Archives du tag: enfants

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La perte et l’esprit

Quand j’étais petit je passais des heures à fouiller dans mes caisses de Lego à la recherche de LA pièce qui manquait. Brique de six par un, où es-tu ? Ça finissait invariablement par un retourné facial de la boîte sur la moquette de la chambre suivit de peu par la découverte de la dite pièce sous mon pied gauche. J’ai longtemps soupçonné un lutin voleur de briques dont le seul plaisir était de me rendre fou.

Un peu plus tard les premiers essais de bricolage de l’ado qui veut s’occuper. Mon papa rangeait, et range toujours, ses vis et ses boulons dans des vieilles boîtes à thé en fer blanc. Les clous allant dans des petites boîtes à cigares Panter. Étrange comme l’écrou qui va bien est toujours dans la dernière boîte de l’étagère et comme la clé associée n’est pas dans la caisse à outils mais tombée sous l’établi. J’ai longtemps soupçonné un esprit frappeur, voleur de vis et dont le seul plaisir était de me rendre fou.

Ensuite vinrent les médiators, les clés, les téléphones et les voitures sur un parking.

Aujourd’hui c’est mon rotring que je cherche, disparu depuis une bonne semaine, mais là je soupçonne plutôt mes filles. Je n’y arriverai jamais.

General

Connexion synaptique

Depuis les vacances en Corse, depuis la cathédrale de Calvi, depuis le tableau de Jésus au tombeau, le coup de lance au flanc droit, les mains et les pieds percés de clous, il arrive souvent que Jésus s’invite dans la tête des filles. Difficile d’expliquer l’histoire et la croyance, ceux qui croient, ceux qui ne croient pas et ceux qui croient à autre chose. Bref.

Ce matin sur le chemin de l’école j’ai eu droit à :

- Papa nous on n’a pas connu Jésus. Pourquoi ?
- Parce qu’il est mort il y a très longtemps.
- David Bowie aussi on le connait pas.

Ne pas chercher à comprendre le parallèle.

Ground control to major Tom
Ground control to major Tom
Take your protein pills and put your helmet on
Ground control to major Tom
Commencing countdown, engines on
Check ignition and may gods love be with you

This is ground control to major Tom, you’ve really made the grade
And the papers want to know whose shirts you wear
Now it’s time to leave the capsule if you dare

This is major Tom to ground control, I’m stepping through the door
And I’m floating in a most peculiar way
And the stars look very different today
Here am I floatin’ ’round my tin can far above the world
Planet Earth is blue and there’s nothing I can do

Though I’m past one hundred thousand miles, I’m feeling very still
And I think my spaceship knows which way to go
Tell my wife I love her very much, she knows
Ground control to major Tom, your circuits dead, there’s something wrong
Can you hear me, major Tom?
Can you hear me, major Tom?
Can you hear me, major Tom?
Can you…
Here am I sitting in my tin can far above the Moon
Planet Earth is blue and there’s nothing I can do

Instantanés

Soleil

J’ai eu mon papa au téléphone en début de semaine et outre le fait qu’il se soit moqué de son fils le soixante-huitard il me faisait remarquer que bien souvent c’était quand même pas très joyeux.

Pour contrebalancer un peu, voici quelques images de mes poulettes (qui n’ont pas l’air très jovial non plus d’ailleurs) prises un peu avant Noël au Yashicamat avec de l’HP5. Sans vouloir faire le paternel de base, elles sont bien jolies mes filles :-) .

J’aime beaucoup la première pour le regard tranquille de ma Julie. J’aime beaucoup la seconde pour le regard inquiet de ma Marie (le flou fonctionne d’ailleurs ici assez bien). J’aime beaucoup la dernière parce que. Et ma tête en bonus.

Rien a voir avec l’histoire mais j’ai constaté de gros écarts de rendu entre mon écran calibré et les autres écrans que j’ai pu utiliser. Une fâcheuse tendance à avoir des images bien ternes et grisailloutes. C’est le cas chez-vous ?

