j’ai constaté de gros écarts de rendu entre mon écran calibré et les autres écrans que j’ai pu utiliser. Une fâcheuse tendance à avoir des images bien ternes et grisailloutes. C’est le cas chez-vous ?

Julie

Marie

Soeurs

Parallaxe is killing me – Acte 3

J’ai fini par affronter mes craintes -ma flemme surtout- et passer mon film au XTol. Resté une nuit à sécher et découpé à huit heures avant le départ pour l’école. Ca avait l’air bon. Parallaxe fail oui, mais pas tant (et en fait pas là où je le craignais).

Les hommes de ma vie
Les hommes de ma vie, Valence, Noël 2010 – Yashicamat, Ilford HP5+

Ne sont-ils pas beaux les hommes de ma vie ?

Mon grand père a ce petit sourire figé d’il faisait six degrés mais l’image me plait bien. D’autant que cela doit être le seul portrait que j’ai de ces deux hommes. Mon père et mon grand-père.

Le tableau n’est pas complet car il faudrait faire tenir dans le cadre mon grand père maternel inconnu, qui est pourtant bien là, mon beaup, mes oncles, mes cousins, mes beaufs et mes copains.

Je poste la suite dans les prochains jours.