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C’est vendredi

On monte le son, on sort les pelles à tarte et on attend patiemment que les 30 seconds de pub soient passées (désolé).

On monte encore le son.

On monte encore le son.

Can you feel it ?



François Felman And FF Yellowhand … by capitainfunkk

Bizarrement ça me donne aussi envie de jouer de la guitare torse nu en pantalon moutarde.

So long

A comme Angie.

B comme Bert.

C comme Crabe.

I dream of waters flowing,
Sweet air to softly breathe,
Of meadowland where the wagtail bobs and weaves,
Of sunny days where children dance and play,
And sweet music to drive my grief away.

Good morning

Une journée commencée entre une tasse de thé et le synthétique I’m your man de Cohen, ne peut être qu’une journée placée sous le signe de la joie et de la bonne humeur.

Everybody knows that the dice are loaded
Everybody rolls with their fingers crossed
Everybody knows that the war is over
Everybody knows the good guys lost
Everybody knows the fight was fixed
The poor stay poor, the rich get rich
That’s how it goes
Everybody knows

Everybody knows that the boat is leaking
Everybody knows that the captain lied
Everybody got this broken feeling
Like their father or their dog just died

Everybody talking to their pockets
Everybody wants a box of chocolates
And a long stem rose
Everybody knows

Oh tiens, comme c’est étrange. Bonne journée !

Ohé ohé

Allez savoir comment, je me suis réveillé en ayant envie d’écouter ça:

Le vent les a emporté. Les certitudes tombent, ne reste que le doute. La vie est vraiment un truc étrange. Comprenne qui pourra.

Note: incroyable comme le doublage est mauvais. Lolilol.

Amertume

Mes grands-parents nous emmenaient pour dix jours au bord de la mer. Camille et moi, cousins. Dans la boite à gants de la Ford grise ma grand-mère avait toujours un paquet de bonbons acidulés. Ovales rouge et jaunes qui pétaient les dents. On prenait l’A7 en direction du sud, c’était long. Les bandes blanches défilaient sur le côté pendant deux heures puis avant qu’on quitte l’autoroute. L’usine royal canin, borne surréaliste, marquait le début des vacances quelque part un peu après Lunel.

Dans le studio de mes grands-parents un petit téléviseur était posé sur une table à roulettes en verre fumé. Au sol un carrelage blanc en faux marbre attrapait le sable, laissant une sensation bizarre sous les pieds. Un petit balcon jusque assez grand pour une table et quatre chaises autour laissait voir la mer, après la rue, derrière le kiosque du train touristique. Le soir on descendait les volets dans un bruit de plastique chaud, des nuées de carrés lumineux envahissait alors la pièce.

20110809-grande-motte

Je me souviens confusément de films en noir et blanc et d’images aux couleurs hyper saturées des télés de l’époque. Plus marquant que le reste, le clip aux sombres héros de la mer de Noir Désir sur TMC. 1989, j’avais onze ans. Une chanson de marin avec un quelque chose d’incompréhensible. Ce n’était pas une chanson de marin, ne restait que l’incompréhensible et ce noyé flottant entre deux eaux.

D’autres petites choses remontent peu à peu. Les patins à roulettes, les grandes dalles en béton, les S de stationnement, les parasols, le benco du matin et une lettre de mon père avec des accords de guitare au feutre rouge.

Nous n’irons plus jamais, la Ford grise est à la casse depuis longtemps et nos jambes sont bien trop grandes pour faire le trajet à l’arrière.

Always lost in the sea.

L’oral, l’écrit, l’avenir et le Maxi Best Of

Ce matin je me suis réveillé en pensant à Lionel Richie. Oui, il y a des jours comme ça. A vrai dire, je crois que je serais bien allé coller son Hello, is it me you’re looking for? dans la cafét’ du boulot.

Au bout de trente secondes de uh uh et de ah ah je me suis dit que je me l’écouterai bien ce Hello mais à sept heures du matin en caleçon dans la cuisine ça n’était pas vraiment d’actualité (now playing en ligne sur spoteezer).

Hello?

La chanson est sortie en février 1984. J’avais six ans. Si j’en crois la pochette, à l’époque on portait les pantalons au niveau du nombril. Classe. Après mes uh uh j’ai pensé à mes filles encore endormies.

