Archives de la catégorie: Café de la gare

Nope

J’appréhende un peu à commencer un billet en me justifiant mais c’est probablement le risque du parti pris. L’idée que 2011 soit une année qui, politiquement, sonne avant tout comme une pré-2012 me dérange quelque peu. On entend des interventions de tout bords, souvent intéressantes d’ailleurs pour ce que j’ai pu croiser à la radio, des gens se désolidarisent et d’autres se regroupent. Le mouvement cellulaire appliqué à la politique.

On a tous en tête le HOPE de Obama. L’homme en était presque passé sur-homme, porteur d’espoir et de changement. Ce qui arrive ensuite n’est pas de mon propos aujourd’hui et ce d’autant plus que je suis assez peu les actualités américaines. Ce qui m’a marqué c’est la puissance iconique de l’affiche.

D’avoir bu trop de café le mauvais jeux de mot hope / nope a fait un bout de chemin. Nope, au non ce que le ouais est au oui. Oh oui.

Pourquoi ? En résumé parce que je ne suis pas d’accord avec une présidence du casse toi pauvre con, de ministres condamnés pour injures raciales et de sombres histoires d’argent. Aussi, seconde justification voir dédouanement puéril, parce que l’exercice sous photoshop m’a motivé.

Nope

Au final j’ai honteusement plagié le Hope-poster de Shepard Fairey et utilisé une photo sans autorisation après une recherche sur google images de « sarkozy lunettes » qui m’a mené ici. J’espère que les auteurs n’y verront pas atteinte ou préjudice.

J’avais commencé en reprenant la charte couleur de l’UMP mais c’était vraiment trop vilain. Je suis donc revenu aux couleurs d’origine bien plus claquantes. J’ai aussi changé le typo Gotham d’origine pour quelque chose de gratuit. Moins ronde et moins jolie but who cares ? La technique utilisée, essentiellement des calques avec des seuils, ressemble beaucoup à ça.

Pour finir je vous invite à aller voir l’intervention de Shepard Fairey sur son Hope-poster et sur Obama ici, c’est très intéressant (et en anglais évidement).

Viva les resolucións

Fin puis début, étrange chose que de commencer les années à l’envers. J’avais envie de faire un petit bilan, c’est de saison, car 2010 a été plutôt une bonne année avec des choses commencées, d’autres finies et des idées à mûrir encore en buvant des cafés mais en fait le côté auto-congratulations ça gonfle un peu. Si tant est que ces histoires de blog ça n’est pas juste ça finalement, de l’auto-congratulation sous couvert d’expression. Nous dérivons, je répète: Nous dérivons.

Il y a quelques années, 2007 je suis vieux, je vous souhaitais plus de camembert et vous conseillais de laisser tomber les inutiles bonnes résolutions pour avoir des surprises. On en revient. On y revient.

Commencer l’année sans se dire qu’on va se défoncer me paraît bien triste finalement. Un peu comme commencer un carnet sans se dire qu’on va y faire de belles choses. Fuck donc, prenons des résolutions et tant qu’à faire visons l’intenable. Ca nous occupera.

Get a better hope

Il y a quelques temps déjà j’ai regardé (via monsieurlam) la vidéo de Joel Burns prenant la parole au conseil municipal de Fort Worth au Texas. La première fois j’ai eu les larmes aux yeux et je n’ai pas tout compris. Je suis allé voir Fort Worh et j’y suis revenu la gorge nouée.


New-York avenue, Fort Worh, Texas

Burns raconte son histoire personnelle en réaction à la récente vague de suicides chez les jeunes gay (ou présumés gay) qui, de brimades en insultes, en viennent à se coller un gun dans la bouche pour échapper à la violence quotidienne. Ou le gamin de quatorze ans qui rentre chez lui, prends son goûter, range son cartable et va se pendre au garage.

