Archives de la catégorie: Instantanés

Pour changer

Pour changer du rouge, quelques nuances grises à l’encre de chine. Faites ce que vous voulez de ces carrés tous un peu pareils, tous un peu différents qui essaient d’occuper l’espace qui leur est donné en mangeant à peine sur le voisin.

Grey squares

N’allez surtout pas y voir une métaphore, après tout, ce ne sont que des carrés avec du gris dedans.

Bonus à 01:03

Dos au bitume

Un peu avant sept heures je mets l’eau à chauffer. Je n’ai allumé dans la cuisine que les deux halogènes de la hotte histoire de ne pas ruiner ces yeux qui seraient bien restés au lit. Le temps que cela infuse je regarde par la fenêtre et le ciel a cette teinte bleue du matin. Profond, presque noir et liseré d’orange. Bleu d’encre. C’est très cliché mais c’est comme ça.

J’ai posé sur la table deux tasses, trois cuillères et un couteau. Sorti le beurre, la confiture et le miel. Coupé quatre tranches de pain. La dernière étoile de mon carré de fenêtre était probablement la première hier au soir. Le ciel est à peine plus clair maintenant.

En mâchouillant mes tartines je réalise à quel point la vie est déconnectée de ça. Les étoiles et le ciel. Quand j’étais ado on passait les nuits d’étés couchés sur la route à regarder le ciel, le dos sur le bitume. Il y avait des papillons de nuit, le vent, les iris devant la maison, l’odeur du mois d’aout et la voie lactée.

Iris
Iris, Truinas, Juin 2005 – Yashicamat, Ilford Delta 400

Où toutes ces choses sont-elles allées ? Avez-vous disparu ? Est-ce moi qui suis parti ? Cet été j’ouvrirai la fenêtre. J’attendrai le premier papillon de nuit pour lui demander.

Parallaxe is killing me – Acte 3

J’ai fini par affronter mes craintes -ma flemme surtout- et passer mon film au XTol. Resté une nuit à sécher et découpé à huit heures avant le départ pour l’école. Ca avait l’air bon. Parallaxe fail oui, mais pas tant (et en fait pas là où je le craignais).

Les hommes de ma vie
Les hommes de ma vie, Valence, Noël 2010 – Yashicamat, Ilford HP5+

Ne sont-ils pas beaux les hommes de ma vie ?

Mon grand père a ce petit sourire figé d’il faisait six degrés mais l’image me plait bien. D’autant que cela doit être le seul portrait que j’ai de ces deux hommes. Mon père et mon grand-père.

Le tableau n’est pas complet car il faudrait faire tenir dans le cadre mon grand père maternel inconnu, qui est pourtant bien là, mon beaup, mes oncles, mes cousins, mes beaufs et mes copains.

Je poste la suite dans les prochains jours.

Quelques degrés d’écart

Je viens de finir les scans de notre séjour Singapour/Bali du début d’année. De penser à la moite chaleur des soirée singapouriennes et au contraste avec la préparation du sapin et la neige qui traîne encore dans les pots sur le balcon me fait sourire. Trois ici, quarante là-bas. Quelques degrés d’écart.

20100330-BW-057-Singapour-Bali
Monkey Forest, Ubud, Bali 2010 – Nikon FM2, 24mm 2.8, Fuji Acros

Quand je vous disais que la Postcard from Bali et ses images de rêves ne collaient pas tout à fait avec mes souvenirs, c’est principalement parce que ce dont je me souviens ressemble à ça. Des scooters, des saletés, des temples, des offrandes, des fils électriques et un soleil de plomb. Et c’est très bien comme ça.

20100330-BW-088-Singapour-Bali
Place du marché, Ubud, Bali 2010 – Nikon FM2, 24mm 2.8, Fuji Acros

Pour en revenir à mes histoires de scans, évidement la fin du scan n’est pas la fin de l’aventure : par flemme j’ai tout scanné sans tri. D’une parce que je shoot assez peu, sur trois semaines de voyage j’aurais fait moins de 250 images. De deux parce que quand il y a un bout d’une de mes filles dans le cadre il est difficile de se dire que non cette photo n’a aucun intérêt et en plus elle est floue. Il me reste donc à trier, dépoussiérer, développer, backuper. Ca promet d’être assez long mais on y va dans la joie et la bonne humeur.

