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Dépression

Amertume

Mes grands-parents nous emmenaient pour dix jours au bord de la mer. Camille et moi, cousins. Dans la boite à gants de la Ford grise ma grand-mère avait toujours un paquet de bonbons acidulés. Ovales rouge et jaunes qui pétaient les dents. On prenait l’A7 en direction du sud, c’était long. Les bandes blanches défilaient sur le côté pendant deux heures puis avant qu’on quitte l’autoroute. L’usine royal canin, borne surréaliste, marquait le début des vacances quelque part un peu après Lunel.

Dans le studio de mes grands-parents un petit téléviseur était posé sur une table à roulettes en verre fumé. Au sol un carrelage blanc en faux marbre attrapait le sable, laissant une sensation bizarre sous les pieds. Un petit balcon jusque assez grand pour une table et quatre chaises autour laissait voir la mer, après la rue, derrière le kiosque du train touristique. Le soir on descendait les volets dans un bruit de plastique chaud, des nuées de carrés lumineux envahissait alors la pièce.

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Je me souviens confusément de films en noir et blanc et d’images aux couleurs hyper saturées des télés de l’époque. Plus marquant que le reste, le clip aux sombres héros de la mer de Noir Désir sur TMC. 1989, j’avais onze ans. Une chanson de marin avec un quelque chose d’incompréhensible. Ce n’était pas une chanson de marin, ne restait que l’incompréhensible et ce noyé flottant entre deux eaux.

D’autres petites choses remontent peu à peu. Les patins à roulettes, les grandes dalles en béton, les S de stationnement, les parasols, le benco du matin et une lettre de mon père avec des accords de guitare au feutre rouge.

Nous n’irons plus jamais, la Ford grise est à la casse depuis longtemps et nos jambes sont bien trop grandes pour faire le trajet à l’arrière.

Always lost in the sea.

General

Shooter

Suffisement ivre pour ne pas marcher droit. Suffisement sobre pour le savoir.

Demain il me faudra plus d’un café pour realinier tout ça.

Edit: et une petite gastro par dessus comme ça tout le monde est content.

Café de la gare

…, famille, …

Ce week-end a eu lieu notre première cousinade. D’un point de vue phonétique les mots en -ade sont à ranger pas très loin des mots en -ette. Geekette, blagounette, poilade, cousinade. Moches à souhait, heureusement qu’on a l’orangeade pour rattraper un peu le coup. Ce week-end donc: cousinade.

Ta da !

Maintenant qu’on a passé presque toute notre part d’évènements heureux, soit dans l’ordre quelque chose comme baptêmes, communions, dix-huit ans, mariages, naissances, etc. La boucle se bouclant, une génération chassant l’autre, on arrive aux trucs pas marrants. Inutile de revenir la dessus.

Il arrive un moment où il faut créer la rencontre. Ça ne tient souvent à pas grand chose, il en faut un qui ait l’impulsion de dire « on le fait » et de mettre la machine en route. Dans nos rapports humains j’ai l’impression que c’est souvent ça qui manque, le premier quart de tour. Merci beef.

La famille, étrange mélange. On se connait assez peu, on est assez différents, on a un peu tendance à jouer notre propre rôle mais on partage un truc. Je me demande si ça tourne autour d’un héritage culturel venant de l’éducation des grands parents, transmise à leurs enfants qui nous l’auraient transmise, si c’est juste d’avoir joués ensembles aux ninjas autour de la maison quand on était gamin ou si finalement on ne pourrait pas résumer ça avec un mystique liens du sang qui engloberait un peu tout. Who cares ?

Bien content d’avoir revu mes cousines, mes cousins, mes oncles et tantes, mon grand père, ceux qui par alliance sont venus serrer les rangs et les deux-cents marmots qu’on a pondu. Tout le monde n’était pas là, ça servira d’excuse pour se revoir. Pour l’heure, j’ai vu ma fille jouer aux ninjas autour de la maison. La boucle se boucle.