Son histoire personnelle c’est celle d’un enfant de treize ans qui, fils d’une pianiste d’église méthodiste et d’un cowboy texan, réalise à son entrée dans l’adolescence que ses sentiments ne collent pas forcement avec l’image que l’on attend d’un fils de. L’histoire d’un enfant qui, lors d’un cours de natation, se fait insulter par des garçons plus âgés qui le traitent de tapette (faggot en anglais) et lui disent qu’il devrait mourir et retourner dans l’Enfer auquel il appartient. L’histoire d’un enfant qui rentrant chez lui se dit qu’il doit y avoir quelque chose d’anormal et de très grave le concernant. Quelque chose de si grave qu’il faille que jamais sa famille, ou quiconque, ne l’apprenne.



Son histoire il la raconte avant tout pour les enfants. Pour qu’ils sachent que passé l’école, passé les études, une fois quitté tout ça, cela ira mieux. Que cela sera dur mais qu’avant tout, cela vaut le coût. Pour qu’ils sachent qu’ils trouveront des amis qui les comprennent, que personne ne les obligera à garder le contact avec leurs tortionnaires passés et que la vie a tant à offrir au delà. Que si l’histoire s’était terminée au bout d’une corde ce jour là il n’aurait jamais entendu son père, celui-là même qu’à treize ans il imaginait incapable de le comprendre, lui dire à quel point il était heureux qu’il soit là. Aujourd’hui.

Le hasard fait qu’on a regardé Harvey Milk, le film, et qu’il y est aussi question d’une vague de suicides chez les jeunes gays d’Amérique. Quand on constate que le Hope speech d’Harvey Milk a pris 32 ans, 1978, et n’a pas pris une ride, je me dit qu’il y a encore du chemin.



Etalage à vol

Devant Monoprix j’ai croisé trois gamins aglutinés, un grand et deux petits marchant d’un pas raide. Je dis grand mais le plus âgé devait avoir dans les huits-dix ans. A voir leur petit groupe de trois et leur sourires biscornus, à vingt mètre ça sentait la bêtise.

Un, deux. Le plus grand entre, attrape un hélicoptère radiocommandé, regarde les deux autres qui, dehors, pouffent et ressort. Trois, quatre. Tout le monde s’éparpille gauchement, on dirait qu’ils jouent à cache cache. Dix minutes plus tard dans le petit parc de la rue derrière j’imagine un « Y’a pas de piles » déçu.

On note déjà l’intelligence d’un magasin qui étale des jouets en vitrine sur un chemin d’école. Notre voleur a fait moins de trois pas entre la porte automatique et l’objet de son larcin. On me dira surement que la question ne devrait pas se poser en ce sens, que le vol c’est mal et qu’on a bien le droit de coller de la nourriture sous le nez des affamés. Je m’étais déjà fait la remarque avant cet épisode sentant bien qu’il y avait là une tentative minable d’extorsion de fonds via de subtils « Hey papa, tu as vu ? » en forme de peluches Hello Kitty grosses et roses.

Sur le moment je me suis par contre demandé si j’avais raison de laisser courir les voleurs de pommes ou si il aurait fallu intervenir, crier un ridicule « Au voleur » ou chopper le gamin par l’oreille. A vrai dire je ne me voyais bien ni en flic ni en balance et je me suis souvenu que moi aussi plus jeune j’avais fait deux-trois trucs dans le genre (coucou papa, ça va ?) sans devenir un truand pour autant.

Qui vole un oeuf, vole un boeuf. Bullshit.

L’anecdote m’a quand même travaillé, dix jours après je me demande ce qu’est devenu l’hélicoptère, si le gamin s’est fait remettre en place par ses parents, si il y pense encore et avec quels sentiments.

Vous auriez fait quoi vous ?

439 et l’Italie

Il y a quelques semaines, un matin entre la fin des vacances et la rentrée, j’ai trouvé une monographie de Gianni Berengo Gardin au Gibert de la place Victor Hugo. J’avais déjà acheté un petit livre noir de la collection Photo Poche mais vingt-deux euros contre soixante-dix, la réflexion dure le temps de tendre la main.

