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Travail, travail
J’aurais du appeler mon précédent billet Voyage, voyage. Outre la référence culturelle, cela m’aurait permis de justifier celui-là, de titre.
En deux mots et en vrac, Hong-Kong c’est grouillant, vivant et tous qualificatifs que l’on pourrait probablement donner aux grandes villes d’Asie. On mange bien pour rien du tout. Evidement il faut aimer les nouilles, le riz et les boulettes de poisson/viande. Matin compris, ce qui a de quoi surprendre. hey, une brioche ! Ah non, c’est un gâteau fourré au poulet (véridique).
L’avantage du déplacement pro étant que les gens qui me recoivent m’emmènent dans les pires restos et choisissent des trucs à faire gouter au western guy. Ils se sont bien marrés quand je me suis étouffé avec un oeuf de canard pourri salé. Les salauds.
L’autre avantage étant que culturellement on a tout à apprendre les uns des autres, et qu’on s’explique tout ça en souriant. A midi je savais lire « riz » sur un menu. Détail somme toute assez pratique dans une ville où les restos ne doublent pas toujours leur carte en anglais. Depuis j’ai oublié et je me suis encore retrouvé à choisir au hasard.
L’inconvénient du déplacement pro étant qu’à une heure du mat, j’y suis toujours.
D’ailleurs j’y retourne.
PS: Billet très bouffe mais le reste de mes impressions n’est pas encore digéré. humour.
En vrac #2
J’aime ça écrire en vrac. Pourtant mon flow instantanée c’est de la junk-prose pleine de virgules, de mots trop forts et de grammaire aléatoire. Ecrire quelque chose d’un peu posé me prends des heures, mais comment et à quoi bon lier des histoires de pute et le badminton avec ma fille ? Pourquoi vouloir coller avec logique la trisomie, le trail et la pizza ? Du vrac sans tenant, sans aboutissant.
Vendredi midi je suis allé courir, une petite demi heure d’échauffement en forêt sur un chemin qui tourne autour de lacs artificiels puis des fractionnés. Cinq minutes au repos puis trois minutes à fond, de quoi se flinguer les muscles à l’acide lactique. J’ai voulu raccourcir mon calvaire en passant par le bois. J’ai déjà croisé les deux filles qui travaillent ici, aujourd’hui on se retrouve face à face sur le chemin. Elles sortent du bois, j’y entre. Bonjour, bonjour. Dix mètres plus loin, je croise ce que je suppose être le client. Un homme s’avance sur le chemin, crâne rasé, casquette, t-shirt AC/DC et des mains comme des pelles. Les arbres derrière lui bougent encore, le deuxième type doit s’essuyer dans les branches. Je pense à ce boulot et à ces femmes qui sucent de la bite pour subsister, je me demande si on pourrait parler du pourquoi et du comment ou si la question ne se pose pas. Je revois Pretty Woman et me dis que c’est probablement des conneries. Bip-Bip, le cardio sonne le moment de l’accélération, je sors du bois, retrouve la route du boulot, la douche et l’ordinateur.
Vendredi soir on a retrouvé un bon ami, celui qui nous avait laissé une partie de son merdier avant de partir en Amérique du Sud, celui qui nous avait aussi laissé sa contrebasse en pension. Apéro à cinq au café sur la place, picon, menthe à l’eau et saucisson ; les filles montent au comptoir pour manger des cacahuètes. Un peu avant neuf heures, on est en bas de l’immeuble. Elie m’embarque pour un concert aux Bas Côtés, café utopique où le bio côtoie l’anar et le naïf. Nos vies valent plus que leurs profits. Dans la rue Nicolas Chorier, ce qui devait être une épicerie tiens maintenant lieu de salle de concert-café-librairie-épicerie-resto. Quand on arrive, les gens adossés à la porte se poussent et nous font une place. On s’assoit par terre sur les carreaux-ciment à un mètre du chanteur. Une guitare, sans micros ni ampli, la salle de ces quinze personne est déjà pleine. Le monsieur dégage une belle énergie avec ses trois accords, mais c’est pour la dame d’après que l’on est assis. Lily Luca nous offre un beau voyage, dans les textes et les dissonances légères. A vingt-trois heures je rentre avec l’idée que j’aime assez la candeur du lieu.