Julie

Marie

Soeurs

General

Bali Burger Project

Je viens de passer une petite semaine loin du clavier et comme à chaque fois je me demande comment raccorder les wagons du blog avec ceux de mon tous les jours. Et ce, surtout quand il s’agit de quelques jours dans le vrai du repassage, des devoirs, des réveils la nuit et du papapoulisme.

Bon il y a aussi eu un week-end à rallonge, des cours de dessin, une pelle en skateboard, une balade en forêt, des cafés, de jolis moment de famille et des burgers maison façon Shake Shak. D’ailleurs pour compenser, ce midi je me suis fait une petite cure de légumes. Salade, tomates, oignons, Harissa s’il vous plait.

Comme ça fait longtemps qu’on n’a pas vu de photo ici, j’ai profité de la semaine pour travailler sur les scans bruts qui glandent sur le disque dur en attendant d’être montrables. En fait j’ai surtout travaillé sur le workflow qui permet de passer du negatif à l’image finale. Quelque chose comme scanner en RAW => développer => retoucher aka enlever les poussières => organiser. A l’occasion j’en reparlerais, mais pour l’heure la principale source de chiant a été de chercher une application alternative à Photoshop mes besoins étant assez basiques : les courbes, le noir et blanc 16 bits et l’outil sparadra. Et malheureusement, il faut bien avouer qu’il n’y a pas grand monde.

Ce sont les images de Bali qui forment le haut de ma pile. Au bout d’une route, Jalan Kajeng, qui devient rue, puis ruelle, puis chemin : entre les rizières il y a ce lampadaire.

Light in Bali
Lampadaire, Bali, Mars 2010 – Nikon FM2, 50mm 1.8, Fuji Acros

En parallèle de ça je suis tombé sur Postcard from Bali (via Fubiz). Les images sont magnifiques et ça m’a fait un petit truc de revoir les rizières en terrasse, l’herbe à éléphant et les offrandes omniprésentes mais la vidéo m’a un peu donné l’impression que cette île est un grand spa glamour, eau fraîche et soleils levants, bien loin de mes souvenirs de circulation délirante, de scooters partout pour tout, de sourires, de gamelan, de pollution, de gens vraiment gentils (une fois passée la tentative d’extorsion initiale), de pluies torrentielles et d’insectes géants.

Postcard from Bali (Canon 5d MkII) from Stephan Kot on Vimeo.

A voir dans quelques jours si mes souvenirs se confrontent a mes images.

Je voudrais aussi parler de ces cours de modèle vivant et d’un billet chez doudette qui m’a fait me poser la question des auteurs qui comptent mais la fin de ce billet sans queue ni tête c’est d’avoir constaté (via monsieurlam -encore-), que la loi derrière mon projet sans nom avait droit à des théories, des études, des mesures précises et un article sur Wikipedia : la loi des six degrés de séparation.

En passant, ça avance doucement et il est fort probable que ça parte dans pas trop longtemps. Ce qui à mon échelle nous laisse quelques semaines avant de voir le début d’un commencement.

Café de la gare

Etalage à vol

Devant Monoprix j’ai croisé trois gamins aglutinés, un grand et deux petits marchant d’un pas raide. Je dis grand mais le plus âgé devait avoir dans les huits-dix ans. A voir leur petit groupe de trois et leur sourires biscornus, à vingt mètre ça sentait la bêtise.

Un, deux. Le plus grand entre, attrape un hélicoptère radiocommandé, regarde les deux autres qui, dehors, pouffent et ressort. Trois, quatre. Tout le monde s’éparpille gauchement, on dirait qu’ils jouent à cache cache. Dix minutes plus tard dans le petit parc de la rue derrière j’imagine un « Y’a pas de piles » déçu.

On note déjà l’intelligence d’un magasin qui étale des jouets en vitrine sur un chemin d’école. Notre voleur a fait moins de trois pas entre la porte automatique et l’objet de son larcin. On me dira surement que la question ne devrait pas se poser en ce sens, que le vol c’est mal et qu’on a bien le droit de coller de la nourriture sous le nez des affamés. Je m’étais déjà fait la remarque avant cet épisode sentant bien qu’il y avait là une tentative minable d’extorsion de fonds via de subtils « Hey papa, tu as vu ? » en forme de peluches Hello Kitty grosses et roses.

