En vrac #2
J’aime ça écrire en vrac. Pourtant mon flow instantanée c’est de la junk-prose pleine de virgules, de mots trop forts et de grammaire aléatoire. Ecrire quelque chose d’un peu posé me prends des heures, mais comment et à quoi bon lier des histoires de pute et le badminton avec ma fille ? Pourquoi vouloir coller avec logique la trisomie, le trail et la pizza ? Du vrac sans tenant, sans aboutissant.
Vendredi midi je suis allé courir, une petite demi heure d’échauffement en forêt sur un chemin qui tourne autour de lacs artificiels puis des fractionnés. Cinq minutes au repos puis trois minutes à fond, de quoi se flinguer les muscles à l’acide lactique. J’ai voulu raccourcir mon calvaire en passant par le bois. J’ai déjà croisé les deux filles qui travaillent ici, aujourd’hui on se retrouve face à face sur le chemin. Elles sortent du bois, j’y entre. Bonjour, bonjour. Dix mètres plus loin, je croise ce que je suppose être le client. Un homme s’avance sur le chemin, crâne rasé, casquette, t-shirt AC/DC et des mains comme des pelles. Les arbres derrière lui bougent encore, le deuxième type doit s’essuyer dans les branches. Je pense à ce boulot et à ces femmes qui sucent de la bite pour subsister, je me demande si on pourrait parler du pourquoi et du comment ou si la question ne se pose pas. Je revois Pretty Woman et me dis que c’est probablement des conneries. Bip-Bip, le cardio sonne le moment de l’accélération, je sors du bois, retrouve la route du boulot, la douche et l’ordinateur.
Vendredi soir on a retrouvé un bon ami, celui qui nous avait laissé une partie de son merdier avant de partir en Amérique du Sud, celui qui nous avait aussi laissé sa contrebasse en pension. Apéro à cinq au café sur la place, picon, menthe à l’eau et saucisson ; les filles montent au comptoir pour manger des cacahuètes. Un peu avant neuf heures, on est en bas de l’immeuble. Elie m’embarque pour un concert aux Bas Côtés, café utopique où le bio côtoie l’anar et le naïf. Nos vies valent plus que leurs profits. Dans la rue Nicolas Chorier, ce qui devait être une épicerie tiens maintenant lieu de salle de concert-café-librairie-épicerie-resto. Quand on arrive, les gens adossés à la porte se poussent et nous font une place. On s’assoit par terre sur les carreaux-ciment à un mètre du chanteur. Une guitare, sans micros ni ampli, la salle de ces quinze personne est déjà pleine. Le monsieur dégage une belle énergie avec ses trois accords, mais c’est pour la dame d’après que l’on est assis. Lily Luca nous offre un beau voyage, dans les textes et les dissonances légères. A vingt-trois heures je rentre avec l’idée que j’aime assez la candeur du lieu.
Samedi matin j’emmène mes filles en vélo jusqu’au parc pour faire du cerf volant. Evidement il n’y a pas de vent alors on joue au badminton et on grimpe sur les plots en bois du parcours santé. Un peu avant midi Stéphanie nous rejoint, j’en profite pour aller sur la piste de bi-cross. Pique-nique, quiche et freesbee avec des copains. Je veux un skate board. L’après-midi on achète quelques BDs, un Sfar, le numéro quatre de Ikigami et un Moleskine avec des portées musicales.
Pour la fête des mères Julie a fait un dessin et un poème. Une reine devant un château avec des fleurs. De jolies traits, de jolies formes et de jolies couleurs. Les crayons de couleur c’est vraiment beau. Marie a fait des collages avec du brillant. J’aide Julie a lire son poème avant d’aller chercher des croissants pour le café. Matinée tranquille, matinée jolie. En début d’après-midi je profite de la sieste pour aller courir. La bastille, le rachet, le col de vence, une longue sortie sur les hauteurs de Grenoble. Je passe devant un banc tagué d’un nos vies valent plus que nos emplois que je trouve assez juste en ces temps de retraite et de chômage. Des escaliers, une petite route puis des chemins, il pleut un peut et l’arrivée au sommet se fait dans les nuages. De la brume sort un petit groupe de trisomiques qui attaque lentement la descente. Je n’ose penser que cette rencontre est magique, mais le temps de me faire la remarque l’idée est déjà là et quelque part ce rapport à la différence m’énerve. Je m’énerve moi-même. Con de condescendant.
Ce matin Stéphanie est partie, quelques jours pour le boulot, me laissant seul avec les filles et le numéro de téléphone de la pizzeria.
Note: Je tente d’arrêter un peu le moi-je-je-je pour les prochains articles, ça commence à gaver.
Note 2: Quelques bons liens qui ont fait ma journée:
Letter to george et Reala, réalités d’hier chez l’amour télémétrique.
Si ta soeur savait chez Snae
Utopie urbaine chez les 2 nouilles.
Fuck you sur le Daily What.
I AM street art sur Vimeo.
Note 3: J’ai des trucs dans le pipe. On verra ce qui sort.
Il est fort probable qu’on se soit déjà croisé à la bastille, j’y cours également.
Pourquoi un skateboard?
Snae
1 juin 10 at 0 h 36 min
Pas impossible mais peu probable, je ne cours là haut que de temps en temps. La prochaine fois je chercherai un homme en chemise noir, le col ouvert et la tête tournée sur le côté.
Pourquoi un skateboard ? Parce que
Francois
1 juin 10 at 9 h 32 min
c’est simple je ne cours pas mais je trouve plaisant de faire une telle sortie sauf si les rencontres sont désagréables et surtout dans un bois tout peut se produire.
nocfish
1 juin 10 at 13 h 44 min
je n’ai pas accès au lien depuis mon bureau, j’y regarde ce soir.
Ça marche pour la bastille, moi je chercherais quelqu’un avec un grand sourire et les deux pouces en avant.
Snae
1 juin 10 at 14 h 03 min
Heureusement que je ne cours pas là bas, ça me ferai chier de devoir me découper la moitié du visage pur que vous puissiez me reconnaître… ;p
Kevin
1 juin 10 at 14 h 38 min
@nocfish dans un bois tout peu se produire, preuve en est . De mon point de vue, les rencontres sont toujours intéressantes tant que ce ne tourne pas « mal ».
@snae tu es gentil, j’aurais plutôt dit « un mec avec une tête de *** »
@kevin sur grenoble aussi ?
Francois
1 juin 10 at 15 h 14 min
Non, j’ai juste sauté sur la vanne facile qui m’était tendue… Je suis à côté de Toulon, à Six-Fours les Plages.
Kevin
1 juin 10 at 15 h 22 min
Comment il va ce cher Elie ? Qu’est-ce qu’il devient ?
Marie Zette
4 juin 10 at 17 h 56 min
@Marie Zette Bien bien, il reste égal à lui même.
Francois
7 juin 10 at 10 h 48 min