Samedi matin j’emmène mes filles en vélo jusqu’au parc pour faire du cerf volant. Evidement il n’y a pas de vent alors on joue au badminton et on grimpe sur les plots en bois du parcours santé. Un peu avant midi Stéphanie nous rejoint, j’en profite pour aller sur la piste de bi-cross. Pique-nique, quiche et freesbee avec des copains. Je veux un skate board. L’après-midi on achète quelques BDs, un Sfar, le numéro quatre de Ikigami et un Moleskine avec des portées musicales.
Pour la fête des mères Julie a fait un dessin et un poème. Une reine devant un château avec des fleurs. De jolies traits, de jolies formes et de jolies couleurs. Les crayons de couleur c’est vraiment beau. Marie a fait des collages avec du brillant. J’aide Julie a lire son poème avant d’aller chercher des croissants pour le café. Matinée tranquille, matinée jolie. En début d’après-midi je profite de la sieste pour aller courir. La bastille, le rachet, le col de vence, une longue sortie sur les hauteurs de Grenoble. Je passe devant un banc tagué d’un nos vies valent plus que nos emplois que je trouve assez juste en ces temps de retraite et de chômage. Des escaliers, une petite route puis des chemins, il pleut un peut et l’arrivée au sommet se fait dans les nuages. De la brume sort un petit groupe de trisomiques qui attaque lentement la descente. Je n’ose penser que cette rencontre est magique, mais le temps de me faire la remarque l’idée est déjà là et quelque part ce rapport à la différence m’énerve. Je m’énerve moi-même. Con de condescendant.
Ce matin Stéphanie est partie, quelques jours pour le boulot, me laissant seul avec les filles et le numéro de téléphone de la pizzeria.
Note: Je tente d’arrêter un peu le moi-je-je-je pour les prochains articles, ça commence à gaver.
Note 2: Quelques bons liens qui ont fait ma journée:
Letter to george et Reala, réalités d’hier chez l’amour télémétrique.
Si ta soeur savait chez Snae
Utopie urbaine chez les 2 nouilles.
Fuck you sur le Daily What.
I AM street art sur Vimeo.
Note 3: J’ai des trucs dans le pipe. On verra ce qui sort.
Nan un dragon je te dis
Des bières avec des copains (et les enfants) dans un parc, un grand tour de vélo, une randonnée dans des montagnes couvertes de jonquilles et un Green Curry Thaï par Steph selon la recette de Khé, Thaïlandaise rencontré à Singapour via Sophie. La phrase est trop longue mais le week-end était trop bien.

Clouds, Col de porte – Isère, France – Panasonic DMC-TZ7
Vendredi en sortant du boulot, j’ai aussi (re)réalisé que les nuages c’était magique et qu’il serait facile de retomber dans le jeux des formes de mon enfance. Du coup dimanche j’ai photographié du bleu et du blanc.
Note: Sur la photo il y a un avion qui gâche un peu mais l’enlever serait tricher. Toutes les joies de la visée sur l’écran. Viseur, mon beau viseur.
Freud needed
En général je ne me souviens pas de mes rêves, la nuit se passe comme une petite mort : couché, rien, réveil. Les journées se suivent sans continuité perceptible. Ce matin pourtant je me suis réveillé avec le souvenir précis de ce que j’ai fait de ma nuit.
Je jouais de la basse, installé sur une descente de garage dans une arrière cour d’immeuble quelconque. C’était un gimmick funky à mi-chemin entre Marcus Miller et Pastorius. Avec mon niveau de basse actuelle c’était probablement de la merde mais j’en garde l’impression d’une ligne complexe, fluide et groovy. Basse quatre corde évidement.
