Attaquons l’année avec un peu de bleu. Celui de Murakami, celui du coeur, le ciel est encore gris. Après une probable scène de défonce, regarder par le carré de la porte restée ouverte la pluie tomber.
Sur ce fond de noirceur, je distingue clairement la pluie fine qui tombe. Au dessus du toit, le ciel est gonflé de nuages lourds, que l’on dirait badigeonnés de plusieurs couches de peinture grise. Dans l’étroit rectangle du champ visuel qui s’offre à moi, ce ciel est ce qu’il y a de plus lumineux.
Les gros nuages gris sont bourrés de fièvre. Ce sont eux qui imbibent l’air comme une éponge et qui nous mettent en sueur, Lili et moi ; ceux qui font que les draps sont tout froissés et collent à la peau.
Une ligne noire, extrêmement fine, strie en biais le ciel restreint. Sans doute un fil électrique ou une mince branche d’arbre. Mais la pluie se renforce et gomme ce trait noir.
A relire ce passage, je vois l’image un peu sombre de la scène sur le dépoli d’un TLR ancien. Il ferait un peu chaud, moite et on s’assiérait sur le bord du lit. Poésie de la sieste, bien plus douce que certains autre passage du bouquin. Je vous chercherai le t-shirt Mickey et la barre en acier.
Merci à Laurent pour l’extrait!