Archives de la catégorie: Café de la gare

Dynastie

Sorti des blagues à base de Kim Jung-Il/Dead et autres Kim Jung-Un/Dos/Tres, il n’y a rien d’étonnant à voir succéder le fils du père à son père. Vue de loin, la Corée du nord me fait penser au 1984 d’Orwell et à ses ministères d’Amour et Vérité. On trouvera toujours des gens pour faire le chef, ceux-là même qui font les équipes de foot dans le matin froid des cours de sport du collège et qui toujours finissent par te choisir à défaut de mieux. Le plus étrange étant d’avoir des gens qui acceptent de faire parti de l’équipe finalement.

Peut être qu’un jour ça pétera.

La bière, le monde et l’histoire

Je suis allé boire un verre chez un ami après le cours de dessin. Cela faisait quelques temps que je n’y étais pas allé, j’en ai hésité sur l’étage à prendre. J’aurais dû me souvenir qu’il avait fallu monter la machine à laver sur deux étages.

Le temps a passé.

Cela doit faire un an qu’ils sont séparés et c’est toujours aussi troublant de croiser les enfants, chez l’un ou chez l’autre. D’autant que les croiser en pyjama au bord du lit, me les enfonce dans l’idée du petit et du fragile. Dis, pourquoi ? Parce que la vie ça n’est pas simple. Parce que ceci ou bien cela ? Et si on ? Mais c’est comme ça. Il y a celui qui reste et celui qui est parti. L’un n’a pas forcément la vie plus facile que l’autre et l’autre n’en est pas forcément plus heureux que l’un. Je te regarde et je crois que tu t’y fais mieux que l’image que j’en ai et puis, surtout, mieux vaut séparés que déchirés. Tu comprendras pas quand tu seras plus grand.

On a parlé un peu, enfoncés dans le canapé du salon en skaï noir à motifs rectangulaires, puis on a regagné la cuisine pour ne pas réveiller les enfants. On a parlé encore, autour d’une Allemande de quelques degrés. La nuit avance et l’esprit se délie. On a voyagé en mobylette autour de la terre en grattant des silex sous des toiles de Mucha. Au bout du chemin on se dit que le monde est petit et l’Histoire encore jeune.

Relativisons.

La vie est gratuite: allons-y.

La mort vous va si bien

On en voit un peu partout. Du plus abstrait commentaire, please RT à la manifestation avec des vrais gens dedans, tous unis pour sauver un dénommé Troy Davis.

A l’opposé: les early adopters. Qui d’écrire un truc à méditer, qui d’autre de hurler qu’on se découvre tous anti peine de mort pour un jour. POUR UN JOUR. Italic, Bold, Underlined. A les lire on croirait que la peine de mort c’était mieux avant.

Bien sur qu’il est plus facile de mobiliser pour un supposé condamné-à-tord que pour un supposé condamné-à-raison. Vaste choix de violeurs, meurtriers en boutique. Evidement que la plupart des indignés de ce jours éteindra demain la télévision et reprendra une activité normale. So what ? La prise de conscience, même passagère, garde sa valeur. Pourquoi critiquer cela ?

Demain Troy Davis aura probablement eu droit à sa dose. Demain, il y aura encore des gens pour penser que l’exemple de la peine capitale fait peur et joue son rôle dans la maîtrise de la criminalité. Demain, il y en aura d’autres pour qui tuer ne fera pas moins de morts. Et nous, on aura bien parlé, le vent soufflera un peu et, à défaut de pouvoir faire des cordes à sauter avec toutes les potences du monde, on reprendra le cours de ce qui était hier.

Note: Le dernier jour d’un condamné de Hugo, good book.

Né quelque part

Ado je me suis souvent demandé pourquoi j’étais moi et pas un autre. Rien à voir avec l’interrogation du jeune dépressif, il n’était pas question de vouloir être différent matériellement et de se voir accorder money, sex, drugs and rock ‘n roll. L’idée c’était plus de savoir pourquoi je pense ce que je pense et pas ce que pense mon voisin. Voyage astral, télépathie et autres, c’est à peu près la seule question qui aurait pu me faire passer chez les mystiques.

Le concept de soi, il parait que certains animaux en sont pourvus. Mieux, il parait que certains animaux en sont privés. La sensation doit être spéciale.

Nous allons bien merci.