439 pages. L’Italie en prime.

Une de ses photos la plus connue est une petite voiture anglaise, de dos, face à la mer. A son bord deux personnes, deux têtes, deux nuques.


Je trouve paradoxalement que cette photo très contemplative n’est pas vraiment représentative de l’oeuvre de l’homme. Ouvriers, hôpitaux psychiatriques, enterrements, jeunes Italiens à scooter, nomades, travaux des champs. En caricaturant on pourrait le caser dans la grande école Humaniste. Have a look at Google images même si c’est biaisé.

Sur certains points je trouve d’ailleurs que cela se rapproche de Willy Ronis. En plus sombre, les images de Ronis me semblent toujours joliment optimistes. Ca n’est pas toujours le cas ici.

En fait ce qui m’intéresse ici c’est un morceau du dialogue en préface dans lequel je retrouve un de mes problème « d’homme de gauche ».

- … j’ai donné certaines photos à une grosse entreprise romaine qui voulait les publier dans son rapport annuel. Ils en ont éliminé la moitié en disant qu’elles étaient « trop de gauche ». Désormais j’ai cette réputation, mais il s’agissait de photos normales, de la réalité. Ensuite peut-être, bien sûr, que c’est une réalité de gauche, mais il s’agit bel et bien d’une réalité. Pour moi le social, c’est tout… C’est l’homme en général. J’essaie de faire voir, je n’y arrive pas toujours.

- Et les prolétaires ne sont pas toujours beaux et sympathiques.

- Je n’ai jamais vu pires sexistes que les camionneurs, sans parler de certains maçons qui violeraient leur fille et leur grand mère ! Il faut avoir le courage d’admettre certaines choses… Qu’ensuite ce ne soit qu’une question d’éducation, c’est autre chose, mais la réalité…

Etre et Avoir

Julie rentrée au CP il y a chaque soir un peu de temps à passer sur les devoirs. Quelques mots à lire, quelques phrases à déchiffrer, une poésie à réciter et autres petites choses qui nous font vraiment rentrer dans l’apprentissage. Ça n’est jamais bien long, un quart d’heure, vingt minutes à passer ensemble sur la toile cirée rouge à pois blancs de la table de la cuisine.

Moi qui avais déjà l’impression de donner beaucoup à mes enfants, ça enclenche la vitesse supérieure. Après une journée de taff il faut en plus se faire m+a = ma, a+n = an, m+an = man, ma + man = maman. Les lettres, les sons, les associations de sons, les mots.

Quand la concentration est dans les poches et que c’est quand même pas bien compliqué (bordel), on remet en perspective le fait qu’elle aussi a eu droit à sa journée de taff et on recommence. Concentre toi, on en fait encore deux et on arrête.

Je crois que c’est vraiment un moment qui me plaît.

Evidemment, je ne dirais peut être plus ça dans trois ans quand on aura double dose de devoirs. Peut-être aussi que c’est elle que ça va gonfler, les devoirs avec le père (j’ai personnellement rembarré assez jeune maman qui me faisait faire mes devoirs après son boulot. Fils ingrat.). On verra.

En rentrant du travail avant hier je suis passé devant le nouveau centre commercial qui vient d’ouvrir ses portes à côté de chez nous. En voyant les gens chargés de paquets je me suis fait la réflexion, quelque peu alter-mondialo-elito-boboiste je vous l’accorde, que l’ordre dans lequel on enseigne les auxiliaires à nos enfants avait du changer: avoir et être.

Vermine communiste !

Aujourd’hui c’est la journée de la femme, et comme à part un bon recyclage de ce que j’ai dit il y a trois ans je suis en grande absence d’idée. En conséquence voici la tête d’Homer aka bière-foot-pizza man :

Je suis quand même allé jeter un oeil sur wikipedia et que cela soit Lénine qui ait décrété le 8 mars « Journée Internationale de la Femme » a quelque chose de croustillant.