Dans notre culture de l’écrit, à l’heure où tout semble disponible et aux articles sur Internet et le droit à l’oubli, je me demande si ça n’est pas plutôt l’inverse qu’il faut craindre. On accumule tellement. Des milliards de photos, de l’actualité mondiale en temps réel et des millions de titres à écouter sur votre mobile. Trier du plus récent au plus ancien. Encore plus. Toujours plus. Eventuellement oublier hier et déjà, penser à demain.

Mes filles. Qui va leur dire d’écouter ça ou ça parce que c’est bien ? La famille, les copains (et Twitter). Toutes les bases de données et tous les googles ne remplaceront pas l’avis de celui qui a déjà vu. Il suffit de chercher un truc à chercher pour voir le gouffre s’ouvrir. Bien large.

La revanche de l’oral et l’avis contre l’information. Après, ça ou ça, il n’y a plus qu’à chercher. Dans les dits bouquins, les bases de données et les googles justement. L’information est là tu peux te faire ton avis. La boucle est bouclée.

Je me suis aussi demandé si dans nos pétaoctets quotidiens, l’avenir n’était pas à un top 50 perpétuel… et moyen. Le maxi best of de la culture.

Frites ou Potatoes ?

Shine on you crazy diamond

Remember when you were young,
You shone like the sun.

Étrange besoin d’extérioriser le dedans. J’avais repris un bout d’article sur la photo et les contraintes qu’il est parfois bon de se mettre et puis j’ai mis Wish you were here. Ado, et comme beaucoup, j’ai fait de la guitare. On avait un petit groupe avec mes cousins, on avait quinze ans. On répétait le samedi dans des MJC qui sentaient le sol en vinyle et la sueur. Probablement du crépi sur les murs et des faux plafond.

On posait des kilos d’amplis et c’était les Guns, des mauvaises reprises de Téléphone et autres Purple Haze. Descendre dans la rue un vingt et un juin me ramène toujours quinze ans en arrière, il faut encore se farcir la Bombe humaine.

J’arrive encore à sortir quelques bribes de ces solos -il faut préciser que ceux qui disent soli méritent l’échafaud- d’un autre temps. Il y a des choses qui restent. En musique tout particulièrement.

Le Shine on des Pink Floyd est de ces morceaux là. Je ne me souviens pas l’avoir beaucoup joué mais ces longues minutes me transportent toujours.

Remember when you were young,
You shone like the sun.

Un écho tout particulier dans cette phrase que je sors facilement du contexte de la chanson pour me rappeler l’enfance. Les possibles. Les week-ends avec mes cousins à veiller « tu vois cette lumière dehors, ce n’est plus la lune » tard. La vie ça n’était pas plus compliqué qu’une pizza congelée et des verres de coca.

(Tech)no logique

Je prends, je pose, je reprends, je repose ; je réfléchis, je pars et je reviens. Procrastination et idées pas claires. Il y a quelques temps je me posais (vaguement) la question de l’évolution de notre rapport à la musique :

Je me demande si l’ensemble iPod + iTunes + iTunes Store ne nous mène pas vers une bestofisation de l’approche musicale. N’acheter/ne garder que les meilleurs morceaux sonne certainement le glas des albums concepts (genre The Wall de Pink Floyd pour faire dans le récent). J’imagine aussi que c’est aussi un bon coup de latte dans la diversité musicale et dans l’éducation de l’oreille, l’homme ayant nature à aller vers les mélodie plus faciles et harmonieuses.

Depuis, j’ai eu droit aux publicités pour Deezer premium et aux annonces des opérateurs de téléphonie mobile me ventant les plaisirs du téléchargement légal, illimité, vingt-quatre heures sur vingt-quatres : télécharger « des milliers de titres » sur son mobile. La quantité constitue rarement un argument recevable. Sur ce point, c’est peut être chez Snae que c’est le mieux traité.

Depuis, j’ai aussi entendu que Pink Floyd avait gagné un procès contre EMI qui s’était engagé en 1967, puis en 1999, à ne vendre la musique du groupe qu’au format album. iTunes Store, j’écris ton nom.

Bass Shop
Bass Shop, New York, Octobre 2009 – Nikon FM2, 50mm 1.8, Ilford HP5

J’ai du mal à me faire une idée précise de tout ça et, surtout, à en faire la part des choses.