People's Republic Of America

Avec mon recul d’adulte, et de papa je crois, ce qui me paraît le plus étrange c’est que j’aurais pu naître ici ou là-bas. En Chine, aux Etats unis ou ailleurs. Mon rapport au monde en aurait été différent, mes clichés seraient autres, les gens me rangeraient dans d’autres cases. Et pourtant les gens, ceux que j’ai croisé finissent tous par sortir de leur porte-feuille une photo cornée de leurs enfants chéris.

Les autres c’est nous.

Note: Pour l’illustration ne cherchez pas trop, j’avais envie de faire un drapeau qui mixe deux grands pays. People’s Republic of America en quelque sorte.

Note 2: De là, tout nationalisme me paraît de facto aberrant.

…, famille, …

Ce week-end a eu lieu notre première cousinade. D’un point de vue phonétique les mots en -ade sont à ranger pas très loin des mots en -ette. Geekette, blagounette, poilade, cousinade. Moches à souhait, heureusement qu’on a l’orangeade pour rattraper un peu le coup. Ce week-end donc: cousinade.

Ta da !

Maintenant qu’on a passé presque toute notre part d’évènements heureux, soit dans l’ordre quelque chose comme baptêmes, communions, dix-huit ans, mariages, naissances, etc. La boucle se bouclant, une génération chassant l’autre, on arrive aux trucs pas marrants. Inutile de revenir la dessus.

Il arrive un moment où il faut créer la rencontre. Ça ne tient souvent à pas grand chose, il en faut un qui ait l’impulsion de dire « on le fait » et de mettre la machine en route. Dans nos rapports humains j’ai l’impression que c’est souvent ça qui manque, le premier quart de tour. Merci beef.

La famille, étrange mélange. On se connait assez peu, on est assez différents, on a un peu tendance à jouer notre propre rôle mais on partage un truc. Je me demande si ça tourne autour d’un héritage culturel venant de l’éducation des grands parents, transmise à leurs enfants qui nous l’auraient transmise, si c’est juste d’avoir joués ensembles aux ninjas autour de la maison quand on était gamin ou si finalement on ne pourrait pas résumer ça avec un mystique liens du sang qui engloberait un peu tout. Who cares ?

Bien content d’avoir revu mes cousines, mes cousins, mes oncles et tantes, mon grand père, ceux qui par alliance sont venus serrer les rangs et les deux-cents marmots qu’on a pondu. Tout le monde n’était pas là, ça servira d’excuse pour se revoir. Pour l’heure, j’ai vu ma fille jouer aux ninjas autour de la maison. La boucle se boucle.

C’est très bien comme ça*.

* Tant de positif dans la même phrase, il va falloir que j’arrête un truc.

Yo is what yo is

Petite soirée père-filles où je me retrouve à préparer une omelette coriandre-comté en écoutant le Wu Tang Clan. Bobo un jour.

Pour l’omelette c’est genre ici, chez (le très bon) Guillaume Long. Tu ne bas pas tes oeufs sinon ça va mousser et avec tout l’air que tu auras injecté dedans, ça va gonfler et ton omelette, tu pourras t’en servir de joint pour tes fenêtres. Pour le Wu Tang, ça serait plutôt par .

Ma poêle à la main je fais quelques pas genre hip-hop, sachant que de base j’ai à peu près le sens du rythme d’une pierre et l’aisance corporelle d’une planche. Julie me regarde incrédule et fini par dire que ça ne va pas vraiment et qu’en plus les gens qui font ça en général, ils sont noirs. Ca n’est pas exactement les mots qu’elle a utilisé, il était peut être plus question de moi qui suis trop blanc. Il n’y avait rien de négatif mais voir un enfant tomber dans un tel cliché ne porte pas vraiment à rire.

Et d’expliquer que ça n’est pas ta couleur de peau qui te limite ou t’impose quelque chose et que si tu as envie de quelque chose, tu le fais.

Ce matin en parlant des activités du centre aéré, BMX ou accrobranche, en réponse à un tu devrais essayer le BMX, c’est coule on a eu droit à quelque chose comme mais c’est un truc de garçon.

Et d’expliquer que ça n’est pas ton sexe qui te limite ou t’impose quelque chose et que si tu as envie de quelque chose, tu le fais.