Rien à voir d’ailleurs[*], mais le week-end prochain on vote : C’est la lutte finale – tout ça.

[*] Le droit de vote a quand même été accordé aux femmes il n’y a pas si longtemps (1944). Don’t forget.

Action discrète et l’identité nationale

Je profite de mon velotaff hebdomadaire (ou plus si affinités) pour écouter mes podcasts en retard. La liste est longue car pour les podcasts c’est un peu comme pour les blogs, je m’abonne puis je croule sous les lectures.

Parenthèse – Je viens de faire les comptes, j’ai 184 flux dans mon netvibes et une dizaine d’abonnements podcasts ; c’est finalement sans rapport. Je lis, mais j’écoute peu donc. Fin de la parenthèse

Ce matin j’en suis rendu à Eclectick, l’émission du 16 janvier 2010. Il a été indirectement question du débat sur l’identité nationale avec l’intervention des gens de Action Discrète (émission humoristique diffusée sur Canal+).

Ils ont participé au débat sur l’identité nationale organisé à Troyes, en décembre 2009 sous la direction du préfet de l’Aube, Christian Rouyer, ce qui donne à peu près ça:

- Quand j’entend ce que j’entends ; quand je vois ce que je vois, j’ai honte d’être Français. Et j’en suis fier ! J’en suis fier !
- Non, il n’y a pas de quoi être fier monsieur. Moi je suis fier de vous dire que si vous avez honte, et bien je n’en suis pas fier.
- Et bien moi, j’ai honte pour vous monsieur.
- Je suis fier de ne pas avoir honte monsieur.
- Et bien moi j’ai honte de ne pas être fier.
- Et bien c’est honteux !
- C’est vous qui êtes honteux monsieur ! J’ai honte pour vous.
- Moi je n’ai pas honte de vous dire que vous n’êtes pas fier et que c’est ça qui fait la honte d’un pays. Avoir honte de la fierté qu’on devrait avoir alors qu’on a honte de sa fierté. C’est honteux monsieur.
- Vous pouvez répéter ça monsieur ?
- Je dis que avoir honte de la fierté qu’on devrait avoir pour un pays et bien c’est la honte. Et y’a pas de quoi être fier !
- La honte d’être fier c’est la fierté d’avoir honte !

… le grand n’importe quoi.

- C’est une honte d’être fier d’avoir honte, monsieur ! C’est ça la honte.
- Non ! C’est vous la honte monsieur !
- Et vous ne faites pas le fier.
- Je suis Français moi monsieur !

… et de chanter la marseillaise.

- C’est français ça monsieur !

Bref, c’est le grand n’importe que et c’est le genre de petites choses qui me ferait regretter de ne pas avoir la télé.

Quelques infos supplémentaires sur le site de Libération.

Pour un référendum sur l’interdiction des carottes

De manière générale, les relents putrides de l’actualité passent bien loin en dessous de ma tête. Non pas par manque d’intérêt, mais plus par manque de temps et par un reflex salutaire de not giving a fuck qui m’évite un état dépressif permanent.

De manière générale donc.

Il se trouve que les suisses ont voté pour l’interdiction de la construction des minarets. Ci-dessous une affiche utilisée par la droite populiste dans sa campagne pour promouvoir l’interdiction des minarets. A noter l’utilisation de la burqa, image forte, perçue chez nous comme le symbole d’un Islam d’un autre âge, pour ne pas dire rétrograde.

Affiche utilisée par la droite populiste

L’affiche joue clairement la carte de l’émotionnel, de la peur et du raccourci facile.

Je précise qu’il ne s’agit d’interdire ni la construction des mosquées, ni la pratique de l’islam, ni le port du voile, enfin pour l’instant ; toutefois, la fonction première du minaret étant de fournir un point élevé pour l’appel à la prière[*] (5 fois par jour), l’un des cinq piliers de l’Islam, la portée symbolique de ce vote est d’importance.