Avec la bande magnétique on faisait des mixtapes ; aujourd’hui on télécharge à l’unité puis on playliste. On enregistrait la radio ; on pirate. C’est à croire que ce ne sont pas les comportements des passionnés-acheteurs-consommateurs, je ne trouve pas le mot juste, qui ont changé mais que les vendeurs, le mot est tout trouvé, savent maintenant taper là où c’est facile, là où ça fait bling.

Tout ça sent quand même le cercle vicieux et la faiblesse entretenue.

Aujourd’hui et plus généralement, j’ai l’impression que l’on se tourne vers la technologie avant tout. Pour chaque nouveauté, chacun y va de son annonce, de son test, de son analyse « Apple va-t-il se planter avec l’iPad ? ». Franchement, a part les actionnaires, ça intéresse qui ?


NB: Je voulais aussi parler d’Avatar, car j’ai l’impression que sous prétexte de 3D on fait passer pour chef-d’oeuvre un navet au scénario éculé, mais dans la mesure où je n’ai pas vu le film, je m’abstiens. Enfin presque.

NB2: Il est probable que ma vision soit déformée par trop de temps passé sur Internet.

NB3: Ceci n’est pas un billet anti-Apple. Enfin j’espère que ce n’est pas ce qui en ressort.

Hip Hop Sucks

Suite à une petite discussion sur Twitter (comprendre deux ou trois phrases de moins de 140 signes chacune) avec Bob et parce que Brice nous a gavé de hip-hop, j’ai commencé à écrire un post sur la musique. Celle qu’on aime, celle qu’on apprend à aimer et celle qui pue.

Et comme je traine et que la glande sur internet reste ma grande spécialité, je suis tombé sur ça :

Hip Hop Sucks
Hip Hop Sucks, via iammeltron

Just thought I’d post this. Starting to get tired of hearing about all the shows these rappers do and then getting the news of how someone was shot and killed at a « …hip hop concert ». Those f**kers are ruining hip hop…true hip hop.

Hip hop is about talent, lyrics, sometimes positive, sometimes grimey, but always true and never about killing constantly or how many b**ches you f**ked. Hip hop is for linguists and those that love words flowing like poetry. The juxtaposition of daily life and random thought paint vivid pictures. THAT is what hip hop is. This other b**lsh*t on the radio f**king drives me nuts!

I can’t stand when I hear radio stations that proclaim in their interstitials « …home of the real hip hop and r&b… » then immediately start playing T.I., 50Cent or some other dumb sh*t no talent j*ck*ss. Annoyed I am, ANNOYED!

J’aime beaucoup. Voyez ça comme une introduction à ce qui suivra peut-être.

Dans la toute petite nuit

Je voulais parler de l’étrange sensation que celle d’aimer travailler le soir à la maison ; la lumière diffuse de l’écran éclairant ma gueule en nuances de blanc ; un brin de musique, latine en l’occurrence ; deux brins de fille qui dorment à côté, les poings fermés.

Mais l’histoire me paraissant so boooring, je vous évite la grande envolée (mélan)colique et vous propose un petit moment de culture (via bienbienbien). Si votre anglais est moisi, il se parle de consonance et dissonance, de ce goût universel[1] pour la consonance, de Thelonious Monk, d’utérus et des langues à clics. Et Bobby Mc Ferrin de nous parler d’attentes et de connaissance commune. Prenez le temps, c’est a tomber.


World Science Festival 2009: Notes & Neurons, Part 4 of 5 from World Science Festival on Vimeo.

Pour ajouter ma pierre, une consonance c’est un interval musical agréable, pour ne pas dire facile, à écouter. A l’inverse une dissonance induit une tension, pour ne pas dire une certaine envie de changer de station.

Dans mon petit exemple, une tierce majeur Do-Mi agréable-et-facile suivie d’une seconde mineur Do-Ré bémol je-t-herisse-le-poil, après quelques notes moisies mais faciles, et connues, avant de finir sur notre seconde mineur. En bref, un grand moment de musique !

consonnance-dissonnance

La dissonance c’est le vinaigre et l’amer, c’est le coup de marteau sur le pouce alors qu’on voulait juste enfoncer un clou, c’est le cailloux au fond de la chaussure, c’est le nez au milieu de la figure. Je n’ose pas finir sur une note politique, la dissonance : c’est Arlette.

Indispensable donc pour ne pas tous finir au pays des bisounours, mangeant des sucettes en écoutant du *****[2].

D’autres infos chez wikipedia.

[1] Il semble qu’il y ait aussi un goût inné pour le sucré.
[2] Pas de nom s’il vous plait.