Fenêtre sur cour

Aujourd’hui le ciel de Grenoble est bas, plombé et humide. La pensée me ramène à cette image de New-York que j’ai prise l’année dernière depuis la chambre de notre hotel. Simple vitrage à l’étanchéité douteuse, un vieux groupe climatiseur mange la moitié droite de l’ouverture.

20091022-018-New-York
Fenêtre sur la 57ème rue, New-York, Octobre 2009, ikon FM2, 50mm 1.8, Ilford HP5

Au sol de la moquette épaisse, une table basse et des canapés tournés vers une télé dont la diagonale doit avoisiner le mètre. Nous regardons un documentaire sur la chaîne historique. L’émission est présentée par le Sergent Hartman du Full Metal Jacket de Kubrick Yes sir. Le bazooka des chinois à nos jours, évolutions, démonstrations. God bless America.

Je me réveille au milieu de la nuit pour me vider plusieurs fois dans l’évier de l’entrée. Trop de fatigue, trop de crevettes et probablement trop de vodka tonic. Je me rends compte que je suis vraiment à l’ouest au moment où je me vois entrain d’essayer d’ouvrir la porte de la chambre à quatre heures du matin. En caleçon. Le « ça va p’tit frère ? » qui sort de la chambre de ma soeur finit de me replacer dans le contexte. New-York, hôtel, mariage, cousin, vodka tonic.

« Mieux, j’arrive. »

Demain footing à Central Park, je courrai dix bornes autour du réservoir.

Bleu

Tous les jours l’escalier, cinq étages sans ascenseur et quelques cent-dix marches. Descendre, avoir oublié quelque chose dans l’appartement, remonter, redescendre et partir. Faire le chemin inverse en fin de journée, au retour du boulot.

Blue
Montée d’escalier, Mai 2010 – Yashica Electro 35 CC, Fuji Priva 400F

Aujourd’hui c’est week-end. Il est quelque part un dimanche, le temps est gris et la lumière diffuse. Ne me demandez pas pourquoi j’appuie.

De retour


… ou presque, encore dix jours de vacances.

Note: Ca tremble un peu: au sortir de l’eau bretonne à 15°, j’ai eu quelques frissons.

Eleven

Pour rentrer il faut d’abord prendre la navette jusqu’à Tseung Kwan O. Il est presque vingt-deux heures quand je descends du minibus. Le concept paraît d’ailleurs un peu surréaliste pour l’Européen habitué aux parkings monstrueux et à l’omniprésente voiture. Trois cents personnes, un parking de trente place mais un van affrété par la boîte assure la liaison avec le MTR toutes les vingt minutes.

20100703-035-Hong-Kong
Station de bus de Tseung Kwan O, Hong-Kong, Juillet 2010 – Nikon FM3a, 24mm 2.8, Provia 100F

Encore trente minutes de métro et quelques longs couloirs avant de retrouver Victoria. Pour l’heure je m’attarde devant ce panneau: Eleven.

One

Voici la grande pagode dont je vous ai parlé juste avant. Plus loin sur un autre film j’ai des vues de l’intérieur, de l’encens qui brule et des bougies.

1
One, Singapour, Avril 2010 – Nikon FM2, 24mm 2.8, Fuji Acros

Je constate que j’adore coller des poteaux en premier plan et plein cadre ; l’esthétique est douteuse mais ça fait un peu moins photo de parking.

Les joueurs d’échecs

Entre la grande pagode et le wet market de Chinatown, il y a une petite place où des vieux jouent au xiang qi -les échecs-. J’ai tourné un peu, regardé le jeu, les placements de pièce, le regard amusé de l’adversaire et les commentaires des connaisseurs, mais je n’ai rien compris.

20100330-BW-032-Singapour-Bali
Joueurs d’échecs, Singapour, Avril 2010 – Nikon FM2, 24mm 2.8, Fuji Acros

Des traits, des pièces et le temps qui passe. Tranquillement. Dans la chaleur de Singapour.