C’est très bien comme ça*.

* Tant de positif dans la même phrase, il va falloir que j’arrête un truc.

Café de la gare

Yo is what yo is

Petite soirée père-filles où je me retrouve à préparer une omelette coriandre-comté en écoutant le Wu Tang Clan. Bobo un jour.

Pour l’omelette c’est genre ici, chez (le très bon) Guillaume Long. Tu ne bas pas tes oeufs sinon ça va mousser et avec tout l’air que tu auras injecté dedans, ça va gonfler et ton omelette, tu pourras t’en servir de joint pour tes fenêtres. Pour le Wu Tang, ça serait plutôt par .

Ma poêle à la main je fais quelques pas genre hip-hop, sachant que de base j’ai à peu près le sens du rythme d’une pierre et l’aisance corporelle d’une planche. Julie me regarde incrédule et fini par dire que ça ne va pas vraiment et qu’en plus les gens qui font ça en général, ils sont noirs. Ca n’est pas exactement les mots qu’elle a utilisé, il était peut être plus question de moi qui suis trop blanc. Il n’y avait rien de négatif mais voir un enfant tomber dans un tel cliché ne porte pas vraiment à rire.

Et d’expliquer que ça n’est pas ta couleur de peau qui te limite ou t’impose quelque chose et que si tu as envie de quelque chose, tu le fais.

Ce matin en parlant des activités du centre aéré, BMX ou accrobranche, en réponse à un tu devrais essayer le BMX, c’est coule on a eu droit à quelque chose comme mais c’est un truc de garçon.

Et d’expliquer que ça n’est pas ton sexe qui te limite ou t’impose quelque chose et que si tu as envie de quelque chose, tu le fais.

Je me demande si les enfants ne sont pas complètement fans de stéréotypes. Etape nécessaire à l’intégration au groupe et construction intellectuelle. A moins que cela soit nous. Nous qui leur en mettrions plein la tête. Barbie contre Action man. Mon premier aspirateur contre Mon premier pistolet. Il y a probablement un peu des deux.

Du coup, on est bon pour Eminem.

Bonus: yo is what yo is

General

Normales saisonnières

préambule – La technologie quand ça marche pas c’est toujours un peu décevant. Je me retrouve à copier-coller cet article pour des obscures raisons de configuration POP. Il en perd encore un peu plus de sens.

Chaud. Très chaud. Comme partout. D’ailleurs il fait trop chaud pour allumer l’ordinateur ce qui me fait essayer les options de mail-blogging de wordpress. Mail-blogging, rien que le nom me déprime. Vilain au possible.

Toujours est-il que c’est mon téléphone qui blogue ce qui, abstraction faite du clavier à un doigt et, si ça marche, est tout de même assez coule. On s’amuse comme on peut. Ça m’évitera aussi de relire ce billet douze fois avant publication. Double joie.

Je sens que je m’egare. Donc chaud.

Ce weekend j’ai couru une étape sur le trail des grands ducs de chartreuse. Une sur cinq. Soit seize kilomètres et un peu plus de 1000 mètres de denivelé positif me concernant.

Très beau, très chaud et très technique. J’ai mis 2h48 pour mes seize bornes ce qui est assez mauvais pris comme ça mais dans le contexte de la course ça me met quand même dans la première moitié du classement. Au bout de la première moitié mais je n’aurais pas pensé ça comme ça. Hu hu donc.

Des bises aux quatre relayeurs de l’équipe et total respect aux grands malades qui ont tenté le parcours en solo ou en duo. Dans les 80 bornes et les 8000(??) mètres de denivelé au total.

Courir et mourir.

Rien à voir mais j’ai retrouvé mon rotring bien rangé dans le pot à stylos.

