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Survival kits
Gribouille du soir après avoir lu quelques articles parlant de zombies et autres trucs traumatisants. Au cinéma il en faut très peu pour me faire sursauter: j’ai cru mourir en regardant Evil Dead et la Night of the living dead 1990 remix edition a manqué me transformer en poulet. Je crois avoir été sauvé par le film de troisième partie de soirée The night of the living bread qui m’a donné quelques minutes pour penser à autre chose.
J’ai aussi fait mon premier train fantôme à Mickeyland Paris, quelque part aux alentour des vingt ans et… ça m’a fait peur.
En cas d’attaque: brisez la glace.

Vampire survival kit
La deuxième planche est une vague association d’idée car le prosélytisme fait aussi parti des choses qui me stressent. Paradoxalement je suis très respectueux des croyances d’autrui bien que blah blah… booooring. Pas trop envie d’en débattre maintenant.

Priest survival kit
C’est un peu beaucoup mouais bof, mais ça occupe. Avec ça, ma place en enfer est probablement prête.
Hell yeah !
Travail, travail
J’aurais du appeler mon précédent billet Voyage, voyage. Outre la référence culturelle, cela m’aurait permis de justifier celui-là, de titre.
En deux mots et en vrac, Hong-Kong c’est grouillant, vivant et tous qualificatifs que l’on pourrait probablement donner aux grandes villes d’Asie. On mange bien pour rien du tout. Evidement il faut aimer les nouilles, le riz et les boulettes de poisson/viande. Matin compris, ce qui a de quoi surprendre. hey, une brioche ! Ah non, c’est un gâteau fourré au poulet (véridique).
L’avantage du déplacement pro étant que les gens qui me recoivent m’emmènent dans les pires restos et choisissent des trucs à faire gouter au western guy. Ils se sont bien marrés quand je me suis étouffé avec un oeuf de canard pourri salé. Les salauds.
L’autre avantage étant que culturellement on a tout à apprendre les uns des autres, et qu’on s’explique tout ça en souriant. A midi je savais lire « riz » sur un menu. Détail somme toute assez pratique dans une ville où les restos ne doublent pas toujours leur carte en anglais. Depuis j’ai oublié et je me suis encore retrouvé à choisir au hasard.
L’inconvénient du déplacement pro étant qu’à une heure du mat, j’y suis toujours.
D’ailleurs j’y retourne.
PS: Billet très bouffe mais le reste de mes impressions n’est pas encore digéré. humour.
Vers l’Est
Je pars demain direction Hong-Kong. Décollage à quatorze heure, une escale en Allemagne puis dix heures quarante de vol avant de fouler la Chine quelque part dimanche matin.
Une semaine d’absence, mauvais père, mauvais mari ; une semaine bien chargée en travail.
J’espère pouvoir user des soirées pour profiter du hasard des rues, manger des dim sum et suer dans la moiteur asiatique.
More books
Je viens de finir un morceau de la pile de livres qui attend près de mon lit. Ça avait pris des allures de tour infernale avec quinze étages de papier tenant un équilibre précaire. Le contre-coup de l’achat compulsif.
Bref.