De l’autre côté de la cour un clochard barbu joue au basket avec des ambulanciers sans visage. Le ballon est multicolore et les mouvements précis. A intervalles réguliers on s’interpelle. Le clochard et moi on se connait, ça ne fait aucun doute. Il porte redingote grise, mitaines et barbe sale. Son sourire est joli.
Au bout d’un temps j’enclenche un overdrive et je me mets à jouer à un truc qui avec le recul ressemble a du Hendrix. De la guitare à la basse, c’est vraiment n’importe quoi mais ça sonne. Avec mon pied sur la pédale je constate que je suis en chaussettes. En chaussettes de tennis blanches sur le béton d’une descente de garage.
Mes chaussures sont à quelques mètres, posées en vrac, la chaussure droite sur le côté. Instinctivement je balance un coup de pied dans celle qui est le plus proche de moi, de petites grappes noir et blanches en sortent. En fait de grappes, ça aurait plutôt l’aspect de petits essaims bourdonnants englués dans de la mie de pain humide.
Des vers blancs et des mouches plein les godasses je continuais à jouer.
Bizarre.
Dans ce porridge nocturne je trouve un bout du hors-série des Inrocks consacré à Hendrix que j’ai feuilleté hier soir chez le buraliste de la place Championnet. J’y trouve aussi ma basse, ma guitare, ma pédale verte. Un bout de Singapour dans la descente de garage.
Pour le reste contre-coup du jet-lag j’imagine.
C’est grave docteur ?
Tempus fugit LOL
Je reçois, à intervalles réguliers, le même mail Tu sais que tu es vieux quand qui m’explique que quand on sait que Raider-deux doigts coupe faim, qu’on pense que Quicky n’est qu’un parvenu qui ne pourra jamais détronner Grosquick, que l’on a fantasmé sur les seins polygonaux de Lara Croft et que l’on a vu naître le trou dans la couche d’ozone : on est vieux.
Si on a regardé Téléchat et apprécié eu peur de Leguman aussi.
En général c’est le copain de la cousine Béatrice, comment a-t-il eu mon mail celui-là, qui l’envoie. A intervalles réguliers. Agrémenté d’un petit commentaire C tro vrai LOL ! pour couper court à toute envie de lire. Un rapide click sur le bouton Delete et c’est reglé.
Des fois la réalité nous rattrape et s’allie à l’humour potache du copain de la cousine : c’est la fin.

Scrabble & Dictionary, Février 2010 – Yashica Electro 35 CC, Ilford Delta 400
Tu sais que tu es vieux quand tu prends plaisir à jouer au Scrabble.
Loi naturelle #3 et autres faits passionnants
Lors de l’achat d’un sac de plâtre il faut aussi prévoir des anxiolytiques ; ou une corde : c’est selon.
A part ça, je ne suis pas mort, j’ai juste eu un boulot de malade ces deux dernières semaines et pas vraiment l’envie de vous pondre des articles sur la vie trépidante de l’ingénieur informaticien, marié, deux enfants.
Deux choses à dire de ce côté là d’ailleurs à savoir : premières sorties en ski et vélo sans roulettes. L’appareil étant un peu loin, j’ai la flegme de vous mettre une photo. Il faudra me croire sur parole.
De mon côté, j’ai pu dégager du temps cette semaine pour courir un peu avec la dame qui prépare le marathon de Barcelone et « participer » au défi coureurs geeks qui a démarré cette semaine : petit défi informel plutôt sympathique pour garder la motivation malgré les conditions pas toujours au top.
Ah oui, j’ai aussi fait du plâtre à la maison.
Loi naturelle #2
Tu ne mettras point dans ta poche un torchon imbibé de white spirit, ne serait-ce que dix minutes.
Corollaire et observations :
La biafine est efficace contre les brulures.
Loi naturelle #1
Tu ne bricoleras point.
Et vous, ça va ?
Bonne année 2010
Je vous souhaite à tous comme d’habitude. N’oubliez pas de laisser tomber les bonnes résolutions, ça ne sert à rien.
Une bonne année à tous, et mangez du pain bio ça rend intelligent.