Pour couper court la loi Godwin, on pourrait dire que la Suisse à la moustache qui pousse. On pourrait même dessiner un drapeau suisse avec des ailettes. Je m’étonne d’ailleurs de ne pas en trouver sur google image. Ah si. Point Godwin done, passons à autre chose.

Je voudrais revenir sur quelques points qui me travaillent.

Tout d’abord, on nous annonce une victoire écrasante du oui. Hors un oui à 57,5% pour une participation de l’ordre 52%, cela ne fait jamais qu’un (gros) quart. La Suisse n’est, à mon avis, pas devenu un pays d’intolérance ; j’imagine que l’on est (comme souvent) dans une dynamique où les extrêmes votent en masse quand les modérés restent à glander à la maison. Et d’expliquer ainsi le différentiel sondage/référendum : dans un cas on décroche le téléphone, dans l’autre il faut bouger ses fesses jusqu’au bureau de vote.

A dire vrai, et c’est désolant, je suis assez peu surpris du résultat et j’imagine que pour un référendum similaire en France, des résultats similaires sortiraient tristement des urnes. On a d’ailleurs connu un phénomène assez similaire pour des présidentielles il n’y a pas si longtemps.

Ensuite, pour ne pas dire surtout, ce qui me travaille le plus c’est la reprise qui est faite par tous les partis d’extrême droite de ce résultat fabuleux. Un peu partout en Europe on entend dire : « Ce qui est possible en Suisse doit également pouvoir se faire ici ». Et je ne suis pas sur que Geert Wilders pense ici plus au référendum qu’à son résultat.

A tout seigneur, tout honneur, il faut bien reconnaître que la palme de la cretinerie revient à notre Marine Le Pen nationale qui souhaite un « vote plus large que celui de la Suisse, car ce que vit la France va bien au-delà ». Au delà de quoi, on se le demande. Et de parler de la nouritture à l’école, de réclamations de jours fériés en entreprise et autres financement public de la construction des mosquées. Et pour finir sous couvert le laïcité, de nous dire « Il faut poser la question de savoir si la Constitution doit reconnaître les communautés, si nous devons continuer à accepter les signes ostensibles d’une religion ».

Il est certain que le problème de la constitution se pose différemment chez nous de chez nos amis Suisses pour lesquels la constitution se fait « Au nom de Dieu Tout-Puissant! ». Quand on pense que Dieu n’existe probablement pas[**], il y a de quoi sourire. Mais ne faisons pas jeux d’intolérance, et laissons aux Suisses leur constitution, car comme le disaient nos pères au Palais Chaillot :

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.

Ça c’était en 1948 et d’une portée relativement universelle. Pour en revenir à Marine Le Pen et la constitution, restons en France où deux ans plus tôt il se disait :

Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et les libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des Droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

Et ce préambule de la constitution de 1946 est lui même placé en préambule de notre constitution actuelle. Ma compréhension de la chose étant, en gros, « ta race[***] et ta religion : on s’en balance », je considère la question comme close.

Pour le reste, je me demande en quoi il est si important que tous les gamins mangent du porc -je n’imagine pas cette référence à la nourriture autrement- à l’école. Je suppose que c’est parce que le saucisson fait partie de notre identité nationale. Et pour les végétariens, que fait-on, on organise un référendum pour l’interdiction des carottes ? Franchement, est-ce si important que dans nos cantines soit servit un seul et unique repas ? Vouloir construire un débat autour d’une tranche de jambon me paraît bien ridicule.

Je ne m’attarderai pas (trop) sur les autres points soulevés. Les entreprises gérant déjà les jours fériés, les RTTs, les arrêts maladie, les congés paternité et autres jours exceptionnels ; il ne me paraît pas impossible d’introduire des jours dédiées aux fêtes. Religieuses ou non.

