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Je viens de finir un morceau de la pile de livres qui attend près de mon lit. Ça avait pris des allures de tour infernale avec quinze étages de papier tenant un équilibre précaire. Le contre-coup de l’achat compulsif.
Bref.

Ne cherchez pas le pourquoi de la pomme de pin ; une balade en forêt dimanche matin.
Chagrin d’école de Daniel Pennac ; le genre de bouquin qui donne envie d’acheter un Bescherelle et d’embrasser les profs de français. L’histoire du cancre et éventuellement du professeur qui ira le chercher. Une petite revue de société, de nos enfants vécus comme des consommateurs, du « Ça » et du manque de base. Voler entre espoir et désespoir sans se casser la tête dans le carreau de la fenêtre.
Ikigami de Motorō Mase ; la loi de prospérité nationale impose un vaccin à l’entrée à l’école. Un vaccin sur mille contient une capsule qui, a une date et heure données, provoque la mort de celui qui la porte. La loi de prospérité nationale promeut ainsi la valeur de la vie. Un fonctionnaire à charge de délivrer leur avis de décès aux élus: l’ikigami. Ceux-ci disposent alors de vingt-quatre heures pour remettre à plat leurs projets, dire au revoir a leurs proches et attendre la mort. La police de la prospérité se charge de réorienter les esprits déviants qui remettraient en doute la Loi.
Ambiance un peu Big Brother -I know you’re watching me-, pas si improbable et qui donne matière à penser. C’est glauque sans l’être. Merci à M et Mme X pour la découverte.
Sutures de David Small ; en deux mots: cancer, enfant. En un peu plus, l’histoire d’un garçon dans une famille un peu barje de l’Amérique des années cinquante, ou peut-être tout à fait normale la famille. Je n’en dit pas plus, ça serait en dire trop.
Maman avait sa petite toux… Deux ou trois fois, un sanglot étouffé, hors de vue… ou le claquement des portes de placard de la cuisine… c’était son langage.
Le dessin est très sombre, à l’image de l’histoire. Magnifique.
Les invités de l’île de Vonne van der Meer ; plein d’histoires en une seule. Raconter la vie d’une maison de vacance, donc des gens qui y passent, en mettant l’accent sur les petites traces qui restent d’un passage à l’autre. Ça colle assez bien à la nostalgie que j’éprouve pour les lieux où je suis passé, où je ne reviendrai plus. Amoureux, suicidaire et doudou perdu, il reste un bocal de cornichons au frigo.
Lorsque nous vivions ensemble de Kazuo Kamimura ; la suite du début. Le dessin envoie toujours autant le tofu et l’histoire de Kyôko et Jirô prend deux crans. Nuances de rouge.
J’ai attaqué en début de semaine le Comment peut-on être français ? de Chahdortt Djavann ; une iranienne qui arrive à Paris. Chambre de bonne, carte de séjour, apprentissage du français, souvenirs d’Azerbaïdjan et les lettres persanes de Montesquieu. On en reparle si j’ai la force, il y a matière à discussion.
Des pages et des pages
De manière générale je choisis les livres au hasard. Je me laisse bercer par les titres et les couvertures, j’en lis un bout sur place et j’embarque. Je me fais aussi avoir par les livres posés le long des files d’attente ; à côté des caisses des petits tas bien rangés entre des piles et des clés USB. L’équivalent du paquet de m&m’s de la station service : couleurs vives, trop gras et trop sucrés mais toujours plaisant.
Parti avec un bouquin de nouvelles signées Haruki Mirakami et le pavé de T. C. Boyle Water Music que Magali nous avait offert avant Noël, j’ai ajouté dans ma besace verte La guerre des banlieues n’aura pas lieu de Abd Al Malik, petit livre noir à gros caractères acheté dans un relai de presse de l’aéroport de Lyon en même temps qu’un Popi et qu’une revue spéciale mots-flechés.

Water Music m’a perdu en Afrique et balancé dans les puanteurs de Londres. Pas vraiment roman d’aventure, ni policier, ni social, ni historique, mais un peu tout ça. C’est un Frankenstein ce livre, beau et énorme. It’s alive, it’s alive !
La guerre des banlieues n’aura pas lieu m’a soufflé des mots et des idées à l’oreille. J’ai un peu regretté qu’il soit tant question de religion et, finalement, si peu de banlieue mais l’envie de découvrir la musique du Monsieur est maintenant là.
Saules aveugles, femme endormie m’a, en un mot, scotché. J’en ai brisé pour la première fois la règle sacrée qui stipule que Jamais tu n’écriras sur un livre et tracé des croix et des traits dans la marge pour relever les passages qui me touchaient. J’ai commencé à en mettre partout alors j’ai arrêté.
Les Italiens seraient-ils étonnés de savoir que ce qu’ils exportaient en 1971, en réalité, c’était la solitude ?
Je lis a posteriori la bio du gars et évidemment, plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, je comprends mieux. Read !
Lorsque nous vivions ensemble
Ma lecture de ces deux derniers jours a été Lorsque nous vivions ensemblede Kazuo Kamimura. Un gros bouquin tout rose qui nous décrit pendant sept cents pages la vie d’un jeune couple dans le japon des années 1970. A 21 et 23 ans, Kyôko et Jirô vivent en couple, font l’amour et doutent. Dans une époque traditionaliste ils semblent craindre le mariage comme le couperet qui mettra fin à leur relation. Inexorablement.
Aux vues du volume et du sujet, j’ai eu peur de subir l’attaque des Feux de l’amour Japan style, mais l’auteur a pris le parti de morceler l’histoire en micro chapitres. Histoires dans l’histoire, ils ressemblent à un chapelet d’haïkus que l’on égraine un à un.
La neige tombe,
Je la regarde,
Elle tombe encore.