General

La perte et l’esprit

Quand j’étais petit je passais des heures à fouiller dans mes caisses de Lego à la recherche de LA pièce qui manquait. Brique de six par un, où es-tu ? Ça finissait invariablement par un retourné facial de la boîte sur la moquette de la chambre suivit de peu par la découverte de la dite pièce sous mon pied gauche. J’ai longtemps soupçonné un lutin voleur de briques dont le seul plaisir était de me rendre fou.

Un peu plus tard les premiers essais de bricolage de l’ado qui veut s’occuper. Mon papa rangeait, et range toujours, ses vis et ses boulons dans des vieilles boîtes à thé en fer blanc. Les clous allant dans des petites boîtes à cigares Panter. Étrange comme l’écrou qui va bien est toujours dans la dernière boîte de l’étagère et comme la clé associée n’est pas dans la caisse à outils mais tombée sous l’établi. J’ai longtemps soupçonné un esprit frappeur, voleur de vis et dont le seul plaisir était de me rendre fou.

Ensuite vinrent les médiators, les clés, les téléphones et les voitures sur un parking.

Aujourd’hui c’est mon rotring que je cherche, disparu depuis une bonne semaine, mais là je soupçonne plutôt mes filles. Je n’y arriverai jamais.

General

Le temps court dehors*

Pas de temps, peu de temps et une sorte de grand statu quo pour tout. Quelques litres de café et ça ira mieux.

En attendant les filles ont récité ce petit poème dimanche et mon petit coeur a fondu comme un plomb. Un papa de Pierre Ruaud.

Un papa rapluie
Qui me fait un abri
Quand j’ai peur de la nuit.

Un papa ratonnerre
Je ne sais pas quoi faire
Quand il est en colère.

Un papa rasol
Avec qui je m’envole
Quand il rigole.

Un papa tout court
Que je fête en ce jour
Avec tout mon amour.

Pierre Ruaud

Phénomène étrange qu’être papa, je l’imagine naturellement beaucoup moins physique qu’être maman, grossesse et accouchement en moins, mais je crois que je n’aurais jamais la réponse. Impossible de se mettre dans le pieds de l’autres pour savoir.

On est rendu au premier jour de l’été, ce soir Cendrillon aura vingt ans depuis vingt ans. C’est assez fascinant.

Rien à voir, une photo de nuage que j’aime assez. Nuances et textures de gris bleu.

Nuages

Pour finir, quelque chose qui me parle chez Lereilly, moi et mes dix-mille projets photo qui traînent.

Le principal problème pour un wannabe, c’est qu’avant de prétendre à être quoi que ce soit, il faut avoir un truc à montrer pour être un minimum crédible. Syndrome du type qui t’explique régulièrement qu’il veut devenir scénariste/réalisateur/écrivain/musicien mais qui ne va au bout d’aucun projet.

* Traduction sans rapport de Time is running out

General

Dernière séance

Dernier cours de dessin de l’année hier soir. Je ne suis pas certain d’avoir fait des progrès (on s’en moque un peu d’ailleurs), mais j’en retiens deux ou trois trucs.

D’une, plus l’outil est précis plus c’est chaud. Faire un truc pas trop moche à la plume relève de l’exploit alors qu’au fusain on peut arriver a des trucs sympas assez rapidement et sans se faire trop chier. En bref plume < graphite < pinceau < fusain pour ce qui est du ratio (1 - mocheté) / temps.

De deux, la couleur: oublions.

De trois, j'appréhendais un peu le côté -jeune fille nue à deux mètres- et une forme de dérèglement hormonal chez moi mais il faut bien avouer que: rien. C'en est presque dérangeant.

Enfin, quand c'est plus long, c'est pas forcément plus bon.

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Nu de face – on devrait interdire les mains. Les cages thoraciques aussi.

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Nu de dos – ah hum, proportions loupées.

Dans l’un des deux dessins ci-dessous se cache Skeletor, saurez vous le retrouver ?

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On verra si y’a du mieux l’année prochaine.