Ne cherchez pas le pourquoi de la pomme de pin ; une balade en forêt dimanche matin.
Chagrin d’école de Daniel Pennac ; le genre de bouquin qui donne envie d’acheter un Bescherelle et d’embrasser les profs de français. L’histoire du cancre et éventuellement du professeur qui ira le chercher. Une petite revue de société, de nos enfants vécus comme des consommateurs, du « Ça » et du manque de base. Voler entre espoir et désespoir sans se casser la tête dans le carreau de la fenêtre.
Ikigami de Motorō Mase ; la loi de prospérité nationale impose un vaccin à l’entrée à l’école. Un vaccin sur mille contient une capsule qui, a une date et heure données, provoque la mort de celui qui la porte. La loi de prospérité nationale promeut ainsi la valeur de la vie. Un fonctionnaire à charge de délivrer leur avis de décès aux élus: l’ikigami. Ceux-ci disposent alors de vingt-quatre heures pour remettre à plat leurs projets, dire au revoir a leurs proches et attendre la mort. La police de la prospérité se charge de réorienter les esprits déviants qui remettraient en doute la Loi.
Ambiance un peu Big Brother -I know you’re watching me-, pas si improbable et qui donne matière à penser. C’est glauque sans l’être. Merci à M et Mme X pour la découverte.
Sutures de David Small ; en deux mots: cancer, enfant. En un peu plus, l’histoire d’un garçon dans une famille un peu barje de l’Amérique des années cinquante, ou peut-être tout à fait normale la famille. Je n’en dit pas plus, ça serait en dire trop.
Maman avait sa petite toux… Deux ou trois fois, un sanglot étouffé, hors de vue… ou le claquement des portes de placard de la cuisine… c’était son langage.
Le dessin est très sombre, à l’image de l’histoire. Magnifique.
Les invités de l’île de Vonne van der Meer ; plein d’histoires en une seule. Raconter la vie d’une maison de vacance, donc des gens qui y passent, en mettant l’accent sur les petites traces qui restent d’un passage à l’autre. Ça colle assez bien à la nostalgie que j’éprouve pour les lieux où je suis passé, où je ne reviendrai plus. Amoureux, suicidaire et doudou perdu, il reste un bocal de cornichons au frigo.
Lorsque nous vivions ensemble de Kazuo Kamimura ; la suite du début. Le dessin envoie toujours autant le tofu et l’histoire de Kyôko et Jirô prend deux crans. Nuances de rouge.
J’ai attaqué en début de semaine le Comment peut-on être français ? de Chahdortt Djavann ; une iranienne qui arrive à Paris. Chambre de bonne, carte de séjour, apprentissage du français, souvenirs d’Azerbaïdjan et les lettres persanes de Montesquieu. On en reparle si j’ai la force, il y a matière à discussion.
Back to la base #3 – Vitesse
Clic Clac.
L’obturateur s’ouvre -Clic-, reste ouvert quelque temps pour laisser la lumière entrer dans la boîte, puis se ferme -Clac-.
Clic …… Clac.
Clic …………………… Clac.
Clic ………………………………………… Clac.
Plus ou moins longtemps. De quelques millièmes de secondes à quelques secondes. Plus le volet reste ouvert longtemps, plus il y a de lumière qui rentre dans la boite.

Click for high-res
La plage de vitesse varie d’un appareil à l’autre en fonction des contraintes mécaniques et du type d’obturateur utilisé. Sur mon FM2 l’obturateur en titane couvre une plage qui va du 1/4000ème de second à 30 secondes. Avec un Leica M7 l’obturateur en tissu plafonne au 1/1000ème de seconde. Bruyant contre discret, rapide ou plus lent c’est une affaire de technologie et de choix.
Le petit point théorique qu’il faut retenir c’est que pour passer d’une vitesse à l’autre on fait des multiplications par deux. On retrouve donc notre vocabulaire de mathématicien qui fait peur et notre suite géométrique de raison deux.
1/4000
1/4000 x 2 = 1/2000
1/2000 x 2 = 1/1000
1/1000 x 2 = 1/500
1/500 x 2 = 1/250
1/250 x 2 = 1/125
1/125 x 2 = 1/60 (à peu près)
1/60 x 2 = 1/30
1/30 x 2 = 1/15
1/15 x 2 = 1/8 (à peu près)
1/8 x 2 = 1/4
1/4 x 2 = 1/2
1/2 x 2 = 1
Le lien entre réglages de sensibilité et vitesse commence a se faire dans ces histoires de multiplication par deux, mais on y reviendra quand on parlera d’exposition. L’idée maîtresse étant que pour une pellicule de faible sensibilité il va falloir que l’obturateur reste ouvert plus longtemps.
Note: On parle vitesse quand il faudrait parler durée mais l’abus de langage est ici familier.
Back to la base #2 – Sensibilité
100 ou 400 ASA ? On a tous acheté un jetable en se posant la question. On ne parlait ni diaphragme, ni obturateur, mais lumière et beau temps. La simple sensibilité. A mon sens c’est une part de l’inconscient photographique commun.
En deux mots, la sensibilité c’est la différence entre vos yeux et ceux d’un hibou. Les yeux de chat aussi, la nuit ça marche beaucoup mieux. La sensibilité c’est la quantité de lumière nécessaire pour voir quelque chose correctement.
Plus la sensibilité est élevée, moins les besoins en lumière sont important. Pour reprendre l’exemple du jetable, quand il faisait beau on prenait une sensibilité de 100 ISO, quand le temps s’annonçait couvert ou qu’on allait au mariage du cousin Guillaume on prenait 400 pour pouvoir faire des photos dans l’église.

