Ce matin je me suis réveillé en pensant à Lionel Richie. Oui, il y a des jours comme ça. A vrai dire, je crois que je serais bien allé coller son Hello, is it me you’re looking for? dans la cafét’ du boulot.
Au bout de trente secondes de uh uh et de ah ah je me suis dit que je me l’écouterai bien ce Hello mais à sept heures du matin en caleçon dans la cuisine ça n’était pas vraiment d’actualité (now playing en ligne sur spoteezer).

La chanson est sortie en février 1984. J’avais six ans. Si j’en crois la pochette, à l’époque on portait les pantalons au niveau du nombril. Classe. Après mes uh uh j’ai pensé à mes filles encore endormies.
Dans notre culture de l’écrit, à l’heure où tout semble disponible et aux articles sur Internet et le droit à l’oubli, je me demande si ça n’est pas plutôt l’inverse qu’il faut craindre. On accumule tellement. Des milliards de photos, de l’actualité mondiale en temps réel et des millions de titres à écouter sur votre mobile. Trier du plus récent au plus ancien. Encore plus. Toujours plus. Eventuellement oublier hier et déjà, penser à demain.
Mes filles. Qui va leur dire d’écouter ça ou ça parce que c’est bien ? La famille, les copains (et Twitter). Toutes les bases de données et tous les googles ne remplaceront pas l’avis de celui qui a déjà vu. Il suffit de chercher un truc à chercher pour voir le gouffre s’ouvrir. Bien large.
La revanche de l’oral et l’avis contre l’information. Après, ça ou ça, il n’y a plus qu’à chercher. Dans les dits bouquins, les bases de données et les googles justement. L’information est là tu peux te faire ton avis. La boucle est bouclée.
Je me suis aussi demandé si dans nos pétaoctets quotidiens, l’avenir n’était pas à un top 50 perpétuel… et moyen. Le maxi best of de la culture.
Frites ou Potatoes ?