Dépression

Un poids sur mon épaule

J’ai placé plusieurs fois cette image de Melbourne dans le petit matin sans en donner le fond. Je ne voulais pas faire dans le larmoyant, moi qui ai déjà des prédispositions à l’écriture coulante et, surtout, les larmes faciles. Petit manque de courage face au rien.

Quand le téléphone a sonné, il était cinq heures du matin. Le temps de réaliser, d’ouvrir les yeux et d’aller décrocher dans mon anglais du réveil : on avait raccroché. La deuxième fois c’était six heures. Stéphanie m’annonce que mon oncle est mort dans l’après-midi. Conversation silencieuse et ces mots qui n’ont pas de sens. Il faut raccrocher, Stéphanie va passer la nuit qui est déjà derrière moi. Le décalage horaire prend une autre consistance et je me retrouve à l’autre bout du monde.

Mon oncle, il était photographe. Ni reporter, ni artiste. Enfin je ne crois pas. C’est toujours à la fin qu’on se rend compte qu’on se connaît assez peu finalement. Baptêmes, mariages et portraits en studio: la vie. Il shootait avec un F801, c’est un des trucs qu’on partageait. Ça et une affection naturelle. L’évidence à laquelle on ne réfléchie pas. Je respire, je saigne, j’aime. La famille.

Il est six heures du matin, trop tard pour se recoucher. Je boucle cette valise du dernier jour et je photographie le ciel de tous les matins qui viendront après.

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Adieu, Melbourne, Avril 2011

Les obsèques ont lieu lundi. Je remets le costume qui a servi en Australie. Ca et une chemise piquée à mon beau-frère histoire d’être au moins à moitié propre. Je prends le blad et un rouleau de FP4+ qui traînait au frigo. J’ai, je crois, besoin du poids de l’appareil sur mon épaule et de l’idée de pouvoir me mettre derrière le miroir du reflex. On dépose les filles à l’école avant d’y aller.

Soleil de plomb. Je vous passe les larmes, les roses, le sable qu’on jette sur le cercueil déjà en terre. Dans le cimetière je me retrouve à nouveau à photographier le ciel.

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La main de Stéphanie et le sourire des filles. La vie continue.

Dépression

Le vase et la glu

J’hésite à poster ça tant le sujet est personnel. Voyez-y un exutoire et non une justification. Je précise aussi qu’il n’est pas ici question de Madame et que la suite de la semaine risque d’emprunter le même ton.

Il y a les gens qui savent discuter, trouver des mots et converser dans la nuit. La table en Formica de la cuisine sur laquelle on pose des verres que l’on remplit du rouge qui va avec les maux. Quelques heures plus tard on fait un café, serré, pour le coeur qui va mieux.

Et puis il y a moi.

En général j’écoute, j’intériorise, je pense et je garde. D’autres fois non, les mots sortent comme des araignées velues, l’abdomen gonflé, noires. Que faire de toutes ces pattes? Ne pas savoir par où les attraper et les voir qui se retrouvent, maladroits, au milieu de nous. Ce que j’ai voulu dire, ce que j’ai dit et ce que tu as entendu. Qu’as-tu entendu ?

Mauvaise humeur - Triste humeur

Tu pleures.

Je me fais l’effet de l’éléphant dans son magasin de porcelaine. J’en envoie valser un peu partout. Au bout d’une heure c’est pas grave mais je vois bien que le vase renversé, qu’on a recollé avec la glu qui traînait là, n’est déjà plus si beau. On essaiera surement, quand la colle aura séché, de polir un peu les coulures mais les traces resteront là.

Pardonne moi.

Les conversations devraient pouvoir se faire sur papier, donne moi une phrase je t’y répondrai demain à mots sans équivoque. La vie ça n’est pas ça et je referais encore d’autres fois les ratés jusque tard dans mon lit. Les j’aurais du dire ça et les j’aurais du faire ci sont de vieux copains qui ne sont pas prêts de me lâcher.