Click for high-res
Pour indiquer la sensibilité d’une pellicule ou d’un capteur on utilise des nombres. Plus le nombre est grand, plus la sensibilité est élevée. Les valeurs courantes varient entre 25 et 6400 bien qu’avec les reflex numériques actuels la plage de sensibilité tend à s’étendre.
Le petit point théorique qu’il faut retenir c’est que pour passer d’une valeur de sensibilité à l’autre on fait des multiplications par deux. Pour utiliser un vocabulaire de mathématicien qui fait peur, ce petit monde constitue une suite géométrique de raison deux.
25
25 x 2 = 50
50 x 2 = 100
100 x 2 = 200
200 x 2 = 400
400 x 2 = 800
800 x 2 = 1600
1600 x 2 = 3200
3200 x 2 = 6400
En d’autres termes, avec 400 ISO je gagne deux valeurs de sensibilité et j’ai besoin de quatre fois moins de lumière qu’avec 100 ISO.
A la sensibilité sont indirectement attachées des histoires de bruit, taille de capteur, modelé et qualité d’image. On en reparlera.
Note: Je parle indifféremment ASA et ISO car j’ai, on a, longtemps employé le premier. Ensuite la norme Internationale est venue remplacer les ASA Américains. En pratique c’est la même chose.
Note 2: Je viens de me relire et je me demande si tout ceci est bien clair. Anyway.
Back to la base #1 – La boîte
En photo le premier truc que l’on a en main c’est l’appareil. Avant même d’appuyer sur le bouton, l’acte photographique, on tient le boitier qui regarde le monde à travers l’objectif.
Imaginez vous dans une pièce toute noire, une fenêtre sur le monde fermée par un volet. De temps en temps le volet s’ouvre alors vous enregistrez ce qui vous est donné. Quand la lumière est trop forte, il suffit de tirer un peu les rideaux. Cela ne dure jamais, le volet est à nouveau fermé.
L’analogie est un peu naïve, mais c’est assez représentatif de ce qui fait la camera obscura.

Click for high-res
Dans le boitier il y a quelque chose qui passe la majeur partie de son existence dans le noir et se gave de lumière dès que l’occasion se présente. C’est le capteur numérique, la pellicule argentique. Ce qui sépare le capteur du monde extérieur, le volet, c’est l’obturateur. Fermé, ouvert, fermé. Pour limiter la quantité de lumière qui rentre dans la boite on tire les rideaux: on ferme le diaphragme.
Back to la base
Hier soir en creusant mon dossier projets je suis retombé sur une présentation keynote que j’avais préparé à l’époque pour le premier article de ce que j’espérai une (longue) série. Il n’y en a eu qu’un, il fallait s’y attendre. Procrastination, manque de temps et autres excuses inutiles.
Dans cette présentation ça parlait exposition et flou. J’avais prévu de poser ma douce voix sur l’ensemble mais j’ai du avoir la flemme. Procrastination, manque de temps et tout ça. A posteriori, je pense que ça aurait probablement été indigeste et ennuyeux. Trop bien.