Quand au problème du financement de la construction des mosquées par l’Etat, ce qui semble faire grincer des dents c’est le financement de la grande mosquée de Strasbourg par les finances publiques. Hors, s’il est vrai que la loi de 1905 interdit à l’Etat de financer une religion, il faut savoir que les églises, synagogues et cathédrales construites avant 1905 sont propriété de l’Etat et sont affectées, à titre gratuit, pour les activités religieuses. Soyons honnêtes, il y a financement indirect de l’Église par l’Etat. D’autre part, et c’est là tout le bonheur du droit, l’Alsace et la Moselle n’étant redevenue française qu’après la Première Guerre mondiale, elle est toujours soumise au régime antérieur à la loi de 1905, qui prévoit un financement public de l’Église catholique, luthérienne et autres réformées ainsi que la religion juive. Je me répète : en France, il y a financement de l’Église par l’Etat. A défaut d’une laïcité sans tâche, soyons égalitaires et acceptons de financer aussi les mosquées.

Et puis, on finance bien des stades. Désolé, je n’ai pas pu résister :) .

En fait je crois que ce qui me travaille c’est l’incompréhension totale de ces gens qui pensent que vivre derrière un mur est quelque chose de souhaitable. Ne parlons pas d’économie mondialisée et autres flux migratoires qui en découlent. Inéluctablement. Plus simplement, posons leur la question : en quoi accepter les autres, leurs cultures et leurs personnalités, risque-t’il de nous nuire ? L’ouverture n’est elle pas, au contraire, un moyen de s’enrichir ? Et quand je parle de richesse, il est ici question de culture, de spiritualité et plus généralement d’humanité. N’est-ce pas la façon naturelle d’avancer ?

J’imagine que cette volonté de fermeture, résulte de la peur et l’ignorance. Ne voyez aucune connotation négative dans ces mots, je le pense comme la peur de l’inconnu.

Aux curieux, je conseille la lecture de « L’Islam expliqué aux enfants » de Tahar Ben Jelloun, ainsi que « Avec tes mains » de Ahmed Kalouaz. Le premier se veut didactique et permet de tirer un trait sur un certain nombre d’idées reçues. Le deuxième témoigne de la relation entre un fils et son père ; l’un né là bas, en Algérie et l’autre né ici, en France. Faisant abstraction de l’intérêt historique et social du bouquin, je dirais que c’est simplement touchant.

Pour les autres, mariez-vous entre cousins, nous vous regarderons tomber.

[**] Oui, comme les clochers de nos églises.
[**] J’ai aussi des choses à dire là dessus, mais c’est un autre sujet.
[***] Ca aussi c’est interessant, on pourait parler de Darwin, de génétique et de supériorité de la croyance populaire sur la vérité scientifique. Mais ça aussi, c’est un autre sujet.

Grippée

La grippe s’est installée à la maison. Pour l’instant elle loge chez Marie, on verra bien si elle se tape l’incruste ailleurs.

Et, oui : c’est la grippe A* ; la terrible on-va-tous-mourir.

Bon.

A priori, je pense que, pour ce qui nous concerne, l’on devrait survivre. Au prix de quelques cernes supplémentaires pour nous, pauvres parents maintenant et à l’heure de notre mort. Amen !. Et j’avoue que l’état de Marie aurait tendance à me conforter dans l’idée qu’il y a un peu surmédiatisation, surcrainte et emballement gouvernemental dans cette histoire. Je m’arrête là.

Du coup, si j’étais un peu plus underground et pas si mauvais graphiste, je crois que je lancerais une campagne de street-art s’inspirant ça :

Peste noire

Ce qui me ramène aux affiches de the sheepest, qu’on trouve en bas de chez moi. Je pensais cette campagne quasi internationale à la space inviders mais à fouiller un peu plus, il semble que cela soit quelque chose de relativement Grenoblois. Qu’importe.

Et un petit lien d’info sur la grippe que je trouve assez pertinent.

* Il semble impossible de diagnostiquer avec certitude une grippe A sans un dépistage en labo, mais notre médecin nous dit que, renseignements pris auprès d’épidémiologistes, certains symptômes sont spécifiques et permettent un diagnostic humain. Dans le doute, on gonfle donc les statistiques de la grippe A.