Sur le moment je me suis par contre demandé si j’avais raison de laisser courir les voleurs de pommes ou si il aurait fallu intervenir, crier un ridicule « Au voleur » ou chopper le gamin par l’oreille. A vrai dire je ne me voyais bien ni en flic ni en balance et je me suis souvenu que moi aussi plus jeune j’avais fait deux-trois trucs dans le genre (coucou papa, ça va ?) sans devenir un truand pour autant.

Qui vole un oeuf, vole un boeuf. Bullshit.

L’anecdote m’a quand même travaillé, dix jours après je me demande ce qu’est devenu l’hélicoptère, si le gamin s’est fait remettre en place par ses parents, si il y pense encore et avec quels sentiments.

Vous auriez fait quoi vous ?

Filles

Happy Barberousse

Gros gros week-end: Samedi on a fêté les six ans de Julie avec ses copains.

On a pris un peu peur quand on a réalisé qu’il y aurait neuf enfants en tout (donc dix-huit bras pour attraper, dix-huit jambes pour sauter et neuf bouches pour hurler) mais en fait ça a été plutôt cool. On a monté une petite histoire sur le thème pirates pour que les filles soient un peu remuées de l’habituel princesses & fées des bois.

20101016-0001-Carte-trésor

Un un-deux-trois soleil pour leur faire récupérer la carte au trésor que Barbe-rousse m’a donné et une série d’« épreuves » pour récupérer les indices. Des trucs un peu chaud genre traverser la rivière aux crocodiles, glisser le long du toboggan mat du bateau échoué, réussir le concours de grimaces, faire tomber la tour du chamboule tout, participer à une pêche aux canards et essayer de lancer des balles dans la bouche d’une grosse tête de mort en carton.

Les indices forment une phrase qu’il leur faut lire « LE TRESOR EST CACHE DANS LA MALLE » (yes le CP) pour récupérer le coffre. Comme on vise un but commun pas de perdant et tout le monde y met du siens.

Après c’est gavage.

J’avoue avoir été scotché par l’énergie qu’ils ont déployé pour notre petit exercice de lecture. Mouahahahaha. Juste retour des choses ils nous ont aussi pompé une énergie monumentale. A sept heures je serais allé me coucher.

A few rules:

  • Ne pas croire qu’ils vont jouer tout seuls calmement. Il faut les occuper.
  • Pour un chamboule-tout en intérieur le top c’est la balle de squash. Ca ne fait pas de bruit et ça ne rebondit pas (trop).
  • Un petit cadeau pour chacun dans la pêche au canard c’est good.
  • Il y en a toujours un qui n’aime pas le chocolat.
  • Il y en a toujours un qui veut passer avant les autres. D’accord mais seulement si tu me bas au pierre-ciseau-feuille. Si non, tu vas à la queue. Mouhahahaha.
  • Si tu ne veux pas jouer ça n’est pas grave, tu n’es pas obligé.
  • Des feuilles A3 pour faire des dessins après le goûter ça permet de souffler.
  • Tu fais ce que je te dis, sinon j’te bute OK ?
Café de la gare Filles

Etre et Avoir

Julie rentrée au CP il y a chaque soir un peu de temps à passer sur les devoirs. Quelques mots à lire, quelques phrases à déchiffrer, une poésie à réciter et autres petites choses qui nous font vraiment rentrer dans l’apprentissage. Ça n’est jamais bien long, un quart d’heure, vingt minutes à passer ensemble sur la toile cirée rouge à pois blancs de la table de la cuisine.

Moi qui avais déjà l’impression de donner beaucoup à mes enfants, ça enclenche la vitesse supérieure. Après une journée de taff il faut en plus se faire m+a = ma, a+n = an, m+an = man, ma + man = maman. Les lettres, les sons, les associations de sons, les mots.