Yashica Electro 35 GSN – Panasonic DMC-TZ7
Comme j’ai eu droit à une conversation entre photographes technophiles* qui s’est soldé par un « et ton reflex tu sais t’en servir ? » sous-tendant un « la photo c’est compliqué », je suis parti pour découper la longue présentation ennuyeuse en petits morceaux et vous servir ça dans les prochains jours.
Sachant que demain c’est la kermesse de l’école et que le week-end est bien chargé, on en reparlera probablement dans un an.
* Oui, je suis plein d’aprioris.
En vrac #2
J’aime ça écrire en vrac. Pourtant mon flow instantanée c’est de la junk-prose pleine de virgules, de mots trop forts et de grammaire aléatoire. Ecrire quelque chose d’un peu posé me prends des heures, mais comment et à quoi bon lier des histoires de pute et le badminton avec ma fille ? Pourquoi vouloir coller avec logique la trisomie, le trail et la pizza ? Du vrac sans tenant, sans aboutissant.
Vendredi midi je suis allé courir, une petite demi heure d’échauffement en forêt sur un chemin qui tourne autour de lacs artificiels puis des fractionnés. Cinq minutes au repos puis trois minutes à fond, de quoi se flinguer les muscles à l’acide lactique. J’ai voulu raccourcir mon calvaire en passant par le bois. J’ai déjà croisé les deux filles qui travaillent ici, aujourd’hui on se retrouve face à face sur le chemin. Elles sortent du bois, j’y entre. Bonjour, bonjour. Dix mètres plus loin, je croise ce que je suppose être le client. Un homme s’avance sur le chemin, crâne rasé, casquette, t-shirt AC/DC et des mains comme des pelles. Les arbres derrière lui bougent encore, le deuxième type doit s’essuyer dans les branches. Je pense à ce boulot et à ces femmes qui sucent de la bite pour subsister, je me demande si on pourrait parler du pourquoi et du comment ou si la question ne se pose pas. Je revois Pretty Woman et me dis que c’est probablement des conneries. Bip-Bip, le cardio sonne le moment de l’accélération, je sors du bois, retrouve la route du boulot, la douche et l’ordinateur.
Vendredi soir on a retrouvé un bon ami, celui qui nous avait laissé une partie de son merdier avant de partir en Amérique du Sud, celui qui nous avait aussi laissé sa contrebasse en pension. Apéro à cinq au café sur la place, picon, menthe à l’eau et saucisson ; les filles montent au comptoir pour manger des cacahuètes. Un peu avant neuf heures, on est en bas de l’immeuble. Elie m’embarque pour un concert aux Bas Côtés, café utopique où le bio côtoie l’anar et le naïf. Nos vies valent plus que leurs profits. Dans la rue Nicolas Chorier, ce qui devait être une épicerie tiens maintenant lieu de salle de concert-café-librairie-épicerie-resto. Quand on arrive, les gens adossés à la porte se poussent et nous font une place. On s’assoit par terre sur les carreaux-ciment à un mètre du chanteur. Une guitare, sans micros ni ampli, la salle de ces quinze personne est déjà pleine. Le monsieur dégage une belle énergie avec ses trois accords, mais c’est pour la dame d’après que l’on est assis. Lily Luca nous offre un beau voyage, dans les textes et les dissonances légères. A vingt-trois heures je rentre avec l’idée que j’aime assez la candeur du lieu.
Samedi matin j’emmène mes filles en vélo jusqu’au parc pour faire du cerf volant. Evidement il n’y a pas de vent alors on joue au badminton et on grimpe sur les plots en bois du parcours santé. Un peu avant midi Stéphanie nous rejoint, j’en profite pour aller sur la piste de bi-cross. Pique-nique, quiche et freesbee avec des copains. Je veux un skate board. L’après-midi on achète quelques BDs, un Sfar, le numéro quatre de Ikigami et un Moleskine avec des portées musicales.
Pour la fête des mères Julie a fait un dessin et un poème. Une reine devant un château avec des fleurs. De jolies traits, de jolies formes et de jolies couleurs. Les crayons de couleur c’est vraiment beau. Marie a fait des collages avec du brillant. J’aide Julie a lire son poème avant d’aller chercher des croissants pour le café. Matinée tranquille, matinée jolie. En début d’après-midi je profite de la sieste pour aller courir. La bastille, le rachet, le col de vence, une longue sortie sur les hauteurs de Grenoble. Je passe devant un banc tagué d’un nos vies valent plus que nos emplois que je trouve assez juste en ces temps de retraite et de chômage. Des escaliers, une petite route puis des chemins, il pleut un peut et l’arrivée au sommet se fait dans les nuages. De la brume sort un petit groupe de trisomiques qui attaque lentement la descente. Je n’ose penser que cette rencontre est magique, mais le temps de me faire la remarque l’idée est déjà là et quelque part ce rapport à la différence m’énerve. Je m’énerve moi-même. Con de condescendant.
Ce matin Stéphanie est partie, quelques jours pour le boulot, me laissant seul avec les filles et le numéro de téléphone de la pizzeria.
Note: Je tente d’arrêter un peu le moi-je-je-je pour les prochains articles, ça commence à gaver.
Note 2: Quelques bons liens qui ont fait ma journée:
Letter to george et Reala, réalités d’hier chez l’amour télémétrique.
Si ta soeur savait chez Snae
Utopie urbaine chez les 2 nouilles.
Fuck you sur le Daily What.
I AM street art sur Vimeo.
Note 3: J’ai des trucs dans le pipe. On verra ce qui sort.
Blanc et vert (jaune et rouge ensuite)
Aujourd’hui c’était journée off, sans enfants, sans travail, liberté, liberté chérie. Journée de tous les possible, journée idéale pour bricoler donc. Pinceaux, rouleaux, peinture et white spirit.
Repeindre des portes c’est long et a peu près aussi passionnant que le récit que j’en fais jusqu’à présent.
Mon pinceau à la main, j’ai repensé au paradoxe rap-thé vert en écoutant IAM, je me suis demandé si la pensée de Lavoisier s’appliquait à la biosphère et s’il était possible de représenter ça joliment avec quelque chose qui ressemblerait à Space Inviders. J’ai repensé à cet Ubiquity Photo Project dont la v2 n’aura pas lieu, au bruit du scanner et à la pile de négas qui attendent. Je me suis aussi dit qu’il faudrait s’atteler à mon idée d’Identités nationales avant que le débat ne soit caduc. S’il ne l’était pas déjà.
Ensuite mon pinceau a gouté, j’ai du descendre de l’escabeau pour frotter la tâche blanche.
En attendant que tout ça prenne forme, voici une photo pleine de vert. Couleur espoir.

Back to Ubud, Bali, Avril 2010 – Panasonic DMC-TZ7
Fierté du soir, sans lien avec le blanc et le vert, mes filles ont monté leurs premiers Lego. Julie a fait un hydravion, jaune; Marie une voiture de pompier, rouge.