Kazuo Kamimura – Lorsque nous vivions ensemble
Le couple est une petite barque sur l’océan ; ils font des rencontres, le plus souvent des gens étranges et pervers tueurs d’oiseaux, se cherchent, vivent le quotidien et tout son poids. Bien souvent le sexe semble être le seul ciment de leur union : ils baisent. Et ce, même s’il est avant tout question d’amour.
Nous détestons notre père et notre mère.
Pourtant, un jour, nous leur ressemblerons.
Comme mon père, j’étreindrai ma femme avec une haleine qui pue l’alcool.
Comme ma mère, je ferai le dos rond et je supporterai cette vie.
Puis un jour, devant le mot « Jeunesse », nous nous sentirons couverts de honte.
Encore 2 tomes à venir. Good !
Petite parenthèse graphique : c’est assez fort, les cases laissent régulièrement la place à des doubles pages sombres pleines de hachures ; les personnages inquiétants perdent leur pupilles et se zombifient ; le vent hurle. En blanc, en noir, en gris.
Hip Hop Sucks
Suite à une petite discussion sur Twitter (comprendre deux ou trois phrases de moins de 140 signes chacune) avec Bob et parce que Brice nous a gavé de hip-hop, j’ai commencé à écrire un post sur la musique. Celle qu’on aime, celle qu’on apprend à aimer et celle qui pue.
Et comme je traine et que la glande sur internet reste ma grande spécialité, je suis tombé sur ça :

Hip Hop Sucks, via iammeltron
Just thought I’d post this. Starting to get tired of hearing about all the shows these rappers do and then getting the news of how someone was shot and killed at a « …hip hop concert ». Those f**kers are ruining hip hop…true hip hop.
Hip hop is about talent, lyrics, sometimes positive, sometimes grimey, but always true and never about killing constantly or how many b**ches you f**ked. Hip hop is for linguists and those that love words flowing like poetry. The juxtaposition of daily life and random thought paint vivid pictures. THAT is what hip hop is. This other b**lsh*t on the radio f**king drives me nuts!
I can’t stand when I hear radio stations that proclaim in their interstitials « …home of the real hip hop and r&b… » then immediately start playing T.I., 50Cent or some other dumb sh*t no talent j*ck*ss. Annoyed I am, ANNOYED!
J’aime beaucoup. Voyez ça comme une introduction à ce qui suivra peut-être.
Procrastination man
La procrastination, ça doit être ça mon super pouvoir. Encore 12 trucs en cours qui n’aboutiront probablement pas, donc en attendant un petit interlude visuel.
Procrastination from Johnny Kelly on Vimeo.
Action discrète et l’identité nationale
Je profite de mon velotaff hebdomadaire (ou plus si affinités) pour écouter mes podcasts en retard. La liste est longue car pour les podcasts c’est un peu comme pour les blogs, je m’abonne puis je croule sous les lectures.
Parenthèse – Je viens de faire les comptes, j’ai 184 flux dans mon netvibes et une dizaine d’abonnements podcasts ; c’est finalement sans rapport. Je lis, mais j’écoute peu donc. Fin de la parenthèse
Ce matin j’en suis rendu à Eclectick, l’émission du 16 janvier 2010. Il a été indirectement question du débat sur l’identité nationale avec l’intervention des gens de Action Discrète (émission humoristique diffusée sur Canal+).
Ils ont participé au débat sur l’identité nationale organisé à Troyes, en décembre 2009 sous la direction du préfet de l’Aube, Christian Rouyer, ce qui donne à peu près ça:
- Quand j’entend ce que j’entends ; quand je vois ce que je vois, j’ai honte d’être Français. Et j’en suis fier ! J’en suis fier !
- Non, il n’y a pas de quoi être fier monsieur. Moi je suis fier de vous dire que si vous avez honte, et bien je n’en suis pas fier.
- Et bien moi, j’ai honte pour vous monsieur.
- Je suis fier de ne pas avoir honte monsieur.
- Et bien moi j’ai honte de ne pas être fier.
- Et bien c’est honteux !
- C’est vous qui êtes honteux monsieur ! J’ai honte pour vous.
- Moi je n’ai pas honte de vous dire que vous n’êtes pas fier et que c’est ça qui fait la honte d’un pays. Avoir honte de la fierté qu’on devrait avoir alors qu’on a honte de sa fierté. C’est honteux monsieur.
- Vous pouvez répéter ça monsieur ?
- Je dis que avoir honte de la fierté qu’on devrait avoir pour un pays et bien c’est la honte. Et y’a pas de quoi être fier !
- La honte d’être fier c’est la fierté d’avoir honte !… le grand n’importe quoi.
- C’est une honte d’être fier d’avoir honte, monsieur ! C’est ça la honte.
- Non ! C’est vous la honte monsieur !
- Et vous ne faites pas le fier.
- Je suis Français moi monsieur !… et de chanter la marseillaise.
- C’est français ça monsieur !
Bref, c’est le grand n’importe que et c’est le genre de petites choses qui me ferait regretter de ne pas avoir la télé.
Quelques infos supplémentaires sur le site de Libération.