Je me demande si les enfants ne sont pas complètement fans de stéréotypes. Etape nécessaire à l’intégration au groupe et construction intellectuelle. A moins que cela soit nous. Nous qui leur en mettrions plein la tête. Barbie contre Action man. Mon premier aspirateur contre Mon premier pistolet. Il y a probablement un peu des deux.

Du coup, on est bon pour Eminem.

Bonus: yo is what yo is

Retour arrière

Deux ans déjà.

L’oral, l’écrit, l’avenir et le Maxi Best Of

Ce matin je me suis réveillé en pensant à Lionel Richie. Oui, il y a des jours comme ça. A vrai dire, je crois que je serais bien allé coller son Hello, is it me you’re looking for? dans la cafét’ du boulot.

Au bout de trente secondes de uh uh et de ah ah je me suis dit que je me l’écouterai bien ce Hello mais à sept heures du matin en caleçon dans la cuisine ça n’était pas vraiment d’actualité (now playing en ligne sur spoteezer).

Hello?

La chanson est sortie en février 1984. J’avais six ans. Si j’en crois la pochette, à l’époque on portait les pantalons au niveau du nombril. Classe. Après mes uh uh j’ai pensé à mes filles encore endormies.

Dans notre culture de l’écrit, à l’heure où tout semble disponible et aux articles sur Internet et le droit à l’oubli, je me demande si ça n’est pas plutôt l’inverse qu’il faut craindre. On accumule tellement. Des milliards de photos, de l’actualité mondiale en temps réel et des millions de titres à écouter sur votre mobile. Trier du plus récent au plus ancien. Encore plus. Toujours plus. Eventuellement oublier hier et déjà, penser à demain.

Mes filles. Qui va leur dire d’écouter ça ou ça parce que c’est bien ? La famille, les copains (et Twitter). Toutes les bases de données et tous les googles ne remplaceront pas l’avis de celui qui a déjà vu. Il suffit de chercher un truc à chercher pour voir le gouffre s’ouvrir. Bien large.

La revanche de l’oral et l’avis contre l’information. Après, ça ou ça, il n’y a plus qu’à chercher. Dans les dits bouquins, les bases de données et les googles justement. L’information est là tu peux te faire ton avis. La boucle est bouclée.

Je me suis aussi demandé si dans nos pétaoctets quotidiens, l’avenir n’était pas à un top 50 perpétuel… et moyen. Le maxi best of de la culture.

Frites ou Potatoes ?

Jambon

Cher journal,

je viens de terminer le sandwich au jambon que j’avais commandé pour midi. Avec sa bouteille de coca(c) zero(c) il m’aura coûté sept Euros ce qui, il faut bien l’avouer, fait quand même bien chier. Heureusement il faisait beau !!! J’en ai profité aller au skatepark me faire ridiculiser par des gamins. Le petit roux à lunettes a pris une pelle, il y a quand même une justice.

Tant que j’en suis à te perler jambon, je voudrais aussi parler pierre et tissu, mais je crains de manquer de mots. Cela me fait penser que je devais d’ailleurs parler laïcité avec Sophie la rouge et qu’on n’a toujours pas trouvé le temps de se poser autour du sujet. Affaire à suivre donc.

Je t’embrasse,
Francois

Viva la revolución

J’avais une forte envie de parler légèrement, décrire les derniers bouquins que j’ai parcouru ou sortir une photo de vacance, mais je me suis retrouvé à dessiner des poings levés. Sur le cahier au papier jaune et fin que j’avais ramené de Singapour il y a deux ans, vendredi soir au bord du lit, des coups de feutre bâclés. J’ai réduit ma foule à une dizaine de bras et plié mes deux premiers coudes à l’envers, ça leur fera les pieds.

Révolution

C’est assez étrange cette sensation, voir des peuples se lever et y aller pacifiquement ou à coup de pierres et entendre l’Occident commenter ou pas les événements en fonction de ses intérêts économiques. On n’aura pas droit à un « casse toi pauvre con » car nos besoins de stabilité ont probablement plus de poids que les envies libertaires du peuple Egyptien et ce alors que cette même liberté est souvent prétexte à d’autres choses, Operation Iraqi Freedom, je vous laisse compter les morts.

Sur la forme Madame m’a dit qu’elle a déjà vu ce dessin quelque part ce qui n’est pas illogique vu que l’équation révolution = poings est une image facile. Je ne prétend pas avoir grande originalité dans mes gribouillages mais si quelqu’un me trouvait l’original, je suis curieux de voir sa tête.