Quand la concentration est dans les poches et que c’est quand même pas bien compliqué (bordel), on remet en perspective le fait qu’elle aussi a eu droit à sa journée de taff et on recommence. Concentre toi, on en fait encore deux et on arrête.

Je crois que c’est vraiment un moment qui me plaît.

Evidemment, je ne dirais peut être plus ça dans trois ans quand on aura double dose de devoirs. Peut-être aussi que c’est elle que ça va gonfler, les devoirs avec le père (j’ai personnellement rembarré assez jeune maman qui me faisait faire mes devoirs après son boulot. Fils ingrat.). On verra.

En rentrant du travail avant hier je suis passé devant le nouveau centre commercial qui vient d’ouvrir ses portes à côté de chez nous. En voyant les gens chargés de paquets je me suis fait la réflexion, quelque peu alter-mondialo-elito-boboiste je vous l’accorde, que l’ordre dans lequel on enseigne les auxiliaires à nos enfants avait du changer: avoir et être.

Filles

Tresse

Marie
Marie, Mai 2010 – Yashica Electro 35 CC, Fuji Priva 400F

J’avais dans le haut du frigo une vieille pellicule qui traînait depuis deux ou trois ans au mieux. J’avais du acheter ça en prévision de quelque vacances. Jamais utilisée forcement. Changer de type de film, donc de rendu, au milieu du voyage ça n’est jamais une bonne idée. En plus on n’a jamais le bon film au bon moment.

Provia 400F en film périmé, je m’attendais à des couleurs un peu passées. Au scan c’est encore mieux et c’est presque à la mode: analogique.

Bizarrement le petit Yashica Electro 35 CC qui me paraissait bien piqué lors des premiers essais me paraît ici totalement mou. Date limite de consommation passée, pleine ouverture ou mise au point télémétrique aléatoire; c’est forcément l’un des trois. Je peux me faire des films aussi, c’était déjà peut être mou de la lentille avant. Dans tous les cas le rendu un peu doux aujourd’hui me plait bien.

Ma dernière de dos avec sa tresse est quand même bien jolie. :-)

Filles

Rentrées

On a rangé les coquillages dans une boîte et remis seau, pelle et râteau au fond du placard. Deux filles, deux cartables, deux écoles et deux rentrées.

On voit bien que ça bouillonne dans les petits crânes. On en a tant et si peu parlé de cette rentrée et aujourd’hui, la voilà. Peur et envie. Blanc, noir et toutes les nuances de gris perceptibles.

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Le dernier qui rentre à l’école c’est une borne bizarre. La fin d’une époque si on regarde derrière, loin, jusqu’au premier cri. Plus de bébé à la maison, même si trois ans passés ce n’est plus un bébé. Passer des nuits complètes et oublier la posologie du doliprane en sirop.

C’est aussi, plus diffus, des sentiments difficiles à cerner. « Va, lâche ma main et avance. Je suis juste là. On se voit tout à l’heure. » D’autres choses encore sur ma grande qui rentre chez les grands, mais c’est trop compliqué. Plus pour nous que pour elles finalement.

En fin d’après midi on va les chercher, l’une puis l’autre. Seize heures quinze puis seize heure trente. Souriantes comme si la rentrée était déjà une histoire ancienne, digérée, intégrée, appropriée. Tout s’est bien passé.

Il nous reste encore un peu de sable dans les poches. Un goût de vacances bientôt remplacé, miettes de gâteaux et bogues de marrons à la craie mélangées.

General

Deux plus deux

Une dizaine de jours et nous sommes à nouveau quatre. Je pensais profiter des soirées pour avancer diverses petites choses, reprendre quelques projets et avoir le temps de bloguer quelques mots. Rien. A croire que ces activités rentrent mieux dans l’emploi du temps -repas en famille, enfants couchés, il est 20h- que dans le -il est 19h, qu’est-ce qu’on fait- du couple solitaire pour un temps.

On le sait mais c’est toujours surprenant. Dix jours suffisent pour la transformation: elles ont grandi.

Pour l’instant, retour à Grenoble sous la pluie, c’